Déclaration de Renaud Lavoie: Jakub Dobeš choque le marché des transactions

Déclaration de Renaud Lavoie: Jakub Dobeš choque le marché des transactions

Par David Garel le 2026-01-12

Il y a des moments où l’écosystème médiatique montréalais devient un véritable ring, et ces derniers jours, c’est la valeur de Jakub Dobeš qui s’est retrouvée au centre de l’arène.

D’un côté, Mathias Brunet, catégorique, presque définitif, qui affirme que le gardien tchèque « n’a pas une énorme valeur ».

De l’autre, Renaud Lavoie, qui connaît les couloirs, les directeurs généraux, les discussions secrètes, les coups de téléphone, et qui a littéralement atomisé la théorie de Brunet en déclarant que prétendre que Dobeš ne vaut rien, c’est « complètement faux ».

Une phrase simple, mais d’une brutalité qui en surpris plus d'un. Une correction en direct. Un rappel qu’il existe une grande différence entre analyser la LNH… et la vivre sur le terrain.

Parce qu’au fond, soyons honnêtes : Renaud Lavoie est celui qui passe ses journées auprès des dirigeants, des agents, des recruteurs, des coachs, des adjoints qui murmurent des vérités que personne n’écrit.

Il sait ce qui circule, il sait ce qui s’échange, il sait ce qui se cherche. Et en ce moment, dans la LNH, des gardiens, il n’y en a pas.

Des jeunes gardiens exemptés de ballottage, capables de battre des clubs de séries, capables de voler des matchs même lorsque leur technique s’effrite, il y en a encore moins.

Dire que Dobeš n’a pas de valeur, c’est ignorer totalement la réalité actuelle du marché : New York panique sans Shesterkin, la Caroline cherche désespérément un filet stable, Utah rêve d’un gardien jeune à développer, Los Angeles, New Jersey, Buffalo, même Seattle, tous ont un œil sur les gardiens disponibles.

Et Montréal, pour la première fois depuis des années, possède une ressource rare : un surplus de gardiens jeunes, contrôlables, malléables.

Qu’on l’aime ou non, Dobeš attire l’attention, et pas seulement à cause de son gabarit de géant, mais parce qu’il gagne. Treize victoires... ce n'est pas rien...

C’est un indicateur qu’il peut survivre dans cette ligue, qu’il peut voler un match même lorsqu’on considère que sa technique n’est pas carrée, qu’il peut tenir le fort même lorsqu’il nage dans son demi-cercle et qu'il doit mettre son casque de bain, comme le disait Lapierre.

Un gardien qui gagne, même imparfait, aura toujours de la valeur, surtout lorsqu’il est jeune, grand, exempté de ballottage, et qu’il ne coûte pas un centime de plafond de plus que son 965 000 $.

Et c’est ici que l’analyse de Brunet s’effondre. La valeur d’un joueur n’a rien à voir avec ce que vous pensez de son style.

Elle repose sur la rareté, l’âge, le contrat, la possibilité d’être rappelé sans risque, et surtout la demande.

Aujourd’hui, cette demande explose. À partir du moment où Shesterkin s’est effondré au Madison Square Garden, une phrase a commencé à circuler dans plusieurs bureaux de la LNH :

« Montréal a trois gardiens. Ils ne garderont pas les trois. Qui peut-on obtenir ? »

Les Rangers sont loin d'être seuls. Les Hurrcianes de la Caroline et le Mammoth de l'Utah sont aussi intéressés.

Et dans ces conversations, contrairement à ce que certains imaginent, Dobeš n’est pas invisible. Il n’est pas un joueur effacé. Il n’est pas un gardien sans prix.

Il est un jeune actif, intéressant, inconstant, mais recherché.

Lavoie l’a dit sans détour : affirmer qu’il n’a pas de valeur est complètement faux. Et lorsque l’un des insiders les plus connectés du pays se montre aussi catégorique, il faut tendre l’oreille.

Il sait ce qu’il dit. Il sait ce qui s’échange. Il sait ce qui s’offre. Et dans un marché à sec, un jeune gardien de 6 pi 4 qui gagne plus qu’il ne perd… ça se paie.

Le paradoxe, c’est que Montréal, lui, avance dans cette histoire avec une main extraordinairement confortable : Dobeš peut descendre à Laval sans ballottage, son contrat reste garanti, son salaire demeure avantageux, et s’il doit être entreposé pour quelques semaines, il continuera à jouer, à se développer, à se refaire une base technique loin de la pression. Le CH n’est pas pressé.

Mais les autres, eux, le sont.

Et l’autre vérité qui dérange, c’est que Dobeš est réellement en vitrine. Pas parce qu’il est sacrifié, pas parce qu’on veut s’en débarrasser, mais parce qu’un ménage à trois est impossible à long terme et que Fowler a pris la place de manière éclatante.

Montréal n’a pas besoin de se précipiter. Les autres équipes, oui. Et un actif rare, lorsque les autres paniquent, prend automatiquement de la valeur.

Ce n’est pas qu’un débat Brunet vs Lavoie.

C’est la réalité d’un marché affamé.

C’est un rappel brutal que la perception médiatique et la perception des dirigeants ne sont pas les mêmes.

C’est un constat clair : Jakub Dobeš vaut beaucoup plus que ce que certains imaginent.

Et s’il finit par faire partie d’un “package” pour aller chercher un défenseur droitier ou un attaquant top-6, comme certains commencent à le murmurer, personne ne fera semblant d’être surpris.

Sauf ceux qui auront choisi de croire que Dobeš ne valait rien. Ceux-là comprendront trop tard que Lavoie avait raison, et que ce n’était pas le moment de sous-estimer un gardien jeune, grand, gagnant… et soudain plus convoité que jamais.