Le malaise autour du départ d’Hélène Pelletier ne fait que grandir.
Au départ, tout le monde était simplement surpris. Après tout, voir une figure aussi importante quitter RDS après 37 ans de service méritait déjà qu’on s’arrête quelques instants.
Mais plus les heures passent, plus les questions s’accumulent. Et les réponses deviennent claires.
Pelletier a tellement été sèche en annonçant son départ surprise en pleine retransmission de la finale de Roland-Garros.
Elle était clairement fâchée et ne voulait pas s'étendre sur le sujet. En affirmant qu'elle ne prenait aucunement sa retraite, elle a fait comprendre à tout le Québec que ce n'etait pas sa décision et qu'elle avait bel et bien été congédiée.
Selon nos informations, de nombreux journalistes auraient tenté de joindre Hélène Pelletier dans les heures suivant l’annonce de son départ. Des demandes d’entrevues auraient été formulées afin de comprendre les circonstances de cette sortie aussi soudaine qu’inattendue.
La Presse n'avait pas son numéro de cellulaire, alors le journal a appelé RDS pour parler à Pelletier. Mais selon la réponde du réseau des sports, elle refusait de parler.
Même chose avec le Journal de Montréal et les autres médias. Cela prouve encore plus que le divorce a été acrimonieux entre la légende du tennis québécois et un réseau qui saigne de l'argent jour après jour.
Ce silence alimente aujourd’hui toutes les spéculations.
Si tout s’était déroulé comme un départ parfaitement normal, Hélène Pelletier serait revenu sur sa carrière, aurait raconté ses souvenirs, remercier ses collègues et expliquer les raisons de sa décision.
Surtout, on aurait eu droit à un hommage en direct.
Mais aujourd'hui, le silence est lourd.
Pourtant, l’immense vague d’amour qu’elle reçoit actuellement du public est indéniable.
Depuis son annonce, les réseaux sociaux débordent de témoignages. Des amateurs de tennis. Des téléspectateurs de longue date. D’anciens collègues. Tous racontent sensiblement la même chose : Hélène Pelletier était respectée. Compétente. Préparée. Professionnelle.
Voilà pourquoi les réactions sont aussi émotives.
On sent le Québec qui en veut à RDS car le départ d’Hélène Pelletier ne ressemble pas à une célébration de carrière, mais bien à un congédiement sans classe et sans dignité.
Un licenciement honteux qui survient alors que RDS traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente.
Les pertes financières s’accumulent. Les abonnés s'écroulent. Les inquiétudes entourant l’avenir de la station se poursuivent, alors que Bell est tanné de perdre de l'argent.
RDS a sécurisé 45 matchs des Canadiens de Montréal, mais n'aura toujours pas les séries. Ils ont perdu 15 matchs par rapport au dernier contrat (60 matchs).
Pire encore, RDS perd 500 000 dollars par match du CH diffusé.
RDS a perdu plus de 20 millions de dollars avant impôts dans la dernière année. Avec RDS Info, les pertes combinées ont approché les 28 millions. Les revenus ont reculé à environ 140 millions de dollars et la chaîne a perdu près de 100 000 abonnés en une seule année.
Pour une entreprise qui était autrefois l’une des chaînes spécialisées les plus rentables au Canada, les chiffres sont catastrophiques.
Alain Crête a été poussé à la retraite. Michel Y. Lacroix est parti. Gaston Therrien a été forcé de quitter. Maintenant, c’est au tour d’Hélène Pelletier.
Chaque fois, le réseau rend hommage à ses artisans. Mais RDS n'a aucunement honoré Hélène pelletier.
Lorsqu’Alain Crête a annoncé sa retraite, le réseau lui a consacré des segments spéciaux, des hommages, des témoignages et une véritable célébration de carrière pendant deux semaines.
Même chose pour Michel Y. Lacroix et Gaston Therrien, qui ont eu droit à des communiqués détaillés, des remerciements publics et une reconnaissance à la hauteur de ses décennies de service.
Dans le cas d’Hélène Pelletier, elle a été écartée comme une vulgaire pelure de banane qu'on jette. Après 37 ans à l’antenne, après avoir été présente depuis la naissance même de RDS en 1989, après avoir contribué à démocratiser le tennis au Québec et à ouvrir des portes à toute une génération de femmes dans les médias sportifs, plusieurs s’attendaient à un hommage majeur.
Ça nous lève le coeur.
Et lorsqu’une organisation perd coup sur coup autant de figures historiques au moment même où elle traverse une crise financière importante, les téléspectateurs commencent inévitablement à faire des liens. Ce ne sont plus simplement des départs individuels. Ce sont des symboles d’une époque qui se termine.
Chaque départ est désormais analysé à travers la réalité de la crise.
Et dans le cas d’Hélène Pelletier, l’absence d’explications publiques ne fait qu’amplifier le sentiment de honte envers RDS.
Peut-être qu’un jour elle décidera de raconter sa version des faits.
Peut-être qu’elle préférera conserver le silence.
Mais pour l’instant, une chose est certaine : le public québécois n’a pas tourné la page.
Au contraire.
Plus les gens apprennent les circonstances entourant son départ, plus ils veulent comprendre ce qui s’est réellement passé.
Et tant que les réponses ne viendront pas, le malaise continuera de grandir autour d’un départ que plusieurs refusent encore aujourd’hui de considérer comme une simple coïncidence.
