Les Kings de Los Angeles ont déclenché une véritable onde de choc dimanche en congédiant leur entraîneur-chef Jim Hiller.
We have relieved Jim Hiller of his duties and named D.J. Smith interim head coach for the remainder of the season, Kings Vice President and General Manager Ken Holland announced.
— LA Kings (@LAKings) March 1, 2026
In addition, Kings player development coach Matt Greene will join Smith as an assistant coach.… pic.twitter.com/3MCzFfNF41
À trois petits points d’une place en séries éliminatoires dans l’Association de l’Ouest, avec une fiche de 24-21-14 et 62 points, l’organisation californienne a jugé que le statu quo n’était plus une option.
D.J. Smith assurera l’intérim derrière le banc jusqu’à nouvel ordre, dans ce qui ressemble clairement à un électrochoc en pleine course aux séries.
À première vue, ça ne concerne pas le Canadien de Montréal. Ken Holland parle d’un « changement de leadership nécessaire » pour permettre au groupe d’atteindre son plein potentiel. Classique. Une organisation qui secoue le cocotier.
Mais pour Phil Danault… et par ricochet pour le Canadien… cette décision est une revanche cinglante.
C’est rare qu’un joueur vise son ancien entraîneur sans le nommer.
Et pourtant, Phillip Danault l’avait fait. Sans aucune pitié. Devant tout le monde.
Quand il parlait d’« entonnoir », il ne parlait pas d’une mauvaise séquence. Il parlait d’un étouffement. D’un rôle qui rétrécit. D’un joueur qu’on éteint tranquillement jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien.
« Quand tu n’es pas bien à une certaine place, ça peut aller de la mauvaise façon. Vers la fin, ça devient un peu un entonnoir. C’est difficile de se relever de ça. »
Ce n’était pas une phrase lancée au hasard. C’était un verdict.
À Los Angeles, Danault était passé du soldat numéro un en infériorité numérique à une option secondaire. Du joueur de confiance à un pion interchangeable. Des soirs à moins de 15 minutes. Des présences coupées. Une identité effacée.
« Avec ce que l’on me donnait, je trouvais que je ne pouvais rien amener à l’équipe. Vers la fin, je me sentais impuissant et inutile. »
Impuissant. Inutile.
Ce sont des mots lourds pour un vétéran qui a bâti sa carrière sur la responsabilité et la confiance.
Et dimanche, les Kings ont congédié Jim Hiller.
Tout le monde se souvient que le coach à lui seul a fait perdre son équipe en séries la saison dernière:
Throwback to the highlight of Hiller’s tenure, challenging late in Game 3 which ultimately ended up being the turning point in the series https://t.co/B8aYk6xXVk pic.twitter.com/q1ObCrsB5f
— Top Tier Hockey (@TopTierPucks) March 1, 2026
Ce congédiement vient valider ce que Danault laissait entendre : le problème dépassait le joueur. Quand une organisation à trois points des séries décide qu’un changement derrière le banc est nécessaire, ce n’est pas pour corriger un détail. C’est parce que quelque chose ne fonctionnait plus dans la gestion du groupe.
Danault n’a jamais attaqué frontalement son ancien coach. Il n’a pas crié au scandale. Il a fait pire : il a décrit les conséquences.
Un système ultra défensif.
Une équipe parmi les moins productives offensivement.
Un joueur qu’on limite au lieu de l’utiliser.
« À Los Angeles, on était l’une des équipes qui marquaient le moins de buts dans la ligue. C’est un système plus défensif. »
Puis le contraste.
« À Montréal, on est beaucoup plus axé sur l’attaque. Je vais aller au filet et je vais garder ça simple. »
Ce n’est pas une plainte. C’est un exposé.
Quand un joueur dit qu’il ne peut rien amener à l’équipe avec ce qu’on lui donne, il pointe directement l’utilisation. Quand il dit qu’il se sentait inutile, il parle d’un environnement qui ne lui permettait plus d’exister.
Et aujourd’hui, l’entraîneur n’est plus là.
Ce congédiement, c’est une revanche silencieuse pour Danault.
Pas parce qu’il voulait voir quelqu’un perdre son emploi.
Mais parce que ça confirme qu’il n’était pas fou.
Qu’il n’inventait pas un malaise.
Que l’« entonnoir » n’était pas imaginaire.
Il avait raison sur une chose essentielle : le contexte compte.
La LNH est impitoyable. Quand un joueur ralentit, on dit qu’il est fini. Quand un système étouffe un profil, on parle de déclin.
Dimanche, les Kings ont admis qu’un changement de leadership était nécessaire.
Et dans cette décision, il y a un message implicite : ce n’était pas qu’une question de Phil Danault.
À Montréal, maintenant, il joue libéré. Il parle de confiance. Il parle d’intelligence. Il parle d’un entraîneur capable de lire le match.
« Je ne sais pas exactement comment Martin St-Louis va m’utiliser, mais je sais qu’il va le faire de la bonne façon. »
Ce n’est plus un joueur coincé dans un entonnoir.
C’est un joueur qui a survécu à un contexte qui l’étouffait.
Et dimanche, Los Angeles vient de confirmer que ce contexte était bel et bien brisé.
La revanche de Danault ne se crie pas.
Elle se constate aux yeux... de tout le monde...
