Chute dangereuse de Juraj Slafkovsky: le coeur de Montréal s’arrête

Chute dangereuse de Juraj Slafkovsky: le coeur de Montréal s’arrête

Par David Garel le 2026-02-18

Il n’a pas marqué.

Et pourtant, c’est peut-être le jeu le plus marquant du tournoi.

Dans une victoire éclatante de la Slovaquie contre l’Allemagne, Juraj Slafkovský a offert au monde entier un moment de pure audace, un moment qui résume exactement ce qu’il est devenu à Milan : confiant, dominant, sans peur.

La séquence débute en zone défensive. Jeu serré. Pression allemande. Slaf récupère la rondelle près de sa ligne bleue. Situation risquée. Très risquée. La décision logique? Dégager. Jouer simple. Éviter l’erreur.

Mais Slafkovský n’a pas choisi la prudence.

Leon Draisaitl arrive en pression. Un des attaquants les plus redoutables au monde. Expérience, puissance, lecture de jeu élite. Et là, au lieu de forcer la sortie ou de longer la bande, Slaf pivote.

Un 360 complet.

Rondelle collée au bâton.

Corps utilisé comme bouclier.

Draisaitl mord.

Et en une rotation fluide, Slafkovský le laisse littéralement derrière lui.

Ouch. Une leçon d'humilité pour l'Allemand:

Pas un simple contournement. Pas un petit crochet. Un tour complet sur lui-même, en sortie de zone, dans un match olympique, contre une superstar mondiale.

Le banc slovaque explose.

La foule se lève.

Les réseaux sociaux s’embrasent.

Parce que ce n’est pas seulement spectaculaire, c’est courageux. C’est une déclaration technique et mentale. Ce genre de jeu, si tu te fais voler la rondelle, ça finit dans ton filet. Mais Slaf n’a pas hésité une seconde.

Il a pris le risque.

Il l’a exécuté parfaitement.

Et derrière ce geste-là, il y avait toute la confiance d’un joueur en pleine ascension.

Notre coeur s'est ensuite arrêté quand Slafkovsky a chuté de manière dangereuse.

On a tous retenu notre souffle pendant quelques secondes.

Juraj Slafkovský a donné toute une frousse quand il a perdu l’équilibre après un contact accidentel avec Moritz Seider et qu’il est allé frapper la bande tête première, de façon très awkward.

Le genre de séquence qui glace instantanément le sang des partisans du Canadien. Slaf est resté étendu un moment, puis assis sur le banc avec un sac de glace directement derrière le cou, une image toujours inquiétante, surtout quand on parle d’un joueur clé envoyé aux Jeux olympiques.

Il n’est pas rentré immédiatement au vestiaire et a même célébré avec son équipe sur le banc après un but, ce qui a rassuré tout le monde, mais on voyait clairement qu’il prenait ça plus prudemment par la suite.

Il est revenu dans le match, les partisans du CH ont pu respirer, mais sur le coup, c’était exactement le scénario cauchemar que redoute Montréal : voir son premier choix au total étendu sur la glace à Milan.

La Slovaquie a ensuite roulé sur l’Allemagne. Une véritable dégelée.

Intensité. Pression. Contrôle. Slafkovský n’a même pas noirci la feuille de pointage, et pourtant, son empreinte était partout. Son 360 a changé l’énergie du match. Il a mis l’Allemagne sur les talons. Il a envoyé un message : vous n’êtes pas à notre niveau aujourd’hui.

Victoire à sens unique de 6-2.

Dans un tournoi où les étoiles marquent, Slaf a rappelé qu’une superstar peut aussi dominer sans but.

Les experts en parlent. Elliott Friedman a même laissé entendre que Slafkovský joue présentement comme le MVP du tournoi. Et honnêtement? Ce n’est pas exagéré.

Il transporte le jeu.

Il transporte l’émotion.

Il transporte un pays.

En Slovaquie, les clips tournent en boucle. Les commentaires pleuvent. On parle de son audace, de sa maturité, de son aplomb face aux plus grands noms du hockey mondial.

Ce qui est fascinant, c’est que ce geste arrive après tout le reste.

Après les critiques envers la fédération.

Après la tentative de le remettre à sa place.

Après la pression familiale.

Après les débats.

À Milan, Juraj Slafkovský ne demande plus la permission.

Il joue libre.

