Mais de quoi parle Gilbert Delorme?
Sa sortie publique a créé un malaise tellement profond. Il a pété une crise en direct... et fait un fou de lui...
Alors que le débat autour de Brendan Gallagher atteint un point de rupture à Montréal, Delorme a explosé en ondes, accusant les médias et les partisans de traiter le vétéran du Canadien « comme un morceau de viande », allant jusqu’à dénoncer une supposée facilité avec laquelle on voudrait désormais « s’en débarrasser » après 14 ans de loyaux services.
« Vous avez tendance à le traiter comme un morceau de viande. Ah, il avance un peu moins, on va s’en débarrasser, c’est pas grave », a lancé Delorme, visiblement émotif et agité, au micro.
« Ça fait 14 ans que le gars est icitte, pis là, il est un petit peu moins bon, on va le sacrer dans les vidanges. C’est pas de même que ça marche. »
Le parcours de Brendan Gallagher avec les Canadiens se rapproche-t-il de la fin? pic.twitter.com/OLvSQrdida
— BPM Sports (@BPMSportsRadio) January 20, 2026
Le problème, ce n’est pas l’émotion. Le problème, c’est ce qu’elle déforme.
Parce que personne de sérieux, ni dans les médias, ni chez les partisans, ne parle de Brendan Gallagher comme d’un objet jetable.
Ce que le Québec sportif observe, analyse et questionne depuis plusieurs semaines, c’est un décalage devenu évident entre l’évolution du Canadien de Montréal et l’état physique actuel de l’un de ses symboles.
Et ce décalage, aussi inconfortable soit-il, ne disparaît pas parce qu’on crie à la radio.
Si Gallagher avait cinq buts de plus cette saison, mais jouait exactement de la même manière (fini à la corde, même difficulté à suivre dans les séquences rapides, même fatigue visible lors des matchs rapprochés), est-ce que le débat serait différent? Non.
Le ton serait peut-être moins dur, mais la conclusion resterait la même. Parce que le malaise ne vient pas d’une colonne de statistiques. Il vient du jeu lui-même.
Le Canadien d’aujourd’hui est plus rapide, plus structuré, plus exigeant. Les vagues s’enchaînent. Les transitions sont brutales. Les erreurs se paient immédiatement.
Dans ce contexte, chaque joueur qui n’arrive plus à maintenir le tempo devient visible, non pas parce qu’on cherche un bouc émissaire, mais parce que le hockey, contrairement aux discours, ne ment jamais.
Et c’est précisément là que le discours de Delorme s’effondre : il transforme une analyse sportive en procès moral.
Défendre Gallagher en niant ce que tout le monde voit sur la glace, ce n’est pas lui rendre service. C’est le figer dans un rôle qui ne correspond plus à ce que son corps peut soutenir.
C’est refuser d’admettre que le respect, parfois, passe par des décisions difficiles, pas par l’aveuglement.
Le plus troublant dans la sortie de Delorme, c’est qu’elle s’inscrit dans une logique dépassée du discours sportif québécois, où poser des questions difficiles équivaut à trahir le joueur, où analyser une baisse de rendement devient une attaque personnelle, où l’émotion remplace l’observation.
Encore une fois, Delorme a l'air d'un "has been" qui aime trop les guerriers finis et qui n'a aucune idée du hockey moderne.
Cette même logique qu’on a vue récemment lorsqu’il a attaqué un journaliste pour avoir simplement demandé à Jakub Dobeš comment il vivrait une rétrogradation éventuelle à Laval, affirmant qu’un journaliste devrait parfois « protéger le joueur ».
Qui est dans l’erreur dans cette situation-là? 🧐 pic.twitter.com/2edzQr2mqv
— BPM Sports (@BPMSportsRadio) January 13, 2026
« Un moment donné, t’as une relation avec le joueur, faut que tu protèges un peu le joueur aussi », avait-il affirmé.
Non.
Un journaliste n’a pas à protéger un joueur.
Un analyste n’a pas à protéger une nostalgie.
Un média n’a pas à protéger une illusion.
On doit continuer de questionner pourquoi Gallagher est encore dans l'alignement, car il n'est plus un joueur de la LNH.
Et la question autour de Gallagher est désormais impossible à éviter : peut-il encore suivre le rythme d’une équipe qui aspire à gagner maintenant? Pas dans le passé. Maintenant. Avec ce calendrier. Avec ces attentes. Avec ce corps.
Non, non et non.
Le malaise n’est pas que Gallagher ralentit. Le malaise, c’est que le Canadien n’est plus une équipe qui peut se permettre de ralentir avec lui.
Et plus on refuse de le reconnaître, plus la situation devient cruelle pour le principal intéressé. On l’a vu en entrevue. Il sait. Il comprend. Il parle de « moments difficiles », de devoir « rester alerte », de faire « ce qu’on peut avec les capacités qu’on a ».
Ce sont les mots d’un joueur conscient que le couperet peut tomber. Pas d’un joueur qu’on traite comme un déchet.
La vraie question, celle que Delorme évite soigneusement, est celle-ci : est-ce plus respectueux de continuer à exposer Gallagher chaque soir à une réalité qu’il ne contrôle plus, ou d’accepter que son rôle, voire sa présence, doit être repensée? Le respect n’est pas de l’acharnement sentimental. Le respect, c’est la lucidité.
En tentant de transformer ce débat en chasse aux sorcières médiatiques, Delorme ne protège pas Gallagher. Il protège une vision du hockey où l’émotion sert de bouclier contre l’évolution du sport.
Une vision où le passé doit toujours primer sur le présent. Une vision qui ne tient plus debout dans une ligue qui dévore même les plus courageux.
Gilbert... est devenu passé date... comme Gallagher...
Oui, Gally mérite une sortie digne.
Il mérite qu’on reconnaisse ce qu’il a été.
Mais il mérite surtout qu’on arrête de faire semblant que le problème n’existe pas.
Delorme doit respirer par le nez... et accepter que nous ne sommes plus en 1980...
