Daniel Brière n’a pas seulement tenté un grand coup.
Il a changé la façon dont plusieurs dirigeants de la LNH regardent désormais les offres hostiles.
Les coulisses du dossier Leo Carlsson viennent d’être dévoilées par ses agents, Matt et Ryan Keator, lors du balado 32 Thoughts de Sportsnet. Plus on découvre les détails, plus on comprend que cette histoire allait bien au-delà d’une simple négociation de contrat.
Pendant des mois, plusieurs ont reproché au directeur général des Ducks, Pat Verbeek, de ne pas avoir réussi à s’entendre avec sa jeune vedette.
Aujourd’hui, le portrait est beaucoup plus nuancé.
Selon les Keator, Verbeek a multiplié les démarches dès l’automne dernier. Anaheim avait même déposé une offre évaluée à 80 millions de dollars.
Les représentants de Carlsson ont toutefois préféré attendre.
Leur objectif était simple : analyser l’évolution du plafond salarial, comparer les contrats à venir et observer ce qui allait se produire avec Connor Bedard avant de prendre une décision.
« Nous ne voulions pas que Leo signe un contrat qu’il aurait regretté quelques années plus tard », a expliqué Matt Keator.
Cette patience a complètement changé le dossier.
Le 1er juillet, Daniel Brière est passé à l’attaque.
Les Flyers ont présenté une offre hostile de cinq ans évaluée à 90 millions de dollars, soit une moyenne annuelle de 18 millions.
La structure du contrat a aussi impressionné le clan Carlsson.
Une grande partie de l’argent était versée rapidement sous forme de bonis.
Lorsque les agents ont transmis les détails au principal intéressé, la réaction a été immédiate.
Selon Matt Keator, Leo Carlsson est resté sans voix devant une telle proposition.
Il aurait même été bouleversé en découvrant la façon dont le contrat avait été construit.
Les Keator ont également confirmé qu’au moins sept ou huit équipes avaient démontré un intérêt sérieux envers leur client.
Quatre organisations étaient même prêtes à déposer une offre rapidement.
Finalement, ce sont les Flyers qui ont frappé le plus fort.
Daniel Brière a envoyé un message à toute la Ligue nationale.
Philadelphie croit que sa reconstruction est suffisamment avancée pour accélérer le processus.
Le directeur général n’a pas hésité à mettre une cible dans son dos afin d’obtenir un joueur qu’il considère comme un futur centre d’élite.
Cette approche mérite d’être soulignée.
Pendant plusieurs années, les offres hostiles étaient presque disparues du paysage de la LNH.
Aujourd’hui, avec un plafond salarial appelé à grimper rapidement, certains dirigeants n’ont plus peur de prendre des risques.
Les Ducks ont finalement égalé l’offre afin de conserver leur jeune vedette.
Malgré tout, cette histoire pourrait laisser des traces partout dans la Ligue.
Plusieurs directeurs généraux réalisent maintenant qu’un joueur autonome avec compensation peut devenir une cible beaucoup plus réaliste qu’auparavant.
Du côté du Canadien, Kent Hughes observe certainement cette nouvelle réalité avec beaucoup d’attention.
Depuis son arrivée à Montréal, il a sécurisé plusieurs jeunes joueurs avant que leur valeur explose.
Nick Suzuki, Cole Caufield, Juraj Slafkovsky et Lane Hutson représentent tous des investissements réalisés avant que les prix ne montent encore davantage.
Cette stratégie protège l’organisation contre un scénario semblable à celui vécu par Anaheim.
Rien n’indique que Kent Hughes prépare une offre hostile de cette ampleur dans l’immédiat.
Toutefois, Daniel Brière vient peut-être de rouvrir une porte que plusieurs croyaient définitivement fermée.
Une chose est certaine : les dirigeants de la LNH regarderont désormais chaque jeune vedette disponible d’un tout autre œil.
Et Daniel Brière vient peut-être de redéfinir les règles du jeu.
