Congédiement de Trevor Timmins: une fin inévitable

Congédiement de Trevor Timmins: une fin inévitable

Par David Garel le 2026-02-17

Le repêchage de 2024 devait marquer un tournant pour plusieurs organisations.

Pour le Canadien de Montréal, ce fut une bénédiction. Pour certaines équipes du top-4, un pari calculé. Mais pour les Blue Jackets de Columbus, c’est en train de devenir un cauchemar organisationnel, un mélange toxique de mauvais jugement médical, d’aveuglement sur le talent pur et d’une influence interne qui fait encore grincer bien des dents.

Parce que soyons clairs : parmi les équipes qui repêchaient avant le CH, une seule est aujourd’hui en train de s’arracher les cheveux.

Ce ne sont pas les Sharks, qui ont misé sur Macklin Celebrini.

Ce ne sont pas non plus les Blackhawks, qui se racontent qu’Artyom Levshunov sera un pilier défensif à long terme.

Même les Ducks peuvent encore se convaincre qu’ils ont un avenir avec Beckett Sennecke.

Mais Columbus?

Columbus est seul dans sa tempête.

Parce que pendant que Montréal jubile avec Ivan Demidov, déjà une vedette instantanée au Centre Bell, les Jackets doivent composer avec un choix qui ressemble de plus en plus à un mirage : Cayden Lindstrom.

Le « bœuf de l’Ouest »… au dos fragile...

On connaît l’histoire. Lindstrom cochait toutes les cases du cliché parfait : gros centre canadien, 6 pi 4 po, physique imposant, capable de jouer dans le trafic. Le fameux « bœuf de l’Ouest » que certaines organisations surévaluent encore en 2024.

On savait déjà, au moment du repêchage, qu’il avait des problèmes de dos.

On savait qu’il sortait d’une saison junior pratiquement sabotée par une blessure.

Mais Columbus a quand même foncé.

Pourquoi?

Parce qu’on leur a vendu une version "fake" de la réalité médicale.

Parce que son entourage a minimisé la gravité de la situation.

Parce que, selon ce qui circule dans le milieu, on a cru aux mauvaises personnes.

Les conséquences sont catastrophiques.

Lindstrom a raté presque toute sa dernière saison junior.

Cette année, dans la NCAA, c’est encore pire : un seul but en 23 matchs. (et 6 maigres passes)

Un seul.

Pour un quatrième choix au total.

On ne parle pas d’un défenseur en développement lent. On parle d’un attaquant censé devenir une pièce maîtresse offensive.

Et à la place, Columbus se retrouve avec un joueur dont les statistiques sont carrément alarmantes, pendant que Demidov accumule les points dans la LNH.

Ce n’est pas un simple retard de développement.

C’est un signal rouge clignotant.

Et au centre de ce fiasco, il y a un nom qui revient constamment dans les discussions internes et sur les réseaux : Trevor Timmins.

Oui, Trevor Timmins.

Il n’est plus le grand patron du repêchage comme à Montréal. Il est maintenant adjoint au directeur du recrutement à Columbus. Mais ne vous laissez pas berner par le titre : il a une influence énorme à la table.

Et c’est précisément ce qui fait enrager bien du monde.

Parce que Timmins traîne un historique lourd :

À Montréal, ses choix top-10 ont donné Terry Ryan, Kyle Chipchura, Michael McCarron, Nathan Beaulieu, Jarred Tinordi, David Fisher, Andrei Kostitsyn, Alex Galchenyuk et Jesperi Kotkaniemi.

Oui, il y a eu Carey Price, Max Pacioretty, PK Subban en 2e ronde, Cole Caufield (chanceux qu'il chute au repêchage), Ryan McDonagh (pas sa faute si Bob Gainey l'a échangé contre Scott Gomez) et Mikhail Sergachev (échangé contre Jonathan Drouin).

Mais dans les sélections élevées, la moyenne au bâton est catastrophique. Sans oublier qu'il n'a pas sélectionné Patrice Bergeron et Claude Giroux quand il en avait la chance en 2e ronde.

À Columbus, avec Timmins dans l’organigramme, les Jackets ont repêché trois fois dans le top-5 :

Adam Fantilli : bon choix, mais tellement évident.

David Jiricek : un flop qui n'est déjà plus là.

Cayden Lindstrom : un désastre en devenir.

Timmins ne devrait plus jamais avoir d'emploi dans la LNH.

Encore une fois, on a privilégié le gabarit. (Timmins avait fait la même chose avec McCarron).

