Stéphane Laporte n’a pas tourné autour du pot. Après la défaite crève-cœur du Canada contre les États-Unis en finale olympique, il a livré une analyse brutale, lucide, et surtout impossible à balayer du revers de la main.
Le journaliste, concepteur, producteur, réalisateur et scénariste derrière Star Académie, la Voix, le Banquier et tous les shows qui ont marqué le Québec, a décidé d'enfoncer le dernier clou dans le cercueil des pauvres Canadiens.
Et ce qu’il décrit, beaucoup l’ont ressenti.
Une équipe bourrée de talent, mais incapable de jouer en équipe.
Un banc qui panique.
Un entraîneur qui raccourcit sa rotation comme s’il dirigeait un club en séries de la LNH… au lieu d’une sélection nationale supposée avoir de la profondeur à ne plus savoir quoi en faire.
Laporte résume tout ça avec une précision chirurgicale :
« Les États-Unis ont commencé en force.
Ils ont pris les devants.
Le Canada a dominé le reste du temps réglementaire.
En manquant beaucoup trop d’occasions.
Pression ? Nervosité ?
Étonnant de voir des joueurs si doués manquer le filet, même le filet vide.
Et comme le disent, tous les analystes, depuis Gilles Tremblay : “Quand on manque trop de chances de marquer d’un côté, il en suffit d’une de l’autre côté, René…”
Et les États-Unis ont gagné.
Des questions :
Comment se fait-il qu’avec une formation d’étoiles, un seul trio a monopolisé le temps de glace ?
Marchand sur le 2e cinq contre trois ?
Observations :
Ce n’était pas la plus grande équipe canadienne jamais réunie. Ni dans les buts, ni en défense, ni à l’attaque.
Les plus grandes équipes canadiennes jamais réunies ont gagné. Avec les buts d’Henderson, de Lemieux, de Crosby.
Battre la Tchéquie, in extremis, la Finlande, in extremis, et perdre, in extremis, contre les U.S.A., ce n’est pas un parcours exceptionnel.
Il y a quelque chose dans le jeu d’équipe qui n’était pas fusionnel.
Comme si chacun se démenait de son bord, avec beaucoup d’habiletés et d’efforts, mais sans être en symbiose avec ses coéquipiers.
La période de prolongation de la grande finale en est la plus belle preuve.
Le Canada était une équipe incroyable, mais il lui manquait l’émulation, qui fait que le talent de l’un multiplie le talent de l’autre.
Les États-Unis ont compté le but de plus. Ce but-là fait foi de tout.
Bravo à l’équipe américaine ! »
À PROPOS DU MATCH D’HIER
— Stéphane Laporte (@laportestephane) February 23, 2026
Les États-Unis ont commencé en force.
Ils ont pris les devants.
Le Canada a dominé le reste du temps réglementaire.
En manquant beaucoup trop d’occasions.
Pression ? Nervosité ?
Étonnant de voir des joueurs si doués manquer le filet, même le filet vide.… pic.twitter.com/vhMRX11XZu
C’est dévastateur. Et surtout, c’est juste.
Parce que oui, le Canada avait du talent à revendre.
Mais ce tournoi a viré au one-man show.
On a vu Connor McDavid, Nathan MacKinnon et Macklin Celebrini être surutilisés jusqu’à l’épuisement. On a vu un banc raccourci à l’extrême.
On a vu Brad Marchand parachuté dans des situations improbables à 5 contre 3 alors qu'il connaissait un tournoi horrible.
Et en prolongation? Zéro structure. Zéro patience. Zéro possession. Juste des montées individuelles, comme dans un tournoi pee-wee où chacun veut être le héros.
Ce n’est pas coacher, ça.
C’est espérer que le génie individuel règle tout.
Mais quand tu es le Canada, tu n’es pas censé survivre à coups de miracles. Tu es censé imposer ton collectif.
Or, ce collectif n’a jamais réellement pris forme.
Laporte parle d’absence de fusion. C’est exactement ça. Chaque joueur travaillait fort, oui. Mais chacun travaillait dans sa bulle. Le talent n’a jamais été multiplié... il a été empilé.
Et ça, ça retombe directement sur Jon Cooper.
Tu ne peux pas prétendre diriger la meilleure formation au monde… puis agir comme si tu n’avais que trois joueurs dignes de confiance.
Tu ne peux pas prêcher la patience et la possession… puis laisser ton équipe improviser en trois contre trois. Tu ne peux pas réduire le Canada à un jeu de vedettes fatiguées.
Cette défaite n’est pas seulement une question de malchance ou de poteaux.
C’est une défaite de structure.
Une défaite de philosophie.
Une défaite de banc.
Stéphane Laporte a mis le doigt exactement là où ça fait mal : le Canada n’a pas perdu parce qu’il manquait de talent. Il a perdu parce qu’il manquait d’âme collective.
Et à ce niveau-là, c’est impardonnable.
