Congédiement de Philippe Cantin: Cogeco crée la commotion

Congédiement de Philippe Cantin: Cogeco crée la commotion

Par David Garel le 2026-04-21

Une bombe tombe au 98,5 FM.

Philippe Cantin a perdu son émission du retour au profit de Gino Chouinard. Ouch.

Comme on dit en bon québécois... dans tes dents...

Philippe Cantin a toujours été celui qui jouait dans les coulisses... pour congédier ses ennemis.

On l'a vu avec Pierre-Yves McSween. On l'a vu avec Jeremy Filosa (qui heureusement, est revenu sur les ondes de Cogeco).

Et bien aujourd'hui, c'est le pauvre Cantin qui prend la porte de sortie.

Parce qu’on peut bien jouer avec les mots. On peut bien parler de « nouveau rôle », de « fonctions importantes », de « continuité ». On peut bien faire semblant que tout va bien. Mais personne n’est naïf.

Ce n’est pas une transition.

C’est un congédiement déguisé.

Et tout le monde, dans l’industrie, le sait.

Le masque tombe.

Quand Gino Chouinard débarque pour prendre la case du retour, la case la plus stratégique après la matinale, ce n’est pas un simple ajustement. C’est un signal d’urgence.

Un signal que ce qui était en place ne fonctionnait plus.

Parce que la réalité, c’est que Le Québec maintenant n’a jamais décollé comme prévu. Malgré les efforts, malgré la machine derrière lui, malgré la protection interne, l’émission n’a jamais réussi à créer ce lien essentiel avec le public. Pas de moment fort. Pas de signature. Pas de rendez-vous.

Juste… du vide.

Et en radio, le vide, c’est fatal.

On peut pardonner une erreur. On peut pardonner une controverse. Mais l’indifférence, elle, ne pardonne jamais.

Ce qui rend la chute encore plus violente, c’est le contexte. Parce que Philippe Cantin n’est pas arrivé là par hasard. Il s’est imposé dans un système. Un système où certaines décisions ont laissé des traces profondes.

Le cas de Pierre-Yves McSween est impossible à ignorer.

Un chroniqueur dominant. Une voix forte. Une connexion directe avec le public. Et pourtant, il a été écarté. Brutalement. Sans véritable explication publique. À un moment où il livrait, semaine après semaine, certains des segments les plus écoutés de la station.

C'est Cantin ui-même contribué à faire tomber Pierre-Yves McSween. À l’interne, les tensions étaient connues. McSween prenait de plus en plus de place. Ses chroniques devenaient des événements. Il attirait les commanditaires, créait des moments viraux, imposait un ton direct qui connectait avec le public.

Et ça, Cantin ne le tolérait pas. Refus catégorique de partager l’antenne sur un pied d’égalité, irritation face à son cachet, malaise devant son influence grandissante.

Au lieu de s’ajuster, il a fermé la porte. Littéralement. Il aurait bloqué toute possibilité de coanimation, refusé de lui donner plus d’espace, et poussé la direction à trancher.

Résultat : McSween est parti. Sans explication claire. Sans droit de réplique. Et ce départ-là a laissé un vide immense… que le public n’a jamais pardonné.

Ce départ-là a marqué un point de rupture.

Parce que pour beaucoup d’auditeurs, c’était incompréhensible.

Et pendant que le 98,5 se privait de cette énergie-là, Patrick Masbourian l’accueillait à ICI Première.

Le résultat? On le connaît.

Un basculement historique des cotes d’écoute.

Une gestion qui exclut

Le dossier Jérémy Filosa a ajouté une autre couche.

Suspendu. Marginalisé. Puis ramené… mais sans véritable place. Sans micro. Sans rôle clair. Comme si on voulait le garder sans vraiment l’assumer.

Tout a explosé en ondes, en direct, lorsqu’il a exprimé ses doutes sur l’alunissage de 1969. Une sortie maladroite selon certains. Mais la gestion qui a suivi a été encore pire.

Au lieu de calmer le jeu, Cantin l’a exposé. Il l’a recadré sèchement, presque humilié en direct, en évoquant les dérives des fausses nouvelles et en le comparant indirectement aux délires conspirationnistes.

