Coup de circuit à Montréal: la signature de l'année crée la commotion

Coup de circuit à Montréal: la signature de l'année crée la commotion

David Garel
Le 2026-07-01

La plus grosse signature de la journée: Kent Hughes fait taire les critiques

Toute la planète hockey avait les yeux rivés sur l’ouverture du marché des joueurs autonomes.

On s’attendait à voir les contrats faramineux pleuvoir de partout. Des signatures à 12, 13 ou même 14 millions de dollars par saison. Comme à chaque 1er juillet, les directeurs généraux étaient prêts à lancer des montagnes d’argent pour améliorer leur équipe.

Et pourtant…

Le plus gros coup de la journée n’est peut-être pas une signature sur le marché des joueurs autonomes.

Il est survenu à Montréal.

Kent Hughes vient probablement de réaliser la meilleure signature de toute cette journée du 1er juillet en accordant à Ivan Demidov un contrat de huit ans d’une valeur annuelle de 9,15 millions de dollars.

Plus les chiffres circulent, plus on comprend à quel point cette entente est exceptionnelle. (tous les détails du contrat se retrouvent plus loin dans l'article)

Aujourd’hui, avec ce contrat, Demidov devient seulement le 26e attaquant le mieux payé de toute la LNH.

De quoi nous donner des frissons dans le dos.

Suzuki : 55e

Caufield : 56e

Slafkovsky: 63e

Dobson : 9e défenseur

Hutson : 16e défenseur

Matheson : 55e défenseur

Guhle : 62e défenseur

Pincez-nous quelqu'un.

C’est complètement fou.

Encore plus lorsqu’on regarde le marché actuel.

Les salaires explosent.

Des contrats de 12 millions de dollars deviennent presque la norme pour les joueurs d’impact.

Jason Robertson réclame un contrat qui pourrait atteindre 14 ou 15 millions de dollars par saison.

Bowen Byram vient complètement de faire sauter le marché des défenseurs à 12,5 M$ par année sur 10 ans.

Et malgré cette inflation spectaculaire, Kent Hughes réussit à conserver Demidov sous la barre des 10 millions de dollars par année.

Tout ça grâce aux bonus de signature:

2027-2028 : bonus à la signature de 11,5 M$ + salaire de 1 M$

2028-2029 : bonus à la signature de 11,5 M$ + salaire de 1 M$

2029-2030 : bonus à la signature de 9,5 M$ + salaire de 1 M$

2030-2031 : bonus à la signature de 6,7 M$ + salaire de 1 M$

2031-2032 : bonus à la signature de 6,3 M$ + salaire de 1,2 M$

2032-2033 : bonus à la signature de 6,3 M$ + salaire de 1,2 M$

2033-2034 : bonus à la signature de 5,8 M$ + salaire de 1,7 M$

2034-2035 : salaire de 7,5 M$

Au total, 57,6 millions de dollars seront versés en bonus à la signature.

C’est un véritable tour de force.

Avec la prochaine convention collective, qui entrera en vigueur le 16 septembre, une telle entente n’aurait tout simplement plus été possible. Les bonis à la signature seront désormais plafonnés à 60 % de la valeur totale d’un contrat, alors qu’un joueur comme Ivan Demidov n’aurait pu signer qu’une entente maximale de sept ans au lieu de huit.

Le Canadien a donc profité de la dernière fenêtre disponible pour conclure un contrat selon les anciennes règles. Après que Lane Hutson eut établi un record avec 55 millions de dollars en bonis à la signature pour un futur joueur autonome avec compensation, Demidov vient déjà de le surpasser avec 58 millions de dollars en bonis.

C’est aussi une démonstration de la puissance financière du Canadien. Grâce à Geoff Molson, l’organisation peut se permettre de verser d’importants montants dès la signature du contrat.

Cette stratégie rend les ententes plus attrayantes pour les joueurs tout en aidant à maintenir une valeur annuelle moyenne plus avantageuse sur la masse salariale. C’est un outil que peu d’équipes de la LNH peuvent utiliser avec autant de flexibilité.

Pendant des mois, certains reprochaient au directeur général du Canadien d’être trop prudent.

D’être obsédé par sa structure salariale.

De toujours vouloir négocier jusqu’au dernier dollar.

Aujourd’hui, cette patience rapporte énormément.

Parce qu’il ne faut pas seulement regarder Demidov.

Il faut regarder l’ensemble du noyau du Canadien.

Nick Suzuki.

Cole Caufield.

Juraj Slafkovsky.

Lane Hutson.

Noah Dobson.

Et maintenant Ivan Demidov.

Kent Hughes est en train de bâtir le cœur de son équipe tout en gardant chacun de ses joueurs vedettes sous un seuil qui permettra encore au Canadien d’ajouter d’autres morceaux importants dans les prochaines années.

Et c’est probablement le détail qui impressionne le plus lorsqu’on regarde plus loin que l’émotion du moment.

Selon les calculs qui circulent déjà dans le milieu, même après la signature de Demidov, le Canadien disposerait encore d’environ 44,8 millions de dollars d’espace salarial pour l’été 2027 avec seulement quelques dossiers secondaires à régler, notamment Alex Newhook, Oliver Kapanen, Jayden Struble et Jakub Dobes.

Plus impressionnant encore… plusieurs vétérans importants comme Josh Anderson, Phil Danault et Samuel Montembeault arriveront éventuellement au bout de leurs ententes, ce qui laisse encore énormément de marge de manœuvre.

Autrement dit, Kent Hughes vient de verrouiller sa future superstar sans sacrifier sa capacité de continuer à bâtir autour de lui.

Et soudainement, ce contrat devient encore plus inquiétant pour le reste de la Ligue nationale.

C’est exactement ce que les meilleures organisations de la LNH tentent de faire.

Verrouiller leurs supervedettes avant que le marché explose complètement.

Et c’est exactement ce que Montréal vient d’accomplir.

Dans quelques années, lorsque le plafond salarial continuera de grimper et que les contrats de 14 ou 15 millions de dollars deviendront encore plus fréquents, cette entente de 9,125 millions pourrait ressembler à l’une des plus grandes aubaines de toute la Ligue nationale.

Kent Hughes vient peut-être de réussir la plus importante signature de cette journée des agents libres.

Pas la plus spectaculaire.

Pas la plus chère.

La plus intelligente.

Et aujourd’hui, il vient de faire taire bien des critiques.

Wow...