Crise à Radio-Canada: cauchemar pour Louis Morissette et Jean-Phillipe Wauthier

Crise à Radio-Canada: cauchemar pour Louis Morissette et Jean-Phillipe Wauthier

Par David Garel le 2025-04-01

Jean-Philippe Wauthier ne sera pas au rendez-vous pour le lancement de la nouvelle saison de Bonsoir bonsoir! ce 7 avril sur ICI TÉLÉ.

L’animateur, figure emblématique de Radio-Canada depuis plus d’une décennie, est épuisé. Un épuisement professionnel sérieux, qui le contraint à s’éloigner des projecteurs, des micros, et des rires commandés du public en studio.

La raison se retrouve dans cet extrait vidéo: il ne s'est jamais remis du scandale avec Éric Duhaime:

Son retrait, annoncé à la hâte par Radio-Canada, a été maquillé dans des communiqués bienveillants. Mais derrière la façade de « compassion », se cache un malaise plus grand : Wauthier est le visage effondré d’un système médiatique qui craque de partout.

C’est Marie-Claude Barrette qui prendra temporairement la barre de Bonsoir bonsoir!, pendant que Jean-Sébastien Girard le remplace à l’animation de La journée (est encore jeune), émission qu’il partageait avec Olivier Niquet.

Wauthier est aussi coanimateur de Deux hommes en or et Rosalie, dont l’épisode final a déjà été enregistré. En clair, tout ce que Jean-Philippe Wauthier portait sur ses épaules vient de s’écrouler en même temps que lui.

Et il serait naïf de croire que cet épuisement est simplement le fruit d’un agenda trop chargé.

La vérité, c’est que Jean-Philippe Wauthier ne s’est jamais relevé du scandale qui a éclaté après son entrevue méprisante avec Éric Duhaime.

Ce jour-là, il a exposé toute l’arrogance de Radio-Canada, toute sa fermeture à la pensée divergente, toute sa volonté de ridiculiser quiconque ose s’opposer à son courant idéologique.

Dans cette entrevue virale, Wauthier coupait constamment Duhaime, refusait de le laisser développer ses idées, et adoptait ce ton supérieur si typique des journalistes de Radio-Canada, convaincus qu’ils détiennent seuls la vérité.

L’entrevue est devenue un symbole de l’intolérance médiatique. Et Wauthier, malgré sa façade détendue, n’a jamais pu gérer le contrecoup.

L’homme a craqué.

Jean-Philippe Wauthier est le produit parfait du système Radio-Canada. Animé, poli, engagé à gauche, urbain, adoré par les cercles montréalais du milieu culturel et médiatique, il incarne cette élite médiatique qui s’autoalimente dans un écosystème fermé.

Mais c’est précisément cette bulle qui est en train d’éclater.

Quand même Jean-Philippe Wauthier tombe en épuisement professionnel, c’est tout Radio-Canada qui chancelle. Car Wauthier n’est pas un cas isolé. Il est le symptôme visible d’un malaise plus large, d’une institution qui ne sait plus comment gérer le rejet croissant de la population.

On le voit depuis des mois. La chute de Radio-Canada Sports, annoncée dans l’indifférence glaciale du public, fut le premier domino.

Un service jadis central dans la vie sportive des Québécois, désormais réduit à quelques miettes, fusionné dans un service générique d’information. Les figures historiques comme Guy D’Aoust, Robert Frosi ou Diane Sauvé sont parties en silence. Radio-Canada les a sacrifiés sans émotion, sans plan clair pour l’avenir.

Puis vinrent les révélations sur les primes faramineuses accordées à des cadres, pendant que des centaines d’employés étaient congédiés. 

18,4 millions de dollars de bonis versés en pleine crise, dont 3,3 millions à 45 cadres. En moyenne, plus de 73 000 $ par tête de direction. Le tout payé par vous, par moi, par nos taxes.

Et pendant ce temps, on nous demande de payer encore plus pour accéder à des contenus sur VÉRO.TV, plateforme payante détenu par Louis Morissette (meilleur ami de Wauthier), hébergée sur ICI TOU.TV EXTRA.

Louis Morissette est dans l’eau chaude. Et cette fois, ni Véro, ni Radio-Canada, ni leurs cercles de bien-pensants ne pourront les sauver. 

Le pauvre nage en plein scandale depuis que VÉRO.TV, sa plateforme chouchou grassement subventionnée, facture des abonnements pour du contenu payé… par nos taxes.

Pendant ce temps, son grand complice et frère amical, s’effondre sous le poids de la critique populaire après avoir humilié Éric Duhaime en direct à la radio, incarnant à lui seul toute l’arrogance élitiste d’un média d’État en chute libre.