Il a coupé court au débat, sans lui donner l’espace pour nuancer. Ce moment-là a servi de déclencheur. Derrière, la machine s’est mise en marche : suspension, formation imposée, retour encadré… mais jamais réhabilité.

Et surtout, refus de le reprendre comme chroniqueur dans son émission. Un geste lourd de sens. Parce que Filosa dérangeait. Trop direct. Trop imprévisible. Trop vivant dans une structure devenue rigide.

Cantin n’a pas essayé de le protéger. Il l’a laissé tomber. Comme McSween. Comme d’autres. Et à force de fonctionner comme ça, le message est devenu clair pour tout le monde à l’interne : tu peux être bon, mais si tu sors du cadre, tu deviens un problème.

Encore une fois, le message était limpide : tu peux être talentueux, mais si tu déranges, tu sors.

Même chose pour MC Gilles.

L'humoriste a été écarté dans un climat flou, sans transparence réelle, alors que Cantin aurait été le principal acteur derrière son congédiement, en manigance avec Patrick Lagacé, l'ennemi public numéro un de MC Gilles.

À force d’accumuler ces décisions, une impression s’est installée.

Celle d’un système fermé. Contrôlé. Où certaines voix sont tolérées… tant qu’elles ne brillent pas trop.

Et dans ce contexte, Philippe Cantin n’était pas simplement un animateur. Il était celui qui "callait les shots" et faisait rouler les têtes.

Mais à un moment donné, la réalité rattrape tout le monde.

Quand le public décroche, il décroche.

Et quand une station qui dominait le marché commence à perdre du terrain, chaque décision devient lourde de conséquences.

Le remplacement de Cantin, ce n’est pas un choix créatif. Gino Chouinard va ramener le public, car les gens l'aiment.

C’est là que tout devient impossible à maquiller. Derrière les mots polis de Cogeco Média, tout le monde connaît la vérité.

« J’ai un profil très “affaires publiques”, très “politique”, très “affaires internationales” aussi. La direction avait peut-être le goût de donner un autre ton à l’émission du retour » explique Cantin pour sauver la face.

Hum.

La vraie vérité: les cotes d’écoute ne suivaient pas. Les données de Numeris l’ont confirmé, et à l’interne, la tendance était encore pire. L’émission du retour était largement devancée par ICI Première, incapable de rivaliser, incapable de créer un réflexe d’écoute.

Et en radio, quand le public ne suit pas, tu prends la porte de sortie.

Le choix de Chouinard expose tout ce qui ne fonctionne plus au 98,5. On veut redresser le bâteau qui coule.

On peut maquiller le rôle de Cantin autant qu’on veut.

Il sera parfois remplaçant de Patrick Lagacé.

Animateur d’émissions spéciales.

Chroniqueur ici et là.

Morning man cet été.

Mais dans les faits, il passe de la vitrine principale… à la porte.

Le 98,5 FM s'écroule.

Les cotes d’écoute s'effondrent.

Et en interne, une question qui commence à circuler sérieusement :

Est-ce que le modèle tient encore?

Parce que pendant des années, le 98,5 a été intouchable. Une machine parfaitement huilée. Une référence.

Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

Et ce genre de transition est toujours le signe que rien ne va plus à l'interne.

Philippe Cantin n’est pas le seul responsable. Ce serait trop simple. Trop facile.

Mais il est devenu le symbole d’un système qui pensait pouvoir fonctionner sans se remettre en question.

Un système où les décisions se prennent entre amis.

Où les erreurs sont protégées.

Où les talents dérangeants sont écartés.

Ce système-là vient de frapper un mur.

Et cette fois, même les formules de relations publiques ne suffisent plus.

Parce que le public a déjà tranché.

Il a changé de station.

Il a changé d’habitudes.

Il a changé de loyauté.

Et dans un média comme la radio, ça, c’est irréversible.

Le congédiement déguisé de Philippe Cantin, ce n’est pas juste une nouvelle de programmation.

C’est le moment où une illusion s’effondre.

À force de tirer les ficelles pour congédier tous ses rivaux... le karma allait bien finir par lui sauter au visage...