Crise à Brossard: Martin St-Louis enguirlande Arber Xhekaj devant tout le monde

Crise à Brossard: Martin St-Louis enguirlande Arber Xhekaj devant tout le monde

Par David Garel le 2026-03-09

La scène s’est produite pendant un exercice anodin à l’entraînement. Un exercice comme il s’en produit des dizaines chaque semaine.

Mais celui-là a immédiatement fait monter la tension sur la glace. Alex Newhook a subtilisé la rondelle à Arber Xhekaj en zone défensive, s’est échappé seul vers le filet et a glissé la rondelle entre les jambières du gardien. Un but dans un simple exercice… mais qui a immédiatement déclenché la colère de Martin St-Louis.

L’entraîneur-chef n’a même pas attendu que le jeu suivant commence. Bras ouverts, regard incrédule, il s’est tourné vers Xhekaj et vers les joueurs impliqués dans la séquence comme pour demander : comment une erreur comme celle-là peut encore arriver à ce moment de l’année?

Un seul mot semblait sortir de sa bouche : « How? ».

Comment un attaquant peut-il partir seul en échappée à partir de la zone défensive dans un exercice censé simuler une situation contrôlée? Sur la glace, tout le monde a compris que l’entraîneur ne parlait pas seulement de cette séquence. Il parlait d’un problème plus large qui le hante depuis plusieurs semaines.

Sur la glace, le malaise était évident. Le but de Newhook n’était pas célébré. Personne ne riait. Tout le monde savait que St-Louis venait de perdre patience devant une erreur qui résume exactement ce qui le frustre depuis des semaines : les mauvaises lectures et les problèmes de communication défensive.

Xhekaj lui-même a admis après l’exercice que la séquence venait d’un malentendu avec Nick Suzuki. Il croyait qu’un attaquant allait couvrir la bande et s’est avancé, laissant une ouverture que Newhook a exploitée immédiatement.

Mais pour St-Louis, ce genre d’explication ne passe plus. À ce stade de la saison, chaque erreur de communication devient inacceptable.

L’équipe joue beaucoup de matchs dans un calendrier infernal, et l’entraîneur sait que les séries ne se gagneront pas avec des décisions improvisées en zone neutre ou en zone défensive.

Parce que derrière cette engueulade se cache une inquiétude beaucoup plus profonde. Malgré une séquence récente positive au classement, St-Louis est convaincu que son équipe donne trop d’occasions faciles à l’adversaire.

Trop de revirements. Trop de tentatives risquées à la ligne bleue. Trop de jeux est-ouest alors que l’adversaire est déjà en place.

Selon lui, ce n’est même pas une question de structure. C’est une question de mentalité. Les joueurs doivent apprendre à être plus « têtus » défensivement, à refuser les jeux dangereux et à accepter parfois de simplifier le hockey.

Et c’est précisément dans ce genre de contexte que la relation déjà fragile entre St-Louis et Xhekaj devient encore plus visible.

Depuis des mois, l’entraîneur envoie le même message : il a besoin de défenseurs fiables, capables de prendre les bonnes décisions sous pression.

Chaque erreur devient donc amplifiée, surtout lorsqu’elle se produit devant tout le groupe à l’entraînement. La scène de cette échappée de Newhook n’était pas seulement un détail technique. Elle a exposé, en quelques secondes, la raison pour laquelle St-Louis hésite encore à faire confiance à son défenseur.

Sur une glace d’entraînement habituellement calme, l’épisode a laissé un silence lourd. Les exercices ont repris, mais tout le monde avait compris le message.

À ce moment de l’année, l’entraîneur n’a plus la patience des mois d’octobre ou de novembre. Les matchs se multiplient, les erreurs coûtent cher et chaque joueur doit prouver qu’il peut être utilisé sans risque.

Et quand un coach explose devant tout le monde pour une simple séquence d’entraînement, ce n’est jamais seulement pour l’erreur elle-même.

C’est parce que cette erreur représente exactement ce qu’il ne veut plus voir.