Deux figures d’un système médiatique fermé, grassement payé, et profondément déconnecté du peuple. Deux visages désormais liés à la lente et irréversible agonie de Radio-Canada.

Une honte, dénoncée à juste titre par Sophie Durocher, qui a utilisé une image percutante :

« C’est comme si vous achetiez un cornet de crème glacée, mais qu’on vous imposait des frais pour avoir le droit de le lécher. »

Radio-Canada n’est plus un service public au service du public. C’est devenu une forteresse idéologique, un royaume d’une pensée unique, défendue bec et ongles par une classe médiatique qui n’admet aucune contradiction.

La réaction à l’entrevue de Jean-Philippe Wauthier avec Éric Duhaime en est la preuve. Plutôt que de débattre, on ridiculise. Plutôt que d’écouter, on impose. Plutôt que d’informer, on milite.

Et le public, lui, n’en peut plus.

Le scandale Wauthier-Duhaime a été un point tournant. Pour des milliers de Québécois, ce fut la preuve irréfutable que Radio-Canada méprise ceux qui ne pensent pas comme elle.

Le tollé a été immense, viral. Et Wauthier, malgré le silence de ses patrons, a dû en subir les conséquences. Non pas publiquement. Mais intérieurement. En silence. Jusqu’à l’épuisement total.

Ce que nous voyons, ce ne sont pas de simples malaises personnels ou des restructurations administratives. Ce que nous vivons, c’est l’implosion d’un modèle médiatique entier.

Radio-Canada est en train de perdre sa légitimité. Cogeco est dans la tourmente. La Presse est déconnectée de la population. TVA est en faillite morale et bientôt structurelle.

Partout, les grands médias perdent leur influence. Pourquoi? Parce qu’ils ont coupé le lien avec le peuple. Ils se sont enfermés dans un entre-soi idéologique, où la diversité des opinions n’existe plus, où l’humour est militant, où l’actualité est filtrée à travers des grilles dogmatiques.

Et pendant ce temps, les médias alternatifs prennent le relais. Jeff Fillion, par exemple, que le système a longtemps tenté de ridiculiser, est aujourd’hui plus écouté que bien des animateurs du 98.5 FM. Éric Duhaime l’a dit lui-même :

« Sans des voix comme celles de Jeff Fillion, mon parti n’existerait même pas. »

Le public s’informe autrement. Il n’a plus confiance dans les grands médias. Il ne croit plus aux bulletins formatés, aux chroniques bien-pensantes, aux Bye Bye qui humilient les artistes avec arrogance.

Jean-Philippe Wauthier, en apparence, prend une pause pour raisons de santé. Mais en réalité, il est le miroir d’une industrie épuisée. 

Une industrie incapable de se remettre en question, trop arrogante pour reconnaître qu’elle a perdu le peuple, trop subventionnée pour craindre les conséquences.

Wauthier, c’est le visage fatigué d’une génération de communicateurs formatés pour plaire au même public restreint, celui des grands centres, des plateaux de télé, des cercles d’amis Twitter. Mais aujourd’hui, cette bulle éclate.

Et avec elle, c’est tout Radio-Canada qui s'effondre.

Lorsque Simon-Olivier Fecteau a lui aussi quitté sous pression, après un Bye Bye désastreux, la machine a tenté de maquiller son départ. Lui aussi a parlé de pression, de santé, d’un choix personnel. Mais le public savait très bien ce qui se tramait.

Radio-Canada fait tomber ses soldats un à un, sans jamais se remettre en question.

Mais à force de sacrifier ses visages, elle révèle au grand jour le pourrissement de sa structure.

Le départ de Fecteau.

L’effondrement de Wauthier.

La disparition de Radio-Canada Sports.

Les primes indécentes.

Le scandale VÉRO.TV.

La censure de contenu.

Le rejet de la pensée alternative.

Tout cela forme un portrait accablant d’une institution à bout de souffle.

Patrick Lagacé, Jean-Philippe Wauthier, les patrons de Radio-Canada, tous ont tenté de museler la parole publique. Tous ont tenté de réduire au silence ceux qui pensent autrement. Tous ont contribué à cette déconnexion avec la réalité.

Mais le peuple, lui, n’est pas épuisé. Il est en colère.

Il veut des médias qui l’écoutent, pas qui le méprisent. Il veut des journalistes qui posent des questions, pas qui imposent des dogmes. Il veut la vérité, pas la morale.

Et il commence à comprendre que le système actuel ne peut plus lui offrir ça.

Alors il se tourne ailleurs. Il tourne le dos à Radio-Canada.

Et Radio-Canada s’effondre, lentement, sous le poids de son propre aveuglement.