Vladimir Tarasenko est en train de perdre son bras de fer avec le Canadien de Montréal.
Il y a quelques semaines à peine, le clan du Russe croyait encore qu’un contrat de deux saisons représentait le strict minimum.
Après tout, on parle d’un double champion de la Coupe Stanley. D’un marqueur de plus de 300 buts dans la LNH. D’un vétéran qui vient quand même de connaître une saison de 23 buts et 47 points en 75 matchs, malgré une utilisation limitée sur l’avantage numérique.
Sur papier, Vladimir Tarasenko croyait avoir toutes les cartes en main.
Aujourd’hui?
La réalité du marché est beaucoup plus cruelle.
Plus les jours passent, plus une évidence saute aux yeux : les équipes ne se bousculent pas pour lui offrir les deux années qu’il réclame.
Et Kent Hughes l’a parfaitement compris.
Le directeur général du Canadien n’a absolument aucune raison de négocier contre lui-même.
Pourquoi offrir deux ans à un joueur de 34 ans lorsque le marché lui en refuse un?
Pourquoi lui garantir près de cinq millions de dollars par saison si aucune autre organisation n’est prête à le faire?
Selon ce qui circule, Montréal maintient une approche extrêmement disciplinée.
On parle d’une offre qui tournerait autour d’un an et d’un salaire situé entre 3,5 et 4 millions de dollars.
Une proposition très loin des attentes initiales du clan Tarasenko.
Le DG montréalais sait que chaque journée qui passe fait tranquillement diminuer le pouvoir de négociation du vétéran russe.
Au début du marché des joueurs autonomes, Tarasenko pouvait encore espérer une guerre d’enchères.
Aujourd’hui?
Cette guerre n’existe tout simplement pas.
Le téléphone ne sonne pas comme prévu.
Les équipes qui avaient besoin d’un ailier offensif ont déjà réglé leurs dossiers. D’autres préfèrent offrir des contrats à des joueurs plus jeunes. Certaines organisations n’ont plus l’espace nécessaire sous le plafond salarial.
Pendant ce temps, Tarasenko demeure toujours sans contrat.
Kent Hughes observe tout cela avec beaucoup de patience.
C’est exactement le type de négociation qu’il affectionne.
Depuis son arrivée à Montréal, il a démontré qu’il refuse presque systématiquement de surpayer lorsqu’il sent que le marché joue en sa faveur.
Il attend.
Il laisse le temps faire son travail.
Et plus le calendrier avance, plus il devient convaincu que Tarasenko devra éventuellement revoir ses exigences à la baisse.
Il faut dire que le Canadien négocie aussi en position de force.
Contrairement à plusieurs équipes, Montréal n’est pas désespéré.
Oui, le CH aimerait ajouter un ailier capable d’évoluer dans le top-6.
Oui, Tarasenko représente un excellent complément pour Ivan Demidov grâce à son tir, son expérience et son intelligence offensive.
Mais Kent Hughes ne sacrifiera jamais sa flexibilité financière simplement parce qu’un nom prestigieux est encore disponible.
En ce moment, le Canadien dispose d’environ 9,8 millions de dollars d’espace sous la masse salariale. Même en offrant à Tarasenko un contrat d’un an entre 3,5 et 4 millions de dollars, le CH conserverait encore près de 6 millions de dollars de marge.
Pourquoi compromettre cette flexibilité en cédant aux exigences d’un vétéran de 34 ans qui n’a pratiquement plus de marché? Tant que Tarasenko demeure sans contrat, le rapport de force continue de basculer vers Montréal.
Le dossier Zachary Bolduc demeure à régler.
Celui d’Arber Xhekaj également.
Le Canadien veut conserver suffisamment d’espace sous le plafond salarial pour demeurer actif si une transaction importante se présente d’ici le début de la saison.
Voilà pourquoi chaque dollar compte.
À Montréal, Tarasenko ne serait plus la vedette.
Cette époque est terminée.
Il viendrait compléter un noyau déjà construit autour de Nick Suzuki, Cole Caufield, Juraj Slafkovsky et Ivan Demidov.
Son rôle serait clair : produire offensivement, encadrer les jeunes Russes de l’organisation et apporter son immense expérience des séries éliminatoires.
Un rôle important.
Mais jamais un rôle qui justifie nécessairement un contrat de deux ans à près de cinq millions de dollars par saison.
Si Tarasenko avait réellement un marché aussi fort que certains le prétendaient au début de l’été…
Il aurait déjà signé.
Kent Hughes joue donc une partie de poker.
Il mise sur le temps... et la patience...
Il mise surtout sur le fait que Vladimir Tarasenko finira par comprendre qu’il n’obtiendra probablement jamais le contrat qu’il espérait en ouvrant le marché des joueurs autonomes.
Et si ce moment arrive…
Le Canadien sera déjà assis à la table.
Avec une offre prête.
Un an.
Entre 3,5 et 4 millions de dollars.
À prendre… ou à laisser.
C’est une stratégie froide.
Une stratégie calculée.
Jusqu’à maintenant, tout indique que le marché est en train de donner raison à Kent Hughes.
Tarasenko va payer cher de sa poche.
