Départ d'Arber Xhekaj: Chicago s'invite au party

Départ d'Arber Xhekaj: Chicago s'invite au party

Par David Garel le 2026-02-24

C’est une drôle de période à vivre pour Arber Xhekaj.

D’un côté, il y a Montréal. L’équipe de son cœur. Le logo qu’il porte comme une identité. Le rêve d’enfance devenu réalité avec les Canadiens de Montréal.

De l’autre, il y a le silence du banc, les minutes qui fondent, le regard froid de Martin St-Louis, et maintenant… les rumeurs de transaction qui prennent de l’ampleur à Chicago comme à Philadelphie.

Sportivement, c’est brutal. Humainement, ça doit être lourd. Mais paradoxalement, c’est aussi flatteur.

Parce que pendant qu’à Montréal Xhekaj est marginalisé, ailleurs dans la ligue, on le regarde comme une pièce intéressante.

Certains DG sont même obsédés par son profil.

On parle beaucoup de Philadelphie dans le dossier Ristolainen. Montréal ferait partie des équipes intéressées et tout le monde sait que le DG Daniel Brière veut Xhekaj depuis des lunes:

Mais Chicago est maintenant un acteur réel, concret, actif. Et là-bas, on ne cache pas son intérêt pour le profil Xhekaj.

Pourquoi?

Parce que les Blackhawks de Chicago sont exactement à l’endroit où Montréal était il y a deux ans : une reconstruction qui avance, un jeune noyau fragile, et un besoin criant d’identité physique autour de leurs espoirs offensifs. Xhekaj représente tout ça à la fois. Intensité. Gabarit. Intimidation. Émotion.

Et surtout : jeunesse contrôlable.

C’est précisément dans ce contexte que le nom de Connor Murphy devient central.

Murphy, ce n’est pas un défenseur flashy. C’est un pilier silencieux. Droitier. 6 pieds 4, 212 livres. Plus de 800 matchs dans la LNH. Neuf saisons à Chicago. Le joueur le plus ancien de l’organisation.

Un leader respecté, calme, analytique, exactement le genre de défenseur que Martin St-Louis préfère quand les matchs deviennent serrés.

Murphy est dans la dernière année de son contrat.

Et lui-même le sait : après avoir vu partir Kane, Toews, DeBrincat et plusieurs autres, il a compris une vérité simple, personne n’est intouchable.

À Chicago, on l’adore. Mais le DG Kyle Davidson sait qu'il doit le transiger.

Par contre, le DG n’a pas besoin d’un autre choix de troisième ronde dans sa banque déjà débordante. Ce qu’il veut, c’est rajeunir sans perdre l’âme de son équipe.

Certain parlent d'un choix de 2e ronde:

Mais selon The Athletic, les Hawks veulent un jeune défenseur physique pour Murphy. C’est là que Xhekaj entre dans l’équation.

Pour les Blackhawks, Arber serait projeté. Utilisé. Développé. Accepté avec ses erreurs.

Pour Montréal, Murphy serait immédiatement inséré dans un rôle clair : défenseur droitier fiable, capable de manger des minutes, de calmer le jeu dans sa zone et d’aider un groupe qui vise maintenant plus haut que le simple développement.

C’est un échange de philosophies.

À Montréal, Xhekaj est devenu un luxe émotionnel.

À Chicago, il serait un outil de construction.

Et pendant ce temps, Xhekaj est pris entre deux mondes.

Il a le CH tatoué sur le cœur. Il veut être ici. Ça se voit dans son langage corporel, dans chaque présence, dans chaque mise en échec. Mais son entraîneur ne lui fait plus confiance. Ses minutes oscillent. Sa laisse est minuscule. Chaque erreur est amplifiée. Chaque mauvaise lecture devient punitive. Et il est "pogné" dans la niche de Martin St-Louis pour l'éternité.

Le coach du CH veut de la structure. De la rapidité décisionnelle. Du hockey IQ constant.

Xhekaj, lui, joue encore avec l’instinct, l’émotion, la réaction.

Deux visions qui ne se rencontrent plus.

Alors oui, ça doit être extrêmement difficile pour lui de vivre tout ça en même temps.

Être sur le marché.

Entendre son nom circuler à Philadelphie.

Savoir que Chicago aimerait l’avoir dans un échange pour Murphy.

Comprendre que son avenir à Montréal est de plus en plus flou.

Mais en même temps… c’est une forme de validation.

Parce que plusieurs équipes veulent Arber Xhekaj.

Pas comme figurant.

Comme pièce identitaire.

À Montréal, il est coincé dans un rôle de sixième défenseur.

Ailleurs, il serait vu comme un projet à bâtir autour.

Et c’est là toute la tragédie du moment.

Le Canadien est rendu un club aspirant.

Chicago est encore un club en construction.

Xhekaj correspond plus au deuxième qu’au premier.

Murphy, lui, correspond parfaitement au besoin immédiat du CH.

Ce n’est plus théorique.

Ce n’est plus une rumeur molle.

C’est un marché actif.

Un besoin clair.

Et un échange qui commence à prendre une forme très réelle.

Pour Arber Xhekaj, c’est peut-être la fin d’un chapitre à Montréal.

Mais c’est aussi possiblement le début d’un rôle beaucoup plus grand ailleurs.

Et parfois, dans la LNH, c’est exactement comme ça que les carrières se débloquent.