Jakub Dobeš est en train de s’imposer comme le numéro un des Canadiens de Montréal. Sur la glace, il livre. Il gagne des matchs. Il donne une chance à son équipe chaque soir. Mais en dehors de la patinoire, une autre réalité commence à prendre de la place… et elle dérange.
Parce que Dobeš parle. Et parfois, il parle trop.
Et là, ce n’est plus juste une impression. Ce n’est plus juste un malaise isolé. C’est devenu un sujet discuté ouvertement dans les médias, notamment à Radio-Canada, où Marc Antoine Godin et Martin Leclerc ont mis des mots très clairs sur la situation : la théorie de la santé mentale ne tient pas. Ce n’est pas ça, le cœur du problème.
Le vrai problème, c’est ce qu’il dit.
Et surtout, l’impact de ce qu’il dit.
Depuis plusieurs mois, Dobeš s’est fait taper sur les doigts à répétition. Pas une fois. Pas deux fois. Plusieurs fois. Parce que ses déclarations ont dérangé. À l’interne, oui. Mais aussi dans le vestiaire.
Et tout a culminé avec l’épisode des Islanders.
Quand il a affirmé qu’un joueur avait tenu des propos “inacceptables” sans jamais préciser de quel côté ça venait, il a créé un flou. Un flou qui a immédiatement retombé sur ses propres coéquipiers. Parce que dans ce genre de situation, si tu ne nommes pas, tu laisses planer le doute… et tu exposes tout le monde.
dobeš on the chirping during the game vs the the isles: “there was something that one player said on the other team that probably shouldn’t be said. i just told the referees, ‘please be careful, this stuff doesn’t belong to the game.’ and i told him, ‘hey, don’t act like that.’” pic.twitter.com/37uHIEhLuT
— ¹⁴ eliza (@suzukicult) March 23, 2026
Selon Martin Leclerc, c’est exactement ça qui a été la goutte de trop.
Le moment où l’organisation a compris que ça ne pouvait plus continuer comme ça, pas en pleine course aux séries.
Parce que ce genre de sortie-là, ça ne reste jamais anodin dans une chambre. Ça force des joueurs à répondre à des questions inutiles. Ça crée du bruit autour de l’équipe. Et ça donne une image qui ne correspond pas nécessairement à ce que le groupe veut projeter.
Et c’est là que la décision a été prise.
Pause médiatique.
Pas pour le punir. Pas pour le cacher gratuitement. Mais pour éviter une autre situation du même genre. Pour protéger le groupe. Et oui, aussi, pour le protéger lui.
Parce que Dobeš, c’est un gardien qui joue avec ses émotions. Et ça, c’est une force sur la glace. Mais devant un micro, ça peut devenir une faiblesse.
On l’a vu à plusieurs reprises cette saison.
On l’a vu quand il a parlé de Laval.
On l’a vu quand il a parlé de Martin St-Louis.
On l’a vu après certains matchs, à chaud, sans filtre.
Et chaque fois, ça a laissé des traces.
Alors aujourd’hui, il prend un pas de recul.
Et c’est lui aussi, semble-t-il, qui a accepté — voire demandé — ce recul-là, conscient que ça commençait à lui nuire.
Parce qu’au final, Dobeš n’est pas en train de perdre la confiance de son équipe sur la glace.
Il est en train d’apprendre ce que ça veut dire être un numéro un dans un marché comme Montréal.
Et ça ne se joue pas seulement dans le filet.
Ça se joue dans chaque mot.
Parce qu’un gardien numéro un, surtout à Montréal, ce n’est pas seulement quelqu’un qui arrête des rondelles.
C’est quelqu’un qui comprend quand parler.
Et surtout… quand se taire.
