Congédiement à RDS: Vincent Damphousse et Guy Carbonneau devraient avoir honte

Congédiement à RDS: Vincent Damphousse et Guy Carbonneau devraient avoir honte

Par David Garel le 2026-02-05

Il y a des journées où tout se recoupe. Où les chiffres, les témoignages et les coulisses racontent soudainement la même histoire. Cette semaine en est une.

Pendant que Bell Média procède discrètement à une vague de compressions qui frappe de plein fouet le Réseau des sports, pendant que des employés ordinaires apprennent qu’ils n’auront plus de chèque de paie, une autre réalité, beaucoup plus dérangeante, éclate au grand jour : celle des salaires indécents versés aux visages de l’Antichambre.

C’est Maxime Truman qui a allumé la mèche, révélant à quel point la fracture est devenue obscène entre ceux qui font réellement rouler la machine… et ceux qui encaissent, bien au chaud, pour commenter deux périodes de hockey.

D’un côté, des recherchistes à 40 000 $ qui perdent leur emploi. De l’autre, des ex-joueurs millionnaires comme Vincent Damphousse, Guy Carbonneau ou Benoît Brunet qui continuent de toucher des chèques à six chiffres pendant que la maison brûle. Ce n’est plus un malaise. C’est un scandale structurel. Et ce qui suit le démontre noir sur blanc.

C’est là que tout explose.

Pendant que des employés de terrain perdent leur job, pendant que des recherchistes à 40 000, 50 000 ou 60 000 $ par année ramassent leurs boîtes de carton, pendant que Bell Média coupe dans le muscle vivant de RDS, l’argent continue de couler à flots… mais seulement pour une caste très précise.

Et c’est Maxime Truman qui a fait sauter le couvercle.

« On me dit que plusieurs cadres chez Bell Média ont perdu leur emploi en début de semaine. Plusieurs d’entre eux/elles travaillaient directement ou indirectement pour RDS.

Le milieu médiatique nord-américain vit une véritable transformation, voire une révolution, et le Québec n’y échappe vraiment pas. Je souhaite à tous les gens concernés par ces coupures de se retrouver quelque chose rapidement. »

Voilà la réalité.

Des cadres dehors.

Des employés sacrifiés.

Une chaîne sportive en restructuration forcée.

Mais pendant ce temps-là, à l’Antichambre, rien ne bouge.

On continue de verser plus de 400 000 $ par année à Vincent Damphousse pour apparaître une ou deux fois par semaine, livrer trois phrases molles, hocher la tête, puis retourner gérer son empire de spas.

On continue de payer entre 200 000 et 400 000 $ à Guy Carbonneau pour recycler les mêmes clichés hockey qu’en 2009.

On continue d’offrir une tribune bien rémunérée à Benoît Brunet, pendant que le public décroche, pendant que les jeunes ferment la télé, pendant que les réseaux sociaux se vident de toute sympathie envers RDS.

Fais juste t’arrêter deux secondes.

D’un côté, t’as des recherchistes, des adjoints de production, des employés techniques qui gagnent 45 000 ou 55 000 $ par année, qui bossent le soir, les fins de semaine, qui montent les segments, préparent les stats, bâtissent les émissions… et qui viennent d’être remerciés.

De l’autre, t’as trois anciens joueurs millionnaires qui encaissent collectivement près d’un million par année pour remplir une heure de télévision que plus personne ne regarde.

C’est ça, la photo complète.

C’est ça, la décadence.

RDS est en train de couper dans le sang neuf pendant qu’elle protège ses meubles antiques.

Et le contraste est obscène.

Imagine la scène : un recherchiste reçoit un courriel de congédiement pendant que Damphousse encaisse son dépôt direct mensuel. Une coordonnatrice perd son poste pendant que Carbonneau prépare son prochain passage en studio.

Un employé de Bell fait ses adieux à ses collègues pendant que Brunet se plaint que « Samuel Montembeault n'est plus le gardien numéro un du CH ».

C’est indéfendable.

On parle d’une chaîne qui vient d’annoncer des pertes historiques.

On parle d’un réseau qui licencie.

On parle d’un groupe médiatique en pleine tempête.

Et pourtant, les salaires de l’Antichambre restent sacrés.

Intouchables.

Comme si cette émission faisait encore 500 000 téléspectateurs.

Comme si elle dictait encore la conversation publique.

Comme si elle avait encore une pertinence culturelle.

Mais la vérité, tout le monde la connaît.

Les jeunes n’écoutent plus RDS.

Les réseaux sociaux se moquent de l’Antichambre.

Les analyses sont devenues prévisibles.

Le ton est fatigué.

Les visages sont les mêmes depuis 15 ans.

Et pendant que Bell remercie ses employés, RDS continue de subventionner ses vedettes fossilisées.

C’est ça qui rend la situation insupportable.

Ce n’est pas juste une vague de congédiements.

C’est un système complet qui expose sa laideur.

Une télé de baby-boomers qui protège ses anciens pendant qu’elle jette ses travailleurs.

Une structure où les millionnaires sont sécurisés… et où les employés normaux servent de variable d’ajustement.

Maxime Truman a mis le doigt exactement dessus : on vit une révolution médiatique.

Mais à RDS, on agit encore comme si on était en 2004.

Et tant que 400 000 $ iront à Damphousse pendant que des recherchistes sont mis à pied, tant que Carbonneau et Brunet garderont leur siège pendant que la base s’effondre, cette chaîne va continuer de perdre ce qu’il lui reste de crédibilité.

Ce n’est plus une crise passagère.

C’est un modèle brisé.

Et maintenant, tout le Québec le voit.

La honte est totale.