Commotion au 98,5 Sports: Sidney Crosby à Montréal

Commotion au 98,5 Sports: Sidney Crosby à Montréal

Par Marc-André Dubois le 2025-03-29
canadiens

C’est une déclaration qui a résonné comme une véritable onde de choc dans le paysage médiatique québécois.

Sur les ondes du 98.5 FM, Dany Dubé, l’un des analystes les plus respectés de la scène montréalaise, a laissé tomber une phrase lourde de conséquences :

« Un recruteur qui est dans le milieu depuis de nombreuses années m’a dit : Je peux difficilement imaginer Crosby rester à Pittsburgh au-delà de l’an prochain. »

Pour la première fois, une figure influente du hockey québécois admet publiquement ce que bien des rumeurs colportent depuis des mois en coulisses : Sidney Crosby pourrait être échangé. Et plus tôt qu’on le pense.

Depuis le début de cette saison marquée par les frustrations, les humiliations et une série de ventes de feu du côté de Pittsburgh, tout indique que la relation entre Kyle Dubas et son capitaine historique est brisée.

On le sait, Dubas a pris la direction des Penguins en 2023 avec un mandat flou : rester compétitif tout en amorçant une reconstruction.

Mais ce double discours a rapidement tourné au désastre. Les signatures de Tristan Jarry (5 ans, 5,375 M$ par saison) et de Ryan Graves (6 ans, 4,5 M$) sont devenues des boulets financiers.

Erik Karlsson a été ajouté à la formation dans une transaction qui a coûté à Pittsburgh un choix de 1er tour, des espoirs et la promesse d’un avenir… tout ça pour un défenseur vieillissant, inefficace en défense, et au contrat monstrueux (11,5 M$ jusqu’en 2027).

Ces décisions, Dubas les a justifiées à l’interne en affirmant qu’elles répondaient au désir de Crosby de gagner. C’était, selon lui, pour faire plaisir au capitaine.

Mais en coulisses, Dubas fait tout pour renverser la vapeur et reconstruire — sans jamais le dire publiquement. Il vend ses vétérans un à un.

Il a échangé Jake Guentzel, le compagnon de toujours de Crosby, pour des miettes. Il a liquidé Michael Bunting, Lars Eller, Reilly Smith… Et tout ça pendant que Crosby regarde son équipe s’écrouler match après match depuis des lunes. 

Sur le banc, les caméras ont souvent capté un Crosby découragé, perdu dans ses pensées. Lui qui venait tout juste de remporter le tournoi des 4 nations aux côtés de son grand ami Nathan MacKinnon.

L’écart entre l’intensité du hockey international et le marasme des Penguins est tout simplement devenu impossible à ignorer.

Et c’est là que l’option Colorado ressurgit de plus belle. MacKinnon le veut à ses côtés. Les rumeurs persistent. Et si le timing est enfin le bon?

Kyle Dubas a besoin de construire son avenir et Sidney Crosby veut jouer des matchs qui comptent. Tout converge vers une transaction possible dès cet été, ou au plus tard au cours de la prochaine saison.

L’Avalanche a une fenêtre ouverte maintenant, et même si elle vient d’acquérir Brock Nelson, les discussions restent ouvertes. Le contrat de Crosby est abordable (8,7 M$ jusqu’en 2027), et il resterait encore trois bonnes saisons au compteur du Kid...minimum...

Mais voilà qu’un autre marché entre dans la discussion avec de plus en plus de poids : Montréal. Le Centre Bell a envoyé un message clair lors du tournoi des 4 nations.

Une ovation debout. Un accueil digne d’un roi. Mario Lemieux, présent pour l’événement, a été chaudement applaudi, mais c’est Sidney Crosby qui a électrisé la foule. Il a récolté trois points et montré que malgré ses 37 ans, il a encore tout ce qu’il faut pour dominer.

À Montréal, Crosby serait un héros chaque soir. Il apporterait expérience, leadership et crédibilité à un groupe de jeunes affamés comme Slafkovsky, Suzuki et Caufield.

Oui, le CH peut proposer un ensemble d’actifs très attrayants : Logan Mailloux (que les Penguins convoitent avec insistance selon Elliotte Friedman), Kirby Dach la déception, un choix de premier tour (possiblement celui des Flames, 20e au total), et pourquoi pas d’autres éléments pour équilibrer les salaires.

Mais attention à ne pas tout sacrifier. Si Kyle Dubas finit par ouvrir officiellement la porte à une transaction, il exigera forcément un retour de grande qualité.

Et dans son viseur, il y aura un nom : Michael Hage. Le jeune joueur de centre du Canadien, vedette à l’Université du Michigan, est considéré comme l’un des meilleurs espoirs de la LNH à sa position.

Il représente l’avenir du CH à ce poste si névralgique. Autant le rêve d’avoir Crosby à Montréal est excitant, autant sacrifier Hage serait une erreur monumentale. Kent Hughes devra faire preuve de doigté.

Il peut offrir Logan Mailloux, Kirby Dach, des choix de premier tour… mais Michael Hage doit être intouchable. Le Canadien croit en lui, et avec raison : il a tous les outils pour devenir un véritable centre de deuxième trio dominant dans la LNH pour la prochaine décennie.

Patrick Laine, s’il est encore à Montréal, pourrait même être inclus comme « salary dump » dans la transaction. Bref, Kent Hughes a les munitions et surtout l’espace sur la masse pour accueillir un Sidney Crosby.

Et il a la philosophie pour cela. Hughes a récemment déclaré qu’il ne voulait plus offrir de contrats de 8 ans qu’il pourrait regretter.

Mais un vétéran comme Crosby, signé à 8,7 M$ pour deux saisons supplémentaires et possiblement encore deux autres à venir, c’est exactement le genre de pari qui fait du sens.

Le Canadien a besoin d’un deuxième centre derrière Nick Suzuki. Michael Hage, aussi prometteur soit-il, ne sera pas prêt avant 2026-2027.

L’arrivée de Crosby viendrait immédiatement stabiliser la ligne de centre et redonnerait espoir à une base partisane qui rêve encore du 25e championnat.

Et c’est là que les propos de Dany Dubé deviennent cruciaux. Pour la première fois, une voix respectée au Québec affirme que tout est en train de se mettre en place.

Crosby ne restera pas éternellement à Pittsburgh. Il voit bien ce qui se passe. Il sent que Dubas prépare une reconstruction sur plusieurs années.

Il a compris que ses dernières années de carrière pourraient être gaspillées dans les bas-fonds de la LNH. Il a aussi compris que son DG l’utilise comme bouclier médiatique, pour justifier ses décisions ratées du passé. L’heure de la séparation approche.

La vraie question, maintenant : est-ce que Crosby aura le courage de lever sa clause? Est-ce que ce tournoi des 4 nations, cet accueil incroyable à Montréal, cette complicité retrouvée avec MacKinnon… auront suffi à lui faire entrevoir un avenir ailleurs?

Le rêve de Montréal est vivant. Le dossier Crosby est en feu. Et tout indique que cet été, une page d’histoire pourrait se tourner dans la LNH.