Comportement intolérable : Martin St-Louis suivi jusqu’à son domicile

Comportement intolérable : Martin St-Louis suivi jusqu’à son domicile

Par William Petit Lemay le 2026-05-02

La défaite faisait déjà mal. Une prolongation perdue à domicile, une occasion ratée de conclure la série, un Centre Bell vidé par la frustration. Dans ce genre de moment, chaque regard est tourné vers l’entraîneur-chef.

Martin St-Louis a répondu comme il le fait depuis le début de son parcours derrière le banc : calme, lucide, respectueux du jeu et de l’adversaire. Il a parlé de hockey, de progression, de l’effort collectif. Rien de plus.

Ce qui a suivi dépasse pourtant le cadre sportif.

À sa sortie de l’aréna, St-Louis a été suivi dans la rue par des partisans. Des téléphones à la main, des demandes de photos, des questions lancées à chaud, alors que l’émotion de la défaite était encore bien présente. La scène ne s’est pas arrêtée à quelques pas du Centre Bell. Elle s’est prolongée, jusqu’à un point où la frontière entre espace public et vie privée s’est effacée.


Des images circulent. On y voit l’entraîneur marcher, concentré, tentant de garder le cap pendant que des gens l’accompagnent sans y être invités. À un certain moment, la situation devient encore plus dérangeante : un individu se retrouve dans un espace qui semble être l’entrée de son immeuble.

La ligne est franchie. Point final.

Ce genre de comportement ne peut pas être banalisé.

Suivre une personne jusqu’à son domicile, peu importe sa fonction, n’a rien à voir avec la passion du sport. Il ne s’agit plus d’encouragement, ni même de curiosité. On parle d’une intrusion directe dans la vie personnelle. Dans un marché comme Montréal, l’attention médiatique est constante, la pression ne disparaît jamais vraiment. Les acteurs du milieu acceptent cette réalité lorsqu’ils sont sur la glace, derrière le banc, ou devant les caméras. À la maison, c’est différent.

Martin St-Louis n’est pas seulement un entraîneur. C’est un père, un conjoint, un homme qui a droit à un minimum d’intimité. Après une défaite aussi difficile, le besoin de se retirer, de respirer, de se recentrer devient essentiel. Se faire suivre dans ces moments-là ajoute une couche inutile, presque oppressante.

Ce qui rend la situation encore plus délicate, c’est le contraste avec l’attitude de St-Louis quelques minutes plus tôt. Malgré la déception, il est resté digne, posé, tourné vers son groupe. Il a même pris le temps de souligner la qualité du match et le niveau de jeu offert par les deux équipes.

Cette posture mérite du respect, pas une poursuite dans la rue.

Sur les réseaux sociaux, la réaction ne s’est pas fait attendre. Plusieurs dénoncent la scène, rappelant qu’il existe une limite claire entre l’intérêt pour une équipe et l’intrusion dans la vie privée. Le message est simple : encourager ne donne pas tous les droits.

Le Canadien se prépare maintenant pour un match ultime en Floride. Toute l’attention devrait être tournée vers cette rencontre décisive. Pourtant, cet épisode laisse un goût amer.

Le hockey peut rassembler, créer des émotions puissantes, souder une communauté entière. Mais lorsque la passion déborde au point d’envahir l’espace personnel, elle perd son sens.

Et dans ce cas précis, elle va beaucoup trop loin.