Chute tragique de Lindsey Vonn: PK Subban garde le silence

Chute tragique de Lindsey Vonn: PK Subban garde le silence

Par David Garel le 2026-02-08

La scène est d’une brutalité rare. En quelques secondes, le pari ultime de Lindsey Vonn s’est effondré sur la neige de Cortina.

Une perte d’équilibre dès le haut du parcours, une trajectoire qui se dérobe, puis ce corps projeté violemment sur la piste.

Ensuite, le silence. De longues minutes étendue au sol. Les grimaces de douleur captées par les caméras. L’évacuation par hélicoptère. Et cette impression lourde, presque irréelle, d’assister à la fin d’une légende.

Vonn, déjà atteinte d’une déchirure du ligament croisé antérieur du genou gauche survenue à peine une semaine plus tôt, avait défié l’avis de la majorité des experts médicaux pour être au départ de la descente olympique des Jeux de Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026.

Elle le savait. Tout le monde le savait. Le LCA est essentiel en ski alpin. C’est lui qui stabilise le genou dans les courbes à haute vitesse. Sans lui, chaque compression devient une roulette russe.

Mais Lindsey Vonn n’a jamais fonctionné comme les autres.

Sortie de la retraite après six ans avec un seul objectif en tête, décrocher une médaille en 2026, elle venait de réussir un retour presque miraculeux, en montant sur le podium à sept reprises en neuf courses cet hiver.

À Cortina, malgré la blessure, elle avait signé le troisième puis le onzième temps en entraînement. Sur une seule jambe, littéralement. Tout semblait encore possible.

Sa course officielle, elle, n’aura duré que quelques secondes.

C’est ainsi que se termine, brutalement, le parcours d’une athlète aux 82 victoires en Coupe du monde, quadruple gagnante du gros globe, multiple championne olympique et mondiale, reine absolue de Cortina avec douze triomphes sur cette montagne.

Une carrière gigantesque qui s’éteint dans la douleur, sous les pales d’un hélicoptère.

Pendant que l’Américaine était évacuée, sa compatriote Breezy Johnson filait vers l’or. L’Allemande Emma Aicher et l’Italienne Sofia Goggia complétaient le podium.

Mais personne ne parlait vraiment de médailles. Toute l’attention était ailleurs. Sur Lindsey. Sur cette chute. Sur ce choix risqué. Et sur ce vide soudain autour d’elle.

Parce qu’un silence, en particulier, a frappé tout le monde.

Celui de P. K. Subban.

Pas un message public. Pas un mot d’encouragement. Pas même un cœur sur les réseaux sociaux. Rien.

Et ce mutisme n’est pas passé inaperçu.

On se souvient pourtant très bien de l’époque où ils formaient le couple tout-puissant du sport nord-américain. La skieuse la plus décorée de sa génération et le défenseur étoile, ancien pilier des Canadiens de Montréal, devenu visage médiatique de la LNH.

Ensemble, ils incarnaient une version glamour du sport de haut niveau : tapis rouges, galas caritatifs, stories Instagram, projets communs. Ils avaient même animé, en pleine pandémie, des sessions en direct depuis leur salle de bain, répondant aux questions des fans comme un duo parfaitement rodé.

Ils étaient fiancés. La date du mariage était choisie. Le lieu aussi. Tout était prêt pour 2021.

Puis, le 29 décembre 2020 de cette année-là, rupture officielle.

Dans leurs messages respectifs, le ton était poli, presque clinique. Subban parlait d’une femme « gentille et attentionnée ». Vonn évoquait « un homme bon ». Ils promettaient de rester amis. Demandaient le respect de leur vie privée.

Mais derrière les communiqués sages, la fracture était profonde.

Plus tard, Lindsey Vonn avouera avoir été complètement prise au dépourvu. Blindsided. Elle expliquera que tout était organisé, que rien ne laissait présager une séparation aussi soudaine. Elle ira jusqu’à lancer, avec une pointe d’amertume : « Au moins, mon chien ne me trahira jamais. »

De son côté, Subban reconnaîtra publiquement que sa tête n’était pas toujours au hockey durant cette période, admettant qu’il n’avait pas rendu ses coéquipiers meilleurs parce qu’il n’était pas à 100 % mentalement.

À l’époque, plusieurs observateurs au New Jersey s’étaient déjà interrogés sur sa chute de rendement avec les Devils, sur sa perte de focus, sur ce mélange de jet-set, de sorties et de distractions loin de la patinoire.

Il avait pris énormément de poid en très peu de temps, résultat de ses nombreuses sorties au restaurant.

Aujourd’hui, ce passé refait surface.

Parce que dans un moment aussi dramatique que la chute de Lindsey Vonn, une femme avec qui il devait se marier, une athlète qui vient peut-être de vivre les dernières secondes de sa carrière, l’absence totale de réaction de Subban choque.

Personne ne lui demandait une déclaration émotive. Personne ne s’attendait à un long texte. Mais un simple message de soutien, un emoji, un geste humain, aurait suffi.

Rien.

Ce silence devient alors malaisant.

Il ravive les souvenirs d’une relation qui, avec le recul, apparaît de plus en plus asymétrique. Elle, obsédée par la performance, la discipline, le retour au sommet. Lui, aspiré progressivement vers autre chose, jusqu’à voir sa carrière de joueur s’effriter avant de basculer vers les studios de télévision.

Pendant que Lindsey Vonn risquait son genou, et probablement sa mobilité future, pour une dernière chance olympique, son ex-fiancé restait invisible.

La chute de Cortina est déjà entrée dans l’histoire du sport. Elle symbolise à la fois la grandeur d’une championne prête à tout et la cruauté d’un corps qui finit par dire non.

Mais elle met aussi en lumière autre chose : l’isolement brutal des athlètes quand les projecteurs s’éteignent, quand les relations explosent, quand les anciens « power couples » ne sont plus que des souvenirs figés dans les archives Instagram.

Lindsey Vonn quitte la scène comme elle a vécu sa carrière : en défiant la douleur, en repoussant les limites, en refusant de s’effacer discrètement.

Et pendant que le monde du sport retient son souffle pour son rétablissement, une autre réalité s’impose : parfois, la chute la plus dure n’est pas celle qu’on voit à l’écran.

C’est celle qu’on traverse seul, loin des podiums, loin des promesses, loin des gens qui disaient un jour vouloir partager toute une vie.