Congédiement au Centre Bell: Kent Hughes a pris sa décision

Congédiement au Centre Bell: Kent Hughes a pris sa décision

Par David Garel le 2025-04-02

C’était une rumeur sourde depuis des mois. Mais voilà qu’un journaliste a enfin eu le courage de la formuler à haute voix.

Dans le plus récent épisode du balado Stanley25, Maxime Truman a lancé une bombe qui pourrait bien faire sauter un morceau du personnel d’entraîneurs du Canadien de Montréal.

Selon lui, Éric Raymond, entraîneur des gardiens du CH, est tout simplement dépassé. 

Au point qu'il soit congédié. Voici l'extrait vidéo qui place le coach dans l'eau chaude jusqu'au cou:

Truman a été sans pitié:

« Montembeault ne "goale" même pas pour .900. Et quand tu veux faire les séries, il faut que ton gardien numéro un ait au moins un pourcentage d’arrêt de .900. »

Et il a raison. Samuel Montembeault stagne dangereusement sous la barre des .900. Dobes, lui, est arrivé en feu de Laval… pour s’effondrer à Montréal.

Primeau s'est effondré à Montréal pour devenir invincible à Laval.

Selon Truman, le lien est clair : tout ça coïncide avec leur passage sous la tutelle d’Éric Raymond.

« Dobes travaillait avec le coach des gardiens à Montréal… et il est devenu "moyen slash poche" », dit-il. Et il enchaîne avec Primeau :

« Il s’en vient à Montréal, il est bon et boum boum boum… il commence à avoir des travers. Sa technique est tout croche. »

Mais la critique la plus accablante vient lorsqu’il compare Raymond à Marco Marciano, le coach des gardiens du Rocket de Laval.

« Marciano, ça correspond plus aux méthodes de la nouvelle génération. Raymond est resté coincé dans les vieilles méthodes. »

Et voilà. Le verdict tombe comme un coup de tonnerre. La jeune génération de gardiens n’adhère plus aux méthodes traditionnelles. Et ça commence à se voir dans les résultats. Un gardien sous-performant, un autre démoli mentalement, un autre trop instable. Le commun dénominateur ? Éric Raymond.

Il ne fait aucun doute que Kent Hughes, un dirigeant perfectionniste et exigeant, devra sérieusement réfléchir à cette situation, surtout avec son bras droit, Jeff Gorton, qui ne porte pas Raymond dans son coeur si on se fie à ce qui circule au Centre Bell.

Hughes et Gorton peuvent-ils réellement se permettre de garder Raymond en poste si tous les jeunes gardiens prometteurs du club perdent leurs repères dès qu’ils montent à Montréal ?

Il suffit de regarder ce qui est arrivé à Jakub Dobeš pour comprendre à quel point la situation est alarmante. Le jeune gardien tchèque, acclamé dans la NCAA, a connu un départ fulgurant à Laval.

Dès son arrivée à Montréal, il a eu l’air d’un cerbère prêt pour la Ligue nationale… jusqu’à ce qu’il passe sous les ordres d’Éric Raymond.

Depuis ? Effondrement. Banalisation. Doute. Il n’est plus le même. Sa technique s’est disloquée. Ses déplacements sont plus lents. Sa lecture du jeu, hésitante. Et tout ça, dans l’espace de quelques semaines.

Il n'y a pas photo : le coach des gardiens du Canadien semble défaire plus qu’il ne construit. Même Cayden Primeau a suivi cette trajectoire : étincelant à Laval, mais totalement instable et désorienté à Montréal.

C’est devenu un cercle vicieux, et le lien avec Éric Raymond devient impossible à ignorer.

Et voilà pourquoi tout le monde retient son souffle dans le dossier Jacob Fowler.

Fowler, c’est le joyau. Le prodige. Le sauveur potentiel. Et justement parce qu’il est si précieux, l’organisation semble freiner sa montée dans la LNH.

On veut qu'il aille jouer à Laval avant tout, car on craint qu’il ne soit brûlé par les mauvaises mains.

Et c’est là que le nom de Marco Marciano revient constamment. Le coach des gardiens du Rocket de Laval est adoré par ses protégés. Il parle leur langage, il les propulse vers le haut. Même Truman l’a affirmé :

« J’ai parlé avec du monde alentour du club, on m’a dit que les méthodes de Marciano correspondent plus à la Gen Z. »

Traduction : on ne veut pas envoyer Fowler à l’abattoir. Pas maintenant. Pas tant qu’Éric Raymond est encore en poste à Montréal.

Kent Hughes le sait. Il sait qu’il joue gros. Il ne veut pas que son gardien du futur soit confronté trop tôt à une mauvaise dynamique.

Il ne veut pas que l’entraîneur actuel le fige dans un style qui ne lui convient pas. Il ne veut pas que Fowler devienne le prochain Dobes.

Et pendant ce temps, Samuel Montembeault est seul dans la tempête. À bout de souffle, critiqué de toutes parts, et encadré par un entraîneur dont la méthodologie fait de plus en plus débat.

Le Canadien est en pleine course aux séries… mais dans les coulisses, c’est une bombe à retardement. Car si rien ne change derrière le banc des gardiens, le futur de l’organisation est en péril. Et ça, Kent Hughes ne peut pas l’ignorer plus longtemps.

Il ne peut pas se permettre de congédier Éric Raymond en pleine course aux séries, alors que chaque point compte et que l’équipe tente de rester soudée dans l’adversité.

Un changement aussi important derrière le banc, en ce moment, pourrait semer la panique, distraire les joueurs et envoyer un signal de désespoir dans un vestiaire déjà tendu par la fatigue et la pression.

Mais l’horloge tourne. Et les dégâts s’accumulent.

La chute de Jakub Dobeš, l’effondrementde Cayden Primeau, l’inconstance de la confiance de Samuel Montembeault, les hésitations entourant Jacob Fowler… tout pointe vers la même direction : il faut un nouveau souffle derrière le banc des gardiens.

Un coach qui comprend les codes de la génération actuelle. Un entraîneur qui n’éteint pas les flammes, mais qui les attise.

Cet été, le couperet devra tomber. Parce que si Kent Hughes veut vraiment construire une dynastie devant le filet — et il en a les outils —, il devra commencer par changer l’homme qui dirige les gardiens de la plus grande organisation de l'histoire du hockey.

Parce qu’un plan sans exécution n’est qu’une illusion. Et que laisser les rênes du développement à un entraîneur déconnecté de son époque, c’est condamner l’organisation à répéter les mêmes erreurs.

Ce sera l’un des gestes les plus importants de l’entre-saison. Et cette fois, Kent Hughes n’aura pas le droit à l’erreur.