David Reinbacher s’emballe solide : une déclaration jugée arrogante

David Reinbacher s’emballe solide : une déclaration jugée arrogante

Par William Petit Lemay le 2026-04-30

David Reinbacher a décidé de parler avec assurance. Peut-être même un peu trop. Après seulement deux matchs disputés avec le Canadien de Montréal, le jeune défenseur affirme déjà qu’il a prouvé qu’il était prêt pour la Ligue nationale. Une sortie qui fait réagir, et pas seulement en surface.

La confiance, c’est une chose. L’impression de brûler les étapes, c’en est une autre.

Personne ne remet en question son talent ni son potentiel. À Laval, avec le Rocket, il joue du bon hockey. Il prend de plus en plus de place, il transporte la rondelle avec aplomb, il semble enfin à l’aise dans son environnement.

Cette progression est encourageante, surtout après les moments plus difficiles qu’il a traversés depuis son arrivée en Amérique du Nord.

Mais il y a une ligne à ne pas franchir. Et en ce moment, Reinbacher s’en approche dangereusement.

Deux matchs dans la LNH ne représentent pas une confirmation. Ce sont des aperçus, des tests, des mises en situation. Le Canadien l’a utilisé dans un contexte bien précis, sans pression excessive, simplement pour lui permettre de goûter au rythme.

Ce n’était pas une validation finale. Ce n’était pas un feu vert pour s’installer de façon permanente.

Son discours laisse pourtant croire qu’il se voit déjà ailleurs.

C’est là que le malaise s’installe.

Un joueur qui revient dans la Ligue américaine et qui parle comme s’il avait déjà franchi l’étape suivante envoie un message délicat. Pas seulement à l’organisation, mais aussi à ses coéquipiers. Il donne l’impression que Laval devient une simple escale, plutôt qu’un endroit essentiel à son développement.

Or, c’est exactement l’inverse.

Le Rocket n’est pas une punition. C’est un laboratoire. C’est là que Reinbacher doit bâtir sa constance, solidifier ses lectures défensives, imposer son rythme sur une base régulière. C’est là qu’il doit apprendre à dominer, pas seulement à survivre.

En ce moment, le Canadien n’a aucune raison de précipiter son arrivée.

La brigade défensive tient le coup en séries. Les rôles sont bien définis. Chaque joueur comprend sa mission et l’exécute avec discipline. Dans ce genre de moment, l’intégration d’un jeune défenseur demande un timing parfait. Ce timing n’est pas encore arrivé.

Monter pour jouer huit ou neuf minutes par soir n’apporterait rien de concret à son évolution. Au contraire, cela pourrait ralentir sa progression. À Laval, il touche à toutes les situations, il accumule les minutes importantes, il vit les hauts et les bas d’un parcours éliminatoire. C’est exactement ce dont il a besoin.

Son empressement est compréhensible. Le Centre Bell vibre, l’équipe attire toute l’attention, l’ambiance des séries crée un appel difficile à ignorer. N’importe quel jeune joueur rêve de se retrouver au cœur de ce tourbillon.

Mais ce rêve ne doit pas devenir un raccourci.

Reinbacher doit se rappeler une chose essentielle : le développement n’est pas une course. Chaque étape compte. Chaque présence à Laval construit le joueur qu’il deviendra à Montréal.

Le Canadien ne l’a pas oublié. Kent Hughes et Jeff Gorton savent très bien ce qu’ils ont entre les mains. Personne ne doute qu’il aura sa chance. La question n’est pas « si », mais « quand ».

Et pour que ce moment soit le bon, il faut accepter de ralentir.

Sa confiance est une excellente nouvelle. Elle doit simplement être canalisée au bon endroit. Continuer à performer à Laval, imposer son jeu soir après soir, démontrer qu’il est incontournable sur une longue période.

Le reste viendra tout seul.

Pour l’instant, vouloir aller trop vite risque surtout de créer une pression inutile. Et dans un marché comme Montréal, cette pression ne pardonne jamais.