Il faut le dire comme c’est : Martin St-Louis vient de réussir un coup de maître… en relations publiques.
Parce que pendant des mois, le dossier Arber Xhekaj lui collait à la peau. Chaque fois qu’il le laissait de côté, c’était une tempête. Chaque décision devenait un débat. Chaque match sans le “Shérif” déclenchait une vague de critiques.
Et là, soudainement, tout disparaît.
Pourquoi?
Parce qu’il a trouvé la parade parfaite.
Il ne le sort pas.
Il ne l’humilie pas ouvertement.
Il le fait jouer.
Mais il le fait jouer… cinq minutes à l’attaque.
Arber Xhekaj is playing... forward!? 😲 pic.twitter.com/7JKzT2PhER
— TSN (@TSN_Sports) March 29, 2026
Et tout le monde capote. Même le vestiaire qui lui a donné la fourrure du match. Et il se trouve que Struble était celui qui devait lui remettre, ayant été choisi comme homme du match la veille à Nashville.
The Habs vibes are absolutely immaculate right now 😎
— /r/Habs (@HabsOnReddit) March 30, 2026
pic.twitter.com/HkdVEkpijQ
C’est presque brillant.
Le gars qui l'a tassé comme 6e défenseur... qui vient le féliciter comme un champion...
La réalité est cachée.
Pendant que le Canadien signe une cinquième victoire de suite, pendant que l’équipe “vole” deux points en Caroline, Xhekaj n'est qu'un mirage.
“Ils ont joué un plus gros nombre de bonnes minutes que nous, mais on a été opportunistes”, admet St-Louis.
Toute l’attention se déplace ailleurs. Plus sur son utilisation à la ligne bleue. Plus sur la perte de confiance. Non. Sur une curiosité.
Xhekaj attaquant.
Et dans ce théâtre-là, tout le monde joue son rôle.
Xhekaj, le premier.
“J’étais juste content de retrouver l’action”, dit-il.
“À ma première année junior, j’ai joué 20 ou 30 matchs à l’attaque, mais je ne jouais pas beaucoup cette année-là. Donc ça faisait un bon moment que je n’avais pas joué à l’avant.”
“J’étais juste excité de retourner jouer avec les gars. Je suis dans les estrades, je les regarde se battre à chaque soir, et j’ai juste envie d’être là avec eux. J’avais beaucoup d’énergie, ils m’encourageaient, ils me mettaient en confiance.”
“J’ai juste essayé de jouer simple, sortir les rondelles, être physique, aller au filet quand je pouvais. C’est une patinoire difficile, ils ont commencé très fort en première période, j’ai eu quelques présences plus difficiles, mais j’ai réussi à passer à travers et continuer à jouer.”
“Je sais que nos défenseurs jouent vraiment bien en ce moment, alors je peux aider avec l’aspect physique et un alignement plus gros".
Mais son visage disait tout: il était dégoûté (à 6:33 de la vidéo):
Écoutez les disponibilités médias suivant le match de ce soir contre la Caroline
— Canadiens Montréal (@CanadiensMTL) March 29, 2026
Tune in now to live postgame media ops following tonight’s game against the Hurricanes#GoHabsGo https://t.co/nP78QCsycU
Il parle comme un gars reconnaissant. Comme un joueur qui accepte. Comme quelqu’un qui ne veut pas faire de vagues.
Mais entre les lignes, la réalité est brutale. Surtout quand on voit son entrevue malaisante à RDS, où tout le monde voit à quel point il se sent ridiculisé de jouer à l'avant:
« Ça fait bizarre un peu! »😅- l'ailier gauche, Arber Xhekaj! pic.twitter.com/XIUP0ZOkLi
— RDS (@RDSca) March 29, 2026
Cinq minutes onze.
Le plus bas total de toute l’équipe.
Et pourtant, on tente de vendre ça comme une réussite.
St-Louis en remet même une couche :
“Il a bien fait ça… il nous a donné de bonnes présences.”
“Il est allé en échec avant, il a donné des mises en échec.”
“J’apprécie qu’il soit capable de faire ça et j’ai confiance qu’il est capable de nous donner de bonnes minutes s’il doit jouer en avant.”
Traduction : je peux l’utiliser ailleurs.
Et surtout : je n’ai plus besoin de lui en défense.
Parce que la vraie phrase est ailleurs.
“Je ne voulais pas toucher à ma brigade défensive.”
Voilà.
Tout est là.
Ce n’est pas une expérience.
Ce n’est pas un test.
C’est une confirmation.
Pendant que le groupe gagne, pendant que Jakub Dobeš est en feu, pendant que le noyau offensif produit, St-Louis a réglé son problème sans créer de crise.
Et pendant que certains s’amusent à imaginer Xhekaj comme ailier robuste pour les séries, lui avance tranquillement son plan. Sans bruit. Sans confrontation.
Le plus fascinant, c’est que ça fonctionne.
Le Québec ne crie plus.
Les débats se sont calmés.
La pression est tombée.
Parce qu’au lieu de retirer Xhekaj… il l’a déplacé.
Et dans la LNH, parfois, la meilleure façon d’éliminer un problème… ce n’est pas de le confronter.
C’est de le faire disparaître autrement.
