C’est un renversement comme on en voit rarement dans le paysage médiatique québécois.
Jean-Charles Lajoie, animateur bien connu de TVA Sports, a officiellement changé de cap sur le dossier brûlant du déménagement possible du CF Montréal à Détroit.
Après avoir annoncé, avec fracas, le déménagement de la franchise vers le Michigan, Lajoie s’est publiquement rétracté, admettant que « jamais au grand jamais » il n’a affirmé que le CF Montréal allait déménager.
Un recul qui étonne. Et qui soulève une question évidente : qui lui a tapé sur les doigts?
Ce n’est pas un secret : depuis plusieurs semaines, Jean-Charles Lajoie martèle que le CF Montréal est menacé de disparition, que Détroit veut une équipe MLS, et que des discussions en coulisses évoquent Montréal comme cible potentielle.
L’affaire a enflammé les réseaux sociaux, les forums de partisans, les émissions sportives, et a ravivé les douloureux souvenirs des Expos et des Nordiques.
Mais voilà qu’au lendemain d’un échange tendu avec Nilton Jorge, informateur numéro un du soccer au Québec et défenseur acharné du CF Montréal, Lajoie recule.
« Transfert de Mtl ? Rien de confirmé en ce sens… »
« Tel n’est vraiment pas mon souhait. »
« Detroit aura son équipe, mais pas nécessairement par un transfert. »
Des phrases qui contrastent lourdement avec son discours initial, plus affirmatif, voire alarmiste. Lajoie parle maintenant de discussions à huis clos, de fenêtres de transfert hypothétiques dans 4 à 5 ans, et affirme que Montréal a été évoqué, mais pas ciblé.
Ce virage s’explique en grande partie par l’intervention courageuse et lucide de Nilton Jorge, qui a publiquement interpellé Lajoie sur la responsabilité que confère sa grande influence médiatique.
« Mon problème, JiC, c’est que des gens me disent que le club va déménager à Détroit parce que tu es une personne extrêmement influente. Or, ce n’est pas un fait en 2025, ni à court ou moyen terme. Il est important de tenir compte de notre influence et de ses conséquences. »
Ce message publié sur X prouve l’impact réel des propos de Lajoie, souvent repris comme des vérités par des milliers de partisans déjà méfiants envers la gestion du club.
Lajoie, connu pour vouloir polarier à tout prix afin d'augmenter son audience en chute libre, a soudainement adopté un ton plus nuancé.
En quelques heures, le narratif est passé de « le CF Montréal va déménager » à « attention, la menace est réelle, mais rien n’est confirmé ».
Tout porte à croire que ce recul n’est pas venu spontanément. Plusieurs observateurs croient que Jean-Charles Lajoie a été recadré par des figures puissantes dans l’univers médiatique et sportif.
Est-ce Louis-Philippe Neveu, patron de TVA Sports, qui a convoqué Lajoie pour lui rappeler les conséquences d’un message mal contrôlé, à une époque où la crédibilité journalistique est scrutée à la loupe?
Ce n’est pas la première fois que Jean-Charles Lajoie franchit la ligne rouge en direct. Selon plusieurs sources internes bien au fait de la situation, l’animateur avait déjà été convoqué par la haute direction de TVA Sports au cours des derniers mois pour un avertissement formel après qu'il ait annoncé la démission de Martin St-Louis avant Noël.
On lui reprochait précisément ce qu’il vient de refaire : lancer des déclarations fracassantes, sans base vérifiable, uniquement dans le but de générer du clic, du buzz et du bruit.
Ce genre de stratégie, bien que temporairement efficace sur les réseaux sociaux, met en péril la crédibilité du réseau, surtout dans un contexte où TVA Sports tente désespérément de regagner la confiance du public après des années de pertes financières et de rumeurs d’instabilité.
Louis-Philippe Neveu, désormais à la tête de TVA tout court, a-t-il apprécié que Lajoie relance la tempête en pleine tempête, alors que la chaîne tente de redorer son image en pleine course aux droits de la LNH? Poser la question, c'est y répondre.
Les pressions sont énormes, les enjeux financiers colossaux, et chaque dérapage comme celui-là fragilise davantage le peu de marge de manœuvre qu’il reste au diffuseur.
Il était donc inévitable que quelqu’un sonne la cloche. Ce retour soudain au calme, cette rectification embarrassante de la part de Lajoie, s’explique facilement : c’est l’effet d’un recadrage musclé. Et quand on connaît la nature orgueilleuse de l’animateur, ce genre de recul n’arrive jamais sans intervention directe.
Est-ce la famille Saputo elle-même, furieuse de voir le nom du club sali et la rumeur amplifiée sans fondement solide?
Le flou demeure, mais la volte-face brutale suggère une pression interne. Ce genre de rétractation publique, de la part d’un communicateur aussi affirmé que JiC, ne survient jamais sans raison.
On touche un point fondamental : la course à l’attention déforme parfois la mission d’informer.
JiC est avide de clics. Il veut monter ses cotes d’écoute qui sont à terre.
Cette réalité, brutale mais réaliste, décrit une dérive bien réelle dans les médias sportifs. Certains chroniqueurs privilégient l’effet choc, quitte à insécuriser des milliers de partisans, simplement pour provoquer une réaction, un buzz, un segment plus écouté.
Et dans le cas présent, le résultat est alarmant : des gens croient maintenant, à tort, que le CF Montréal est condamné à déménager, simplement parce qu’un animateur vedette a confondu rumeur évoquée avec dossier en cours.
Même si Lajoie a réajusté son discours, le mal est fait. Le doute s’est installé. La perception que le CF Montréal est en sursis continue de circuler.
Et pendant ce temps, la MLS regarde ailleurs, Détroit s’organise, et le Stade Saputo demeure non conforme aux exigences du nouveau calendrier hivernal. Voilà pourquoi Lajoie a fait son extrapolation.
Joey Saputo, de son côté, ne nie pas ses frustrations. Il a reconnu dans une entrevue en italien qu’il avait « perdu la passion de travailler dans ce club-là » et qu’à Bologne, il était apprécié alors qu’à Montréal, il se sentait méprisé.
Il a même ajouté que, si les partisans n’acceptent pas la stratégie du club, ce sera bye-bye. On pourrait ajouter surtout que si les journalistes inventent que le club va déménager, cela devient destruxteur pour tous les employés, les joueurs et les amateurs qui gravitentn autour de cette équipe.
Jean-Charles Lajoie s’est peut-être trop approché du feu. En voulant sonner l’alarme, il a lancé une bombe. Mais cette fois, il a été forcé de recoller les morceaux.
Grâce à Nilton Jorge, la vérité a repris sa place, et l’influence a été ramenée à sa juste mesure.
Mais cette saga laisse un goût amer.
Elle rappelle que les mots ont un poids, que les journalistes ont une responsabilité, et que le CF Montréal n’a pas besoin de rumeurs d’enterrement pour souffrir. Il a besoin de soutien, de critique constructive, et d’espoir.
Et à l’avenir, espérons que ceux qui ont un micro se rappelleront que la panique vend… mais la vérité sauve.