Il y a des murmures qui commencent à prendre de plus en plus de place autour des Islanders de New York.
Pas des rumeurs lancées à la légère, pas des réactions émotives après une seule défaite. Non. Un constat qui s’installe tranquillement, qui se répète d’un analyste à l’autre, d’un ancien joueur à un autre, d’un vestiaire à l’autre : Patrick Royaurait perdu sa chambre.
This was the moment I knew Roy lost the #Isles room. pic.twitter.com/tBfcmmyJyQ
— 19 consecutive (@19consecutive) April 4, 2026
C’est dur à dire. Encore plus dur à accepter quand on parle d’une légende comme lui. Mais dans la LNH moderne, ce genre de dynamique ne pardonne pas.
Parce que le modèle Roy, on le connaît.
Un coach intense. Autoritaire. Émotif. Un leader qui exige, qui confronte, qui pousse ses joueurs dans leurs retranchements. Et pendant un certain temps, ça fonctionne. Ça crée un électrochoc. Ça réveille un groupe. Ça impose une identité claire. On l’a vu partout où il est passé : l’impact est immédiat.
Mais le problème, c’est que cet effet-là a une durée de vie.
Et à New York, on commence à sentir que le cycle est en train de s’essouffler.
Les signes sont subtils, mais ils sont là. Des séquences où l’effort collectif disparaît. Des replis défensifs inexistants dans des matchs cruciaux. Des joueurs qui semblent hésiter, réfléchir au lieu de réagir. Ce n’est plus un groupe qui joue libéré. C’est un groupe qui joue sous tension.
Et quand une équipe commence à jouer pour ne pas se faire reprocher quelque chose, au lieu de jouer pour gagner, c’est souvent le premier symptôme d’un entraîneur qui perd son vestiaire.
Ça saute aux yeux.
En début de mandat, Patrick Roy avait redonné vie à cette équipe. Il avait ramené de l’émotion, de la fierté, une forme de chaos contrôlé qui pouvait déstabiliser l’adversaire. Les joueurs répondaient. Ils embarquaient. Ils vivaient dans cette intensité-là.
Aujourd’hui?
On voit davantage de frustration que d’adhésion.
Et ça, dans une course aux séries, c’est fatal.
Parce qu’un vestiaire qui suit son coach, ça ne s’effondre pas comme les Islanders l’ont fait dans certains matchs récents. Ça ne donne pas des périodes complètes où l’équipe semble déconnectée.
Ça ne laisse pas son gardien se faire bombarder sans réaction. Ce genre de performance-là, ça envoie un message clair, même si personne ne le dira publiquement.
Le message, c’est que le lien se fragilise.
Il faut aussi comprendre une chose essentielle : le style de Roy demande une adhésion totale. Ce n’est pas un coach qui s’adapte facilement à ses joueurs.
Ce sont les joueurs qui doivent s’adapter à lui. Et dans la LNH d’aujourd’hui, avec des jeunes vedettes, des personnalités fortes, des joueurs qui ont grandi dans une culture différente, ce modèle devient de plus en plus difficile à maintenir dans le temps.
Ce qui passait pour du leadership il y a 15 ans peut aujourd’hui être perçu comme de la rigidité.
Et quand les résultats ne suivent plus à court terme, parce que c’est là-dessus que repose en grande partie la crédibilité de ce type de coaching, tout s’effondre encore plus vite.
C’est exactement ce qu’on observe.
Les Islanders ne sont pas hors course. Mathématiquement, rien n’est terminé. Mais l’énergie n’est plus la même. L’exécution non plus. Et surtout, la confiance semble avoir changé de camp.
On commence même à entendre des comparaisons qui font mal.
Pendant que Patrick Roy lutte pour maintenir son message en vie, Martin St-Louis, lui, construit quelque chose de complètement différent à Montréal. Une approche basée sur la communication, la confiance, l’adhésion collective. Deux philosophies. Deux époques.
Et en ce moment, une seule des deux semble connecter avec ses joueurs.
Ça ne veut pas dire que Roy n’est plus un bon coach.
Ça veut dire que son modèle, lui, est peut-être en train de se heurter à une réalité qu’il ne contrôle plus.
Parce qu’en bout de ligne, dans la LNH, ce ne sont pas les systèmes qui décident. Ce ne sont pas les discours non plus.
Ce sont les joueurs.
Et quand ils arrêtent d’embarquer complètement, même un compétiteur comme Patrick Roy ne peut pas gagner ce combat-là seul.
