Il y a des critiques… et il y a des démolitions publiques. Ce que Jean-Nicolas Blanchette vient de faire à Josh Anderson dans les pages du Journal de Montréal, c’est de la dynamite.
Pas une petite tape sur les doigts. Une véritable autopsie d’un joueur qui, aux yeux de plusieurs observateurs, n’est plus du tout le même.
Parce qu’au-delà des points qui ne viennent pas, au-delà des tirs qui disparaissent, ce qui choque le plus dans le cas d’Anderson aujourd’hui, c’est l’effondrement de son identité.
Josh Anderson n’a jamais été un artiste du hockey. Ce n’est pas un joueur de finesse, ni un fabricant de jeux, ni un génie offensif. Sa valeur a toujours reposé ailleurs : la vitesse, la puissance, la violence légale, les mises en échec qui réveillent un aréna et qui changent l’énergie d’un match.
Or aujourd’hui, cette identité semble s’être évaporée.
Comment expliquer qu’un joueur de sa stature n’ait distribué aucune mise en échec lors des deux derniers matchs?
Comment est-ce possible que Josh Anderson n’ait aucune mise en échec lors des deux derniers matchs? 😬https://t.co/OIHGQek3Y3
— TVA Sports (@TVASports) March 10, 2026
Comment expliquer qu’un ailier de puissance aussi rapide se retrouve avec à peine 1,3 tir par match, l’un des pires taux chez les attaquants de toute la ligue?
Comment expliquer que 83 attaquants dans la LNH frappent plus que lui, y compris des joueurs qui ne sont même pas réputés pour leur robustesse comme Joe Veleno ou Zachary Bolduc?
C’est là que le malaise commence à devenir impossible à ignorer.
Parce que lorsque même Cole Caufield récupère la rondelle trois fois plus souvent qu’un ailier de puissance de 6 pieds 3, quelque chose ne tourne plus rond.
Et ce n’est pas seulement une question de statistiques. C’est une question d’apparence. De langage corporel. De souffle. De présence.
Selon plusieurs personnes présentes aux entraînements intra-équipe et au camp, Anderson est arrivé loin de sa meilleure forme physique.
Le genre de détail qui saute aux yeux immédiatement dans un environnement comme la LNH, où chaque joueur arrive affûté comme un couteau. Anderson, lui, semblait lourd. Penché. Essoufflé dès les premières répétitions.
Les mains sur les hanches.
Le souffle court.
Comme un moteur qui tousse avant même que la voiture ne quitte le stationnement.
Oui, il est devenu père récemment. Oui, les nuits blanches existent. Oui, la vie change complètement quand un enfant arrive. Personne ne remet cela en question
. Mais dans une ligue où chaque détail compte, où chaque joueur pousse son corps à la limite pour conserver sa place, arriver hors de forme à Montréal, c’est comme entrer dans une arène avec une cible dans le dos.
Et la cible est énorme.
Parce qu’Anderson ne gagne pas 900 000 dollars. Il ne gagne pas 1,5 million. Il gagne 5,5 millions par année jusqu’en 2027.
Dans une ligue à plafond salarial, ce chiffre transforme automatiquement chaque baisse de régime en problème organisationnel.
Et quand la production ne suit pas, le verdict devient cruel.
La saison dernière, Anderson a terminé avec 15 buts et 27 points. Cette saison, il n’a que 8 points depuis le 1er janvier en 23 matchs. Et plus inquiétant encore : il ne compense même plus par son jeu physique.
C’est là que la critique devient presque existentielle.
Parce qu’un joueur de puissance qui ne frappe plus, qui ne tire plus et qui ne dérange plus… devient quoi exactement?
Un fantôme sur patins.
Un joueur qui flotte entre les présences.
Un attaquant qui n’a plus d’impact.
Et Martin St-Louis le voit très bien. Les chiffres ne mentent pas : avant les Fêtes, Anderson jouait régulièrement 16 à 18 minutes. Aujourd’hui, on le voit souvent limité autour de 10 minutes, particulièrement dans les matchs où l’attaque est importante.
Ce n’est pas un hasard.
Un entraîneur ne coupe pas le temps de glace d’un vétéran de ce calibre pour rien.
Il envoie un message.
Et ce message est clair : Anderson n’aide pas assez son équipe.
Ce qui rend l’histoire encore plus triste, c’est que personne ne remet en question l’homme. Dans le vestiaire, Anderson reste apprécié. C’est un gars qui travaille, qui encourage ses coéquipiers, qui accepte le contact et qui ne fuit jamais les batailles.
Ses coéquipiers respectent son courage.
Mais eux aussi voient la réalité.
Eux aussi voient qu’il ne suit plus le rythme.
Et c’est ce qui rend la situation si difficile à regarder. Parce que Josh Anderson n’est pas un joueur paresseux. Il n’est pas un mauvais coéquipier. Il n’est pas un problème dans la chambre.
Il est simplement devenu… l’ombre du joueur qu’il devait être.
Quand Marc Bergevin lui a offert 5,5 millions par saison pendant sept ans en 2020, l’organisation imaginait un attaquant de puissance dominant, capable de marquer, frapper, déranger et produire dans les moments importants.
On parlait presque d’un nouveau Stéphane Richer.
La réalité a été beaucoup plus dure.
Même à Columbus, Anderson n’a jamais été un marqueur élite. Il a eu des saisons de 19 et 27 buts, oui. Mais une grande partie de cette production était liée à la présence d’un certain Artemi Panarin.
Même dans le junior, Anderson n’a jamais atteint les 30 buts.
Alors aujourd’hui, quand on regarde froidement sa carrière, on comprend mieux ce qu’il est réellement : un joueur de profondeur robuste qui a réussi un exploit remarquable en disputant plus de 670 matchs dans la LNH malgré son statut de choix de quatrième ronde.
C’est déjà énorme.
Mais à Montréal, les attentes ont été construites sur un fantasme.
Et ce fantasme est en train de s’écrouler.
Parce qu’un joueur qui perd sa vitesse, sa puissance et son explosivité perd en même temps tout ce qui faisait sa valeur. Un ailier de puissance qui n’a plus de puissance… devient rapidement un poids mort dans une équipe qui veut accélérer.
C’est ce qui explique pourquoi la critique de Blanchette frappe aussi fort.
Il ne s’attaque pas seulement aux statistiques.
Il s’attaque à l’essence même du joueur.
Et la conclusion est glaçante : si Josh Anderson ne retrouve pas rapidement ses jambes, son souffle et son agressivité, il risque de devenir ce qu’aucun joueur ne veut être dans la LNH moderne.
Un malaise.
Un contrat lourd.
Un joueur que l’on garde dans l’alignement par obligation plus que par conviction.
Et à Montréal, quand un joueur devient un malaise… l’histoire ne finit presque jamais bien.
