Congédiement toxique: Samuel Montembeault veut s'enfuir de la controverse

Congédiement toxique: Samuel Montembeault veut s'enfuir de la controverse

Par David Garel le 2026-01-29

Le Canadien lance l’opération “sauver Montembeault”, mais la vraie histoire, elle, reste dans l’ombre

Depuis l’annonce du congédiement d’Éric Raymond, c’est un ballet parfaitement coordonné que l’on observe à Montréal.

Une opération de relations publiques, montée en urgence par le Canadien pour éviter que le nom de Samuel Montembeault ne se retrouve au centre du feu.

Dans les heures qui ont suivi, un message a circulé avec une rapidité troublante. Et devine qui l’a porté ?

Renaud Lavoie, sur les ondes de BPM Sports :

« Samuel était sous le choc. Il était shakée. Ce n’est pas lui qui a manigancé quoi que ce soit en coulisses. »

Voilà. Tout était dit.

Comme si l’organisation voulait absolument contrôler le récit avant même que les questions ne fusent.

Parce que depuis des semaines, les bruits couraient.

Les rumeurs de comportement toxique, les tensions dans le vestiaire, les vidéos où Raymond semblait paniquer devant Dobeš, les joueurs qui ne répondaient plus, les gardiens qui marchaient sur des œufs…

Tout cela existait, tout cela se disait.

Et tout cela pointait dans une direction : la relation Raymond-Montembeault n’était plus fonctionnelle.

Alors pourquoi cette insistance, presque maladive, pour répéter que Montembeault n’est pas dans le coup ?

Pourquoi cette volonté de le présenter comme une victime tremblante, prise de court, « sous le choc » ?

Parce que Montréal connaît son marché.

Parce que ce club sait très bien que, lorsque l’on congédie un entraîneur des gardiens, le soupçon inévitable se déplace vers le gardien numéro un.

Et aujourd’hui, Montembeault n’a ni les résultats, ni la stature, ni la confiance populaire pour encaisser ce genre d’association.

Il affiche un taux d’efficacité de ,869, parmi les pires de la LNH.

Il n’a pas volé un match depuis des mois.

Il est nerveux, ébranlé, hésitant, et les performances de Dobeš, elles, montent la pression à chaque soir.

Alors oui, le Canadien a paniqué.

Oui, le Canadien a décidé d’éteindre l’incendie avant qu’il ne brûle le peu de confiance qu’il reste au Québécois.

La version officielle : Montembeault adorait Raymond

La version réelle : Éric Raymond avait un comportement tellement toxique avec ses gardiens.

Le récit que l’organisation tente d’imposer est clair :

Montembeault et Raymond avaient une « très bonne relation ».

Montembeault ne voulait pas que Raymond parte.

Montembeault est un spectateur dévasté.

Un narratif pratique.

Un narratif qui protège l’image locale du gardien du coin.

Un narratif qui permet au CH de dire :

« Nous avons changé le coach, mais Samuel n’y est pour rien. Ne tapez pas sur lui. Regardez ailleurs. »

Sauf que les faits ne mentent pas.

Raymond était déjà dans la mire de Jeff Gorton depuis longtemps.

C’est la deuxième fois que Gorton le congédie (la première fois à New York).

Raymond n’était pas « l’homme de la direction actuelle ».

Il avait été amené par Ducharme et Bergevin.

Les performances des gardiens n’étaient pas simplement moyennes : elles compromettaient directement la progression de l’équipe.

Et surtout : le départ de Raymond survient exactement au moment où l’on sent une rupture interne, une déconnexion technique, humaine, émotionnelle, avec les gardiens du CH.

Alors, vraiment, est-ce que Montembeault n’a rien à voir là-dedans ?

Est-ce vraiment aussi simple que « Samuel est sous le choc » ?

Ou est-ce que l’organisation cherche à nous empêcher de poser les mauvaises questions ?

On veut nous vendre la version Disney. Mais la réalité, elle, est plus complexe.

Quand Renaud Lavoie ajoute :

« On voulait crever l’abcès, sans savoir si le bobo est guéri »,

Il ne se rend même pas compte de ce qu’il avoue.

Un abcès, par définition, implique une infection.

Une accumulation de tension.

Une pression interne qui a trop duré.

Un climat malsain.

On ne congédie pas un entraîneur des gardiens seul, en plein cœur d’une saison, pour une simple question de performance statistique.

C’est rarissime.

C’est violent.

C’est politique.

Et quand c’est la deuxième fois que Gorton vous met dehors, ça ne s’appelle plus un hasard : ça s’appelle un verdict sur votre méthode.

Et maintenant ?

Maintenant, la pression n’est plus sur Raymond.

Elle est sur Montembeault.

Marco Marciano arrive.

Respecté.

Adoré à Laval.

Réputé pour relancer des carrières, pour stabiliser les esprits, pour structurer des gardiens en perte de repères.

Et soudain, Montembeault n’a plus de bouclier.

Plus de paratonnerre.

Plus de responsables autour de lui.

Comme l’a dit Lavoie :

« La pression est plus que jamais sur les gardiens. »

Soit Samuel rebondit maintenant… soit l’organisation devra poser la prochaine question inconfortable.

Parce que derrière les portes closes, une vérité circule déjà : si Dobeš continue d’émerger… et si Fowler s’en vient…

Montembeault pourrait ne plus être dans le plan d’ici un an.

Alors oui, l’organisation tente de nous faire pleurer avec cette histoire de « choc » et de « ce n’est pas sa faute ».

Mais on le sait tous :

Quand une équipe commence à contrôler autant le message, c’est que la vraie histoire fait encore beaucoup plus mal.