Cole Caufield hanté à Buffalo : Martin St-Louis commence à perdre patience

Cole Caufield hanté à Buffalo : Martin St-Louis commence à perdre patience

Par William Petit Lemay le 2026-05-07

Cole Caufield traverse présentement le moment le plus inconfortable de ses présentes séries éliminatoires. Et plus les matchs avancent, plus la frustration devient visible.

À Buffalo, les Sabres ont clairement identifié leur cible.

Ils jouent dans sa tête.

Ils le frappent rapidement. Ils ferment chaque espace autour de lui. Ils le poussent constamment vers l’extérieur de la glace. Puis dans les estrades, les partisans en rajoutent sans arrêt avec des chants de “Caufield! Caufield!” chaque fois qu’il touche à la rondelle.

Le problème, c’est que ça fonctionne.

Le numéro 13 du Canadien semble complètement incapable de retrouver le rythme offensif qui faisait de lui un marqueur de 51 buts en saison régulière. À cinq contre cinq, il disparaît pendant de longues séquences. Ses présences deviennent plus difficiles, ses touches de rondelle moins dangereuses, et sa frustration commence tranquillement à exploser.

Même sur le banc, les images parlaient d’elles-mêmes mercredi soir.

À plusieurs reprises, Caufield est revenu s’asseoir avec un regard noir, visiblement irrité par son match et incapable de cacher ses émotions. Buffalo l’étouffe mentalement autant que physiquement.

Martin St-Louis le voit très bien.

Le plus intéressant dans toute cette histoire reste toutefois la manière dont l’entraîneur-chef tente publiquement de protéger son joueur.

En conférence de presse, lorsque le journaliste Patrick Friolet lui a demandé pourquoi les meilleurs joueurs offensifs du Canadien ne produisaient pas davantage à cinq contre cinq, St-Louis a immédiatement reformulé la question pour détourner la pression.

Sa réponse... on sentait un Martin St-Louis plus piqué qu’à l’habitude, avec un ton sec, presque arrogant, et un regard qui trahissait clairement une certaine frustration.

« Les top joueurs ont produit à cinq contre cinq, mais pour une raison », a-t-il répondu avant de longuement expliquer le style défensif imposé par Tampa Bay lors de la ronde précédente.

Le coach a pratiquement refusé de placer le blâme directement sur Caufield.

Au contraire, il a ramené toute la discussion vers les adversaires et vers le manque d’espace disponible sur la glace.

« Il n’y avait pas beaucoup d’espace. Les deux équipes se défendaient très fort », a insisté St-Louis.

Le message était clair.

Dans sa tête, le problème vient davantage de la structure imposée par l’adversaire que du rendement individuel de son marqueur étoile.

Mais honnêtement, plus la conférence avançait, plus on sentait une certaine irritation dans ses réponses.

St-Louis défend Caufield publiquement, oui. Sauf qu’il sait aussi que son équipe ne peut pas survivre éternellement avec un joueur aussi important qui produit aussi peu offensivement.

Le Canadien a réussi à sortir Tampa Bay malgré les difficultés de son meilleur buteur. Contre Buffalo, le défi devient complètement différent. Les Sabres jouent avec vitesse, mobilité et agressivité constante. Cette équipe donne un peu plus d’espace offensif à Montréal, mais elle impose aussi une présence physique beaucoup plus étouffante autour des petits attaquants.

Et présentement, Caufield ne trouve aucune réponse.

Quand Martin St-Louis affirme que son joueur “joue la game qui est en avant de lui”, on comprend ce qu’il tente de faire. Il essaie de préserver mentalement son attaquant. Il refuse de l’écraser publiquement devant les médias et devant une province déjà impatiente.

Mais derrière ce discours protecteur, le besoin d’un électrochoc commence sérieusement à planer.

Plusieurs analystes réclament maintenant de séparer Caufield de Nick Suzuki pour quelques présences. D’autres demandent davantage d’ajustements sur l’avantage numérique afin de lui redonner confiance rapidement.

Une chose devient certaine : le Canadien ne peut pas battre Buffalo longtemps sans retrouver son sniper.

Quand Kirby Dach attaque le filet avec rage pendant que Caufield reste coincé en périphérie, les comparaisons deviennent cruelles. Les Sabres le savent aussi. Chaque mise en échec semble maintenant calculée pour tester son niveau de frustration.

Et pendant que Martin St-Louis continue de défendre son joueur devant les caméras, une question commence tranquillement à grandir autour du Canadien de Montréal.

À quel moment la patience va-t-elle réellement atteindre sa limite?

À suivre...