Personne n’aurait vraiment pu écrire ce scénario avant le camp des recrues des Remparts de Québec.
Simon Gagné avait pourtant une décision particulièrement délicate entre les mains… et il a choisi de faire exactement ce qu’on n’aurait peut-être pas osé faire à sa place.
Le fils du directeur général des Remparts, Matthew Gagné, ne fera finalement pas partie de la formation pour amorcer la saison 2026-2027.
Le jeune attaquant de 17 ans a été retranché avant même le début du camp principal, au même titre que 13 autres joueurs qui devront poursuivre leur chemin ailleurs.
Pour un joueur comme Matthew, cette décision prend évidemment une dimension complètement différente.

Avant le camp, le jeune homme avait justement expliqué qu’il voulait se débarrasser de cette fameuse étiquette de « fils du patron ».
Le message avait été très clair dans sa tête. À la maison, Simon Gagné demeurait son père. À l’aréna, son rôle changeait complètement.
« On a mis ça au clair : à la maison, c’est mon papa, mais à l’aréna, c’est mon DG », avait expliqué Matthew Gagné.
Difficile de trouver une meilleure façon de résumer la situation.
Le jeune attaquant voulait être évalué comme n’importe quel autre joueur, sans passe-droit et sans traitement particulier.
Simon Gagné avait donc une décision à prendre lorsque le moment des coupures est arrivé… et son propre fils s’est retrouvé du mauvais côté de la ligne.
Matthew Gagné avait été sélectionné en 12e ronde par les Remparts lors du dernier repêchage de la LHJMQ.
La saison précédente, il avait connu une campagne intéressante avec l’Académie St-Louis, amassant 24 points en 32 rencontres avec la formation M18 de première division du RSEQ.
À 6 pieds 2 pouces et 174 livres, le jeune attaquant possède aussi un gabarit qui laisse certainement de la place au développement.
Mais à 17 ans, être un choix de 12e ronde et produire au niveau scolaire ne garantit évidemment pas une place dans une formation de la LHJMQ.
Le camp devait justement servir à déterminer quels joueurs avaient gagné leur poste. Cette fois, le nom de Gagné ne faisait pas partie de ceux qui poursuivraient l’aventure avec les Remparts.
La situation est encore plus intéressante lorsqu’on se rappelle que Matthew avait passé une partie de l’été à s’entraîner avec Maddox Dagenais, l’un des grands espoirs offensifs de Québec.
Dagenais, sélectionné au premier tour du repêchage de la LNH par les Blues de St. Louis, sera encore une fois appelé à jouer un rôle majeur avec les Remparts.
Autrement dit, Matthew Gagné avait côtoyé un joueur qui représente déjà une pièce importante de l’avenir de la formation de Québec.
Le jeune avait donc pu travailler dans un environnement de haut niveau, mais cela n’aura pas suffi à convaincre l’organisation de lui donner une place simplement en raison de son nom de famille.
C’est probablement ce qui rend la décision de Simon Gagné aussi particulière. Le directeur général aurait pu être accusé de favoritisme s’il avait gardé son fils malgré une performance insuffisante.
Il aurait aussi pu être accusé du contraire s’il l’avait retranché uniquement pour démontrer qu’il n’accordait aucun privilège à son enfant.
Cette fois, le choix appartient à l’évaluation sportive de l’organisation, et le résultat est assez clair : Matthew Gagné poursuivra son développement avec les Cougars de Champlain-Lennoxville en première division collégiale pour la saison 2026-2027.
Le plus ironique dans toute cette histoire, c’est peut-être que Matthew lui-même avait demandé exactement ça. Il voulait être traité comme un joueur, pas comme le fils du DG.
Son père lui a accordé ce traitement… jusqu’au bout.
Pour Simon Gagné, le plus difficile reste probablement à venir.
Chaque décision concernant Matthew sera scrutée différemment, qu’il soit rappelé dans quelques mois, qu’il domine au niveau collégial ou qu’il ne revienne tout simplement jamais dans l’organisation.
Le nom Gagné attirera toujours l’attention à Québec.
Mais cette fois, le message est difficile à manquer : pour obtenir une place chez les Remparts, même le fils du patron doit la mériter.
Ouch…