Encore une fois, on a sous-estimé le talent pur.

Encore une fois, on s’est laissé convaincre qu’un gros corps compenserait pour tout le reste.

Pendant ce temps, Demidov glissait jusqu’au cinquième rang.

Ce qui rend l’affaire encore plus grave, c’est la dimension médicale.

Columbus savait que Lindstrom avait mal au dos.

Mais on leur a présenté ça comme une irritation passagère. Une affaire de gestion de charge. Rien de structurel.

Or, quelques mois plus tard, il est opéré pour une hernie.

Aujourd’hui, il peine à produire dans un calibre universitaire.

Ce n’est plus une simple erreur d’évaluation hockey.

C’est un raté médical majeur.

Et c’est là que plusieurs, autour de la ligue, commencent à murmurer que les Jackets se sont fait vendre une marchandise défectueuse… et qu’ils ont accepté sans creuser assez profondément.

Quand tu repêches quatrième au total, tu n’as pas le droit à ce genre d’approximation.

Pendant ce temps, Demidov humilie la comparaison

À Montréal, on n’ose presque plus regarder en arrière.

Demidov est déjà le meneur des recrues du CH. Il joue sur un top-6. Il produit. Il électrise le Centre Bell. Il donne raison à tous ceux qui disaient qu’il était le deuxième plus grand talent offensif du repêchage après Celebrini.

Et Columbus doit regarder ça, soir après soir, en sachant que ce joueur était littéralement à portée de main.

C’est ça, le vrai scandale.

Pas seulement d’avoir raté un choix.

Mais d’avoir raté LE joueur.

Une direction qui s’est enfermée dans sa propre illusion

Dans les coulisses, on entend de plus en plus que le DG des Jackets s’est fié aveuglément aux recommandations internes. Que Timmins avait poussé fort. Que l’organisation voulait absolument un centre canadien physique. Que Demidov faisait peur à cause de son passeport et de son contexte russe.

Bref, Columbus s’est raconté une histoire confortable.

Et aujourd’hui, cette histoire leur explose au visage.

Parce que pendant que Montréal récolte déjà les fruits de son audace, Columbus est coincé avec un espoir blessé, improductif, entouré de points d’interrogation médicaux.

Ce n’est plus une question de patience.

Ce n’est plus une question de développement.

C’est une question de jugement.

Les Blue Jackets avaient une occasion en or de transformer leur franchise. Ils ont choisi la sécurité apparente plutôt que le génie évident. Ils ont cru aux discours rassurants. Ils ont laissé Trevor Timmins peser lourd dans la balance. Et ils ont fermé les yeux sur des signaux pourtant flagrants.

Aujourd’hui, Ivan Demidov est une vedette à Montréal.

Cayden Lindstrom peine à marquer dans la NCAA.

Voilà toute l’histoire.

Un vol Montréal-Columbus.

Un mensonge médical.

Une vieille obsession pour le gabarit.

Et un recruteur qui continue d’avoir un emploi malgré une carrière remplie de choix douteux.

Pour Columbus, ce repêchage risque de devenir une cicatrice permanente.

Pour Montréal, c’est déjà un chapitre glorieux.

Et pour Trevor Timmins?

Encore une fois, il se retrouve au cœur d’un fiasco… pendant que d’autres encaissent les conséquences.

Ça commence à brasser solide à Columbus. Et pour une fois, ce ne sont pas seulement les partisans qui grondent.

Depuis quelques jours, des rumeurs persistantes de congédiement circulent autour de Trevor Timmins. Rien d’officiel pour l’instant, mais dans les coulisses, plusieurs journalistes locaux parlent d’un climat devenu toxique, d’une direction sous pression, et d’un DG qui aurait perdu patience.

Timmins pourrait être congédié cet été.

Le malaise est palpable jusque dans les bureaux. Selon ce qui circule dans le milieu, Don Waddell serait enragé. Pas seulement contre le rendement de Lindstrom, mais contre tout ce qui entoure le dossier : l’évaluation médicale trop complaisante, la confiance aveugle accordée aux recommandations internes, et surtout, le fait qu’on ait laissé filer Ivan Demidov.

À un moment donné, quelqu’un doit payer.

Dans la LNH, c’est exactement comme ça que tombent les têtes.

Et à Columbus, tout indique que celle de Trevor Timmins pourrait être la prochaine.

Parce que quand tu rates Demidov pour Lindstrom… tu ne peux plus te cacher derrière le mot « patience ».