Et quand un joueur de 21 ans ose humilier Leon Draisaitl avec un 360 en sortie de zone, devant la planète hockey, ce n’est pas juste beau.

C’est une confirmation.

La Slovaquie n’a peut-être pas toujours les plus grands noms.

Mais elle a présentement le joueur le plus incandescent du tournoi.

Et parfois, un seul mouvement suffit pour que tout le monde comprenne.

Il y a six mois à peine, on parlait encore de Juraj Slafkovský comme d’un point d’interrogation. Certains murmuraient déjà les noms d’Alex Galchenyuk et de Jesperi Kotkaniemi, comme si le scénario était écrit d’avance. Sa grosse fin de saison précédente ne suffisait pas à calmer les sceptiques. On comparait. On doutait. On ressortait Logan Cooley, Shane Wright, on décortiquait chaque statistique pour tenter de prouver que le premier choix du Canadiens de Montréal n’était peut-être pas le bon.

Puis l’hiver est arrivé.

Et Slafkovský a tout simplement décollé.

Pas tranquillement. Pas graduellement. Brutalement.

Vingt-quatre points à ses 21 derniers matchs dans la LNH. Le moteur de son trio avec Ivan Demidov et Oliver Kapanen. Celui qui transporte la rondelle. Celui qui crée l’espace. Celui qui dicte le rythme. Ce n’est plus un jeune qui survit dans la ligue : c’est un joueur qui impose sa présence.

Et ce qu’on voit à Milan vient cimenter ça.

Six points, dont trois buts, en trois matchs olympiques. Mais surtout, cette façon de porter littéralement un pays sur ses épaules à 21 ans. Ce n’est pas juste une séquence offensive. C’est une prise de statut. Slafkovský n’est plus un espoir. Il devient une vedette internationale sous nos yeux.

Ce qui frappe, c’est que son nom ne détonne plus quand on le place à côté des grands. Il est maintenant dans la conversation avec les meilleurs pointeurs du tournoi. Pas comme un intrus. Pas comme un “cute story”. Comme un vrai joueur d’impact. Et il est l’un des plus jeunes du groupe.

On parlait d’un plafond limité. On parlait d’un choix risqué. On parlait d’un projet à long terme.

Aujourd’hui, on parle d’un ailier de puissance moderne : gros gabarit, vitesse surprenante, mains élites pour sa taille, confiance avec la rondelle, intelligence situationnelle. Il ne sera peut-être pas un marqueur de 110 points par saison — quoique, rendu là, plus rien ne semble impossible — mais il apporte une dimension que peu de joueurs possèdent : il change la géométrie du jeu quand il est sur la glace.

Et c’est là que le repêchage 2022 prend un tout autre visage.

Ce qu’on disait être une cuvée faible au sommet commence à raconter une autre histoire. Plusieurs de ces joueurs deviennent des piliers dans leurs organisations respectives. Mais le premier choix, lui, est en train de s’imposer comme la pièce maîtresse de sa classe.

On se souvient tous de cette soirée au Centre Bell. Des chandails déjà imprimés. Des visages figés quand le nom de Slafkovský a résonné. De la première saison difficile. De l’impatience. Du bruit.

Aujourd’hui, il n’y a plus grand monde à convaincre.

Même ceux qui doutaient doivent maintenant admettre l’évidence : le Canadien n’a pas manqué son coup.

Et quand tu ajoutes à ça ce qu’on voit présentement à Milan — la confiance, la colère gagnante, le leadership sans lettre, les gestes de grande scène, l’audace contre des superstars mondiales — tu comprends que ce développement n’est pas un accident.

Juraj Slafkovský est en train de franchir le seuil invisible entre “bon jeune joueur” et “joueur qui compte vraiment”.

Ce genre de transformation ne se mesure pas seulement en points.

Ça se voit dans le regard.

Dans la façon dont il exige plus de ses coéquipiers.

Dans son refus de reculer.

Dans sa capacité à prendre un match par la gorge.

Et pour Montréal, c’est peut-être ça, la vraie victoire.

Ils n’ont pas seulement repêché un talent.

Ils ont repêché un futur pilier.

Un gars bâti pour les grandes scènes.

Un joueur qui, à 21 ans, apprend déjà à dominer sous pression mondiale.

La suite?

Elle s’annonce franchement fascinante.