Stéphane Waite remet une couche. Encore.
Ça commence sérieusement à ressembler à un règlement de comptes public avec Jakub Dobeš. Comme si son but premier était de le détruire mentalement.
Depuis le début de cette série contre les Sabres de Buffalo, l’ancien entraîneur des gardiens des Canadiens de Montréal ne cache pas son mépris face au style du jeune gardien tchèque. Trop démonstratif. Trop émotif. Trop provocateur. Trop « cocky », selon lui.
Waite avait même lancé un avertissement qui, sur le coup, avait fait bondir une bonne partie du Québec hockey.
« Il y a une ligne entre être confiant et être baveux. Cette ligne-là, il ne faut pas la traverser. À un moment donné, ça va te revenir dans la face. »
Sur le moment, plusieurs avaient trouvé ça excessif. Dobeš arrêtait les rondelles, gagnait des matchs et donnait surtout l’impression d’être bâti mentalement pour survivre à Montréal. Le jeune gardien jouait avec émotion, provoquait parfois, alimentait la rivalité et semblait carburer à l'arrogance.
Waite, lui, voyait un danger.
Il trouvait Dobeš trop théâtral devant le filet. Trop porté à embellir les contacts.
« Aussitôt qu’il se fait frôler, il tombe comme si on venait de lui rentrer dedans. À un moment donné, les arbitres vont arrêter de te croire. Quand ça va être vrai, tu ne seras plus crédible. »
Il allait même jusqu’à soulever un malaise potentiel dans le vestiaire.
« Il y a probablement des coéquipiers qui n’aiment pas ça. À un moment donné, ça crée des étincelles et ça met de l’huile sur le feu. Ce ne sera pas lui qui va aller se battre. Ce sont ses coéquipiers qui vont devoir aller à la guerre pour lui. »
À l’époque, le commentaire avait été accueilli comme une douche froide. Plusieurs trouvaient Waite sévère, déconnecté de l’énergie d’une série où tout le monde se détestait et où les émotions débordaient constamment.
Après tout, Dobeš dominait. Il venait de rebondir après des matchs difficiles. Il avait donné au Canadien une stabilité inattendue.
Puis est arrivé ce cauchemar de samedi soir.
Une humiliation de 8-3 au Centre Bell. Une avance de 3-1 complètement gaspillée. Sept buts sans riposte. Une foule abasourdie. Et un moment qui, selon Waite, aurait complètement changé le match : le coup de bâton de Dobeš envers Rasmus Dahlin.
Rasmus Dahlin and Jakub Dobes going at it 😳
— Daily Faceoff (@DailyFaceoff) May 17, 2026
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Pour Waite, cette séquence prouve son point. Et cela lui a donné encore plus de gaz pour enfoncer le gardien jusqu'au cou.
Selon lui, Dobes a réveillé la mauvaise personne au pire moment possible.
Dahlin venait d’être frustré, brassé, dérangé. Puis le coup de hache de Dobeš est arrivé. On connaît la suite. Le capitaine des Sabres s’est transformé en monstre offensif : un but, quatre passes, cinq points. Une performance de supervedette dans le plus gros match de sa saison.
Dans l’interprétation de Waite, le gardien du Canadien a inutilement nourri la bête.
Exactement ce qu’il craignait depuis des jours.
Le problème, c’est que plus Waite insiste, plus il devient une cible lui-même.
Une partie importante des partisans refuse d’embarquer dans cette lecture. Plusieurs voient plutôt un ancien entraîneur qui s’acharne sur un jeune gardien au moment où le Canadien traverse déjà assez de turbulence.
Réduire un massacre collectif à un coup de bâton paraît facile quand toute l’équipe s’est écroulée défensivement, que les revirements pleuvaient et que Martin St-Louis n’a trouvé aucune réponse aux ajustements de Lindy Ruff, c'est vraiment être de mauvaise foi.
Sans Dobeš, le Canadien ne serait peut-être même pas encore en vie dans cette série.
C’est lui qui avait sauvé le match numéro cinq après avoir accordé trois buts sur quatre tirs. C’est lui qui avait trouvé une façon de rebondir quand tout semblait s'effondrer à Buffalo.
Waite a le droit à son opinion. Son expérience parle pour lui. Il a travaillé avec Carey Price. Il comprend la psychologie du poste mieux que presque tout le monde au Québec.
Mais à force de toujours revenir sur Dobeš, à force de toujours voir un problème derrière chaque émotion, chaque geste, chaque regard, une question finit par s’imposer :
Est-ce qu’il essaie encore de conseiller un jeune gardien… ou est-ce qu’il est devenu incapable d’accepter qu’un gardien moderne puisse gagner autrement que dans le silence et le calme absolu?
Lundi soir à Buffalo, Dobeš aura la meilleure réponse possible entre les mains.
Nous prions pour qu'il gagne... et que "Fefane" le hater se taise à jamais...
