Milan commence à sentir la poudre.
Et cette fois, ça ne vient pas du vestiaire canadien.
Ça vient du côté tchèque. Ça vient d’un joueur qui carbure à la pression.
Ça vient d’un attaquant qui n’a pas peur des projecteurs.
Martin Necas vient d’allumer la mèche avant les quarts de finale… et il l’a fait avec un sourire.
Parce que oui, le Canada a dominé la phase préliminaire. Parce que oui, les Canadiens ont blanchi la Tchéquie 5-0
au premier affrontement.
Parce que oui, ils ont inscrit 20 buts en trois matchs en n’en accordant que trois.
Mais ça, pour Necas, c’est déjà du passé.
« On les a laissés gagner le premier parce qu’on savait qu’on n’allait pas battre le Canada deux fois de suite », a-t-il lancé, sourire en coin.
Ce n’est pas seulement une blague.
C’est une déclaration.
C’est un message envoyé directement au vestiaire le plus talentueux de la planète.
Depuis la défaite humiliante contre le Canada en ouverture, Necas a pris les choses en main.
Sept points en quatre matchs.
Trois buts, quatre passes. Une performance de leader.
Tomas Hertl l’a dit sans détour : « Il nous transporte. »
Et il n’a pas tort.
Chaque présence de Necas respire la confiance.
Chaque prise de rondelle est assumée.
Il aime ces moments-là. Il l’a dit lui-même : « J’adore jouer devant beaucoup de monde. J’aime être dans cette position. »
Le problème?
En face, ce n’est pas le Danemark.
Ce n’est pas la Suisse.
C’est le Canada.
Connor McDavid. Nathan MacKinnon. Sidney Crosby. Cale Makar. Une machine lourde. Une équipe qui n’a pas encore eu besoin de forcer.
Alors quand Necas affirme que « c’est peut-être le plus grand match de nos vies », il met la table pour un duel chargé d’émotions. Chargé d’orgueil. Chargé d’électricité.
Et c’est exactement ce que le hockey international devrait être.
Parce que soyons honnêtes : le Canada part favori.
Massivement favori.
La profondeur est indécente.
Les quatre trios peuvent dominer.
Les défenseurs activent sans pitié.
Le jeu est structuré, discipliné, mature.
Mais les matchs à élimination directe ne se gagnent pas sur papier.
Ils se gagnent avec du feu.
Et Martin Necas en a.
Ce qui rend l’histoire encore plus intéressante, c’est la façon dont il assume son rôle.
Il ne se cache pas derrière le respect diplomatique.
Il ne parle pas comme un joueur intimidé.
Il parle comme quelqu’un qui croit réellement qu’il peut faire tomber le géant.
« On doit jouer intelligemment. On ne peut pas prendre les pénalités qu’on a prises aujourd’hui parce que ça va nous coûter le match », a-t-il admis.
Lucidité.
Confiance.
Provocation subtile.
Le Canada entend ça. Et le Canada aime ça.
Parce qu’au fond, ce genre de déclaration nourrit l’orgueil.
Ça rappelle aux vétérans canadiens que l’adversaire n’est pas là pour admirer. Il est là pour renverser.
Et si on se met dans la peau du vestiaire canadien, le message est clair : la Tchéquie ne vient pas en victime.
Elle vient en croyant.
Necas joue avec le feu. Mais ce feu-là peut devenir un carburant.
Le hockey international a besoin de personnalités.
Il a besoin de joueurs qui osent. Il a besoin de gars qui parlent avant d’agir ... et qui ensuite livrent.
Jusqu’ici, Necas a livré.
Le plus fascinant dans tout ça? Il sait très bien que le Canada l’a déjà dominé.
Il sait très bien que les marges sont minces.
Mais il refuse de se présenter avec un complexe.
Et c’est là que le match devient dangereux.
Pas dangereux pour le Canada en termes de talent.
Dangereux en termes d’émotion.
Parce qu’un joueur qui joue libéré, qui aime les grands moments, qui assume le spotlight, peut changer l’allure d’un match en un seul tir.
Le Canada a l’avantage. Clair et net.
Mais la Tchéquie a un joueur qui ne cligne pas des yeux.
Et dans un match à élimination directe, ça suffit parfois à semer le doute.
La table est mise.
Le Canada a la puissance.
La Tchéquie a l’audace.
Et Martin Necas vient de transformer un quart de finale attendu… en duel personnel.
Mercredi matin, ça ne sera plus une question de statistiques.
Ce sera une question de nerfs.
Et Necas vient de montrer qu’il n’a pas peur de s’approcher des flammes.
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