Le 1er juillet dernier, peu de gens auraient osé miser gros sur Logan Mailloux. Étiqueté comme un projet incertain par le Canadien de Montréal, relégué à Laval pendant que d’autres défenseurs volaient la vedette, il a finalement été sacrifié dans une transaction qui, à première vue, semblait sans grand éclat pour lui et comme un coup de circuit pour Montréal : Zachary Bolduc contre Logan Mailloux.
Mais voilà qu’à la veille de la saison 2025-2026, c’est toute la ville de Saint-Louis qui est en train de basculer dans le camp du flamboyant défenseur.
Et non, son arrogance, sa “cockiness”, n’a pas été un frein. Au contraire.
Ce qui était considéré comme un défaut à Montréal est aujourd’hui perçu comme un moteur, une forme de confiance contagieuse. Et Jim Montgomery, nouvel entraîneur-chef des Blues, n’a pas mis de gants blancs pour justifier son choix.
« On n’aurait pas échangé Zachary Bolduc pour un gars qu’on ne voit pas sur notre top 6 cette saison. »
Ce sont les mots de Montgomery, lors de son entrevue avec Louis Jean au 98,5 FM. Des mots lourds de sens. Il n’a pas seulement confirmé la présence de Mailloux dans la LNH. Il a verrouillé sa place dans l’alignement principal. Et pas n’importe où : dans le top 4 défensif... et sur l'avantage numérique...
Selon plusieurs médias de Saint-Louis, du Post-Dispatch à The Athletic, en passant par les insiders locaux, l’alignement des Blues est désormais clair.
Mailloux jouera aux côtés de Philip Broberg sur la deuxième paire, derrière le duo de vétérans Fowler-Parayko, et devant Tucker-Faulk. Un rôle important. Une pression immédiate.
Mais ce n’est pas tout : le nom de Mailloux circule aussi pour l’unité de l’avantage numérique. Certains insiders affirment qu’il pourrait même doubler Cam Fowler et intégrer la première vague, avec Robert Thomas, Dylan Holloway, Pavel Buchnevich et Jimmy Snuggerud.
Une unité redoutable, où Mailloux serait appelé à distribuer la rondelle et à décocher ses bombes de la ligne bleue.
Pour un jeune qui a encore tout à prouver défensivement, c’est un pari audacieux. Mais les Blues semblent croire en son développement.
À Saint-Louis, on ne s’énerve pas avec les “détails” défensifs. On veut du punch, de l’audace, du caractère. Et ça, Mailloux en déborde.
Logan Mailloux ne s’est jamais caché : il se considère meilleur que plusieurs vedettes de la LNH.
Dès son arrivée à Saint‑Louis, Logan Mailloux a affiché une assurance peu commune. À ceux qui osaient le comparer à Evan Bouchard, défenseur vedette à Edmonton, il a été cinglant. Il a simplement haussé les épaules, bombé le torse, et répondu :
« Pour être franc, je ne vois pas vraiment de similarités entre lui et moi. J’aime la manière dont il lance la rondelle… il manœuvre bien à la ligne bleue… Mais je ne dirais pas qu’il me ressemble comme joueur. »
Et pour ceux qui insistaient, il a immédiatement précisé :
« J’ai toujours préféré me comparer à Alex Pietrangelo, ou même à John Carlson. J’aime jouer avec du mordant, avec de la hargne. Je pense que c’est important. »
Ces déclarations, loin d’être de simples provocations, commencent à porter leurs fruits. À Saint‑Louis, on aime son style (arrogant, violent, passionné), exactement ce que la ville réclame depuis la fin de l’ère Pietrangelo. Et ce ton, il l’assume entièrement.
« J’ai toujours été un gars qui croit en lui. Si t’as pas confiance en toi dans cette ligue-là, tu vas te faire écraser. « Je suis venu ici pour jouer, pas pour attendre mon tour. »
Cette citation, Mailloux l’a répétée plusieurs fois. Ce ton, cette confiance parfois déconcertante, ont longtemps été mal vus à Montréal. Mais à Saint-Louis, on applaudit.
L’alignement projeté des Blues pour le début de saison est en train de secouer bien des choses dans le vestiaire :
Attaque :
Pavel Buchnevich – Robert Thomas – Jimmy Snuggerud
Dylan Holloway – Pius Suter – Jordan Kyrou
Jake Neighbours – Brayden Schenn – Oskar Sundqvist
Alexei Toropchenko – Nick Bjugstad – Nathan Walker
Défense :
Cam Fowler – Colton Parayko
Philip Broberg – Logan Mailloux
Tyler Tucker – Justin Faulk
Gardien :
Jordan Binnington
Les surprises? Jordan Kyrou relégué au deuxième trio. Cam Fowler menacé sur la première unité du powerplay. Et surtout : Mailloux solidement ancré dans le top 4. Même les plus sceptiques à Saint-Louis doivent admettre que le pari du DG est en train de porter fruit.
Dans l’ombre de cette montée fulgurante de Mailloux, il y a le départ de Zachary Bolduc, qui continue de faire couler beaucoup d’encre. Lors du tournoi de golf de Jonathan Huberdeau, Mathieu Joseph a accepté de commenter la transaction. Et bien qu’il ait tenté de protéger son DG, ses mots en disent long :
« C’est un bon kid. Il travaille fort. Il aime vraiment le hockey. C’est un pur marqueur. Il a un lancé élite. Je comprends pas trop qu’on se soit débarrassé d’un potentiel comme ça, mais bon… c’est le business. »
Joseph a été très élogieux envers Bolduc, allant jusqu’à dire qu'il était comme un frère pour lui.
« On a passé beaucoup de temps ensemble. Ça m’a fait un petit coup qu’il parte, évidemment. »
Le vestiaire des Blues a visiblement été ébranlé par le départ de Bolduc, mais on comprend aussi que la direction mise tout sur Mailloux. Et jusqu’ici, la stratégie tient la route.
On peut imaginer la scène. Logan Mailloux, assis devant son téléphone, regarde l’entrevue de Jim Montgomery qui affirme publiquement qu’il fait partie du top 4.
Lui qui a entendu Martin St-Louis le qualifier à micro fermé de « pas assez fiable pour la LNH ».
Aujourd’hui, c’est son moment. Il a le numéro de Michael Jordan (23) sur le dos. Il est protégé par Broberg. Il est possiblement en route vers la première unité de powerplay. Et il vient de recevoir le plus beau cadeau d’un entraîneur : la confiance inébranlable.
« Pour nous, Logan Mailloux est un gars de la LNH. »
Oui, Montréal a mis la main sur un joueur local en Bolduc. Oui, ce dernier pourrait faire le bonheur du CH dans un rôle secondaire, voire de top 6 à moyen terme.
Mais à Saint-Louis, Logan Mailloux est en train de devenir l’histoire. Un conte de fierté. De résilience. De confiance, même arrogante. Et pour la première fois de sa carrière, on ne lui demande pas de changer. On lui demande d’assumer pleinement ce qu’il est.
Logan Mailloux ne sera peut-être jamais un défenseur parfait. Mais il sera, en 2025-2026, un défenseur régulier dans la LNH.
Et dans un vestiaire où les caméras vont tourner vers Snuggerud, Thomas, Kyrou et compagnie, il pourrait bien voler la vedette.
Parce qu’au fond, il avait raison d’y croire.