La chute est brutale. Et elle fait mal.
Parce qu’on l’avait vu venir.
Depuis des semaines, les signes s’accumulaient autour de Patrick Roy. Un vestiaire qui se fissure. Une équipe qui n’adhère plus complètement. Des séquences où l’effort disparaît, où la structure s’effondre, où même les bases du jeu défensif ne tiennent plus. On l’avait écrit, on l’avait dit : il avait perdu sa chambre.
This was the moment I knew Roy lost the #Isles room. pic.twitter.com/tBfcmmyJyQ
— 19 consecutive (@19consecutive) April 4, 2026
Et lui, fidèle à lui-même, avait balayé ça du revers de la main.
“Ça ne change rien. On se concentre sur notre jeu.”
Mais dans la LNH, quand un coach est obligé de dire ça, c’est souvent déjà trop tard.
Aujourd’hui, c’est terminé.
Patrick Roy a été congédié. Peter Deboer est engagé:
#Isles News: New York Islanders General Manager and Executive Vice President Mathieu Darche announced today that Patrick Roy has been relieved of his coaching responsibilities. Peter DeBoer has been named Head Coach of the New York Islanders.
— New York Islanders (@NYIslanders) April 5, 2026
Une décision lourde. Une décision qui en dit long. Une décision qui confirme surtout une chose : le lien était brisé.
Et pourtant, publiquement, tout le monde disait le contraire.
Mathieu Darche avait juré qu’il avait une excellente relation avec son entraîneur. Il parlait de confiance. De communication. D’un projet commun. Il défendait ses décisions, son coach, sa vision.
Mais les gestes ont fini par contredire les paroles.
Parce que pendant que le message officiel parlait de stabilité, Darche, lui, a complètement déstabilisé son organisation à la date limite des transactions.
Il a décidé d’être acheteur, de payer cher et de sacrifier son futur pour des vétérans comme Brayden Schenn, d’ajouter des pièces pour pousser vers les séries… alors même que son équipe n’avait pas les fondations pour soutenir cette ambition.
Il a mis de la pression. Énormément de pression.
Sur son vestiaire.
Sur son coach.
Et surtout, sur un groupe qui n’était pas prêt.
Résultat?
Les Islanders se retrouvent aujourd’hui au bord du gouffre. À quelques matchs de la fin, ils regardent le classement avec anxiété. Les Red Wings de Detroit, première équipe exclue des séries, sont à un point… avec deux matchs en main. Même chose du côté des Flyers de Philadelphie, la 2e équipe exclue. Même chose du côté de Columbus, la 3e équipe exclue. (à un point avec un match en main)
La marge d’erreur est disparue. Chaque défaite a coûté cher. Trop cher.
Et dans ce genre de situation, on connaît toujours la suite.
Ce n’est pas le directeur général qui paie en premier.
C’est l’entraîneur.
Patrick Roy devient donc le fusible.
Celui qu’on sacrifie pour sauver les apparences. Celui qu’on envoie sous l’autobus pour éviter de regarder les erreurs plus profondes. Parce que oui, Roy a ses défauts. Son style est exigeant. Parfois rigide. Parfois abrasif. Et oui, son message a fini par s’user.
Mais il n’est pas le seul responsable.
Loin de là.
Quand tu échanges des actifs importants.
Quand tu refuses de reculer pour mieux avancer.
Quand tu t’entêtes à croire que ton équipe est prête alors qu’elle ne l’est pas…
Tu crées toi-même le piège dans lequel tu vas tomber.
Et aujourd’hui, c’est exactement ce qui arrive.
Le plus dur, dans tout ça, c’est l’image.
Parce que Patrick Roy n’est pas un entraîneur comme les autres. C’est un compétiteur pur. Un homme qui vit chaque match comme une bataille. Un gars qui ne triche pas. Qui ne calcule pas. Qui donne tout.
Et le voir partir comme ça… dans ce contexte… ça laisse un goût amer.
D’autant plus que la suite est déjà en train de s’écrire.
Peter DeBoer est un coach plus calme. Plus posé. Plus en phase avec la réalité actuelle de la ligue. Le genre de profil qui rassure une direction quand ça brasse.
Un changement de ton.
Un changement de culture.
Mais au fond, la vraie question demeure.
Est-ce que ça va vraiment régler le problème?
Ou est-ce qu’on vient simplement de masquer les vraies erreurs en sacrifiant celui qui était le plus visible?
Parce qu’au final, ce congédiement-là n’efface rien.
Il confirme simplement ce qu’on savait déjà.
Le projet des Islanders est fragile.
Et aujourd’hui, c’est Patrick Roy qui en paie le prix.
