Quand La Presse parle, le destin frappe sans pitié : la fin d’Arber Xhekaj à Montréal n’est plus une rumeur.
Le moment où un média traditionnel qui est un organisme traditionnel, subventionné par nos impôts, sans agenda sensationnaliste, décide de mettre des mots clairs sur ce que tout le monde voit, mais que personne n’osait encore formuler ouvertement, c'est que l'heure est grave.
Pour la première fois, La Presse évoque ouvertement la fin possible d’Arber Xhekaj à Montréal, en des termes qui ne laissent pratiquement aucune zone grise.
Et dans un marché comme Montréal, quand La Presse cesse de protéger le narratif mensonger du coach (qui affirme avoir toujours confiance au shérif) pour décrire froidement la réalité hockey, ce n’est jamais un accident.
La conclusion est brutale : la confiance n’est plus là.
Les mots utilisés par le journaliste Simon-Olivier Lorange, l'ennemi public numéro un de Martin St-Louis, sont lourds de sens :
« Défenseur robuste souvent mal servi par sa robustesse, Xhekaj a perdu plus de deux minutes et demie de temps de glace par rapport à la saison dernière. Après quelque 200 matchs dans la LNH, il saute encore son tour de temps à autre et il n’est jamais employé autrement que contre les adversaires les plus faibles. Ses entraîneurs ne semblent plus avoir de grandes ambitions à son endroit. »
Dans le langage "safe" de La Presse, “ne semblent plus avoir de grandes ambitions”, c’est une condamnation. Cela signifie que, dans l’esprit de Martin St-Louis et de son état-major, Xhekaj n’est plus un projet à développer, mais un joueur à gérer… ou à contourner.
Perdre plus de deux minutes et demie de temps de glace en moyenne en moins d'une année, après 200 matchs, ce n’est pas une phase. Ce n’est pas un ajustement. C’est la fin qui est annoncée avant l'heure.
La Presse arrive en ville avec beaucoup de retard, mais la relation entre Martin St-Louis et Arber Xhekaj est brisée depuis longtemps.
Elle s’est détériorée par accumulation, par fatigue, par mépris mutuel, jusqu’à devenir irréparable. À la base, il y a une incompatibilité profonde de visions. St-Louis n’a jamais accepté l’identité du « Shérif ». Il n’a jamais aimé le symbole, jamais aimé le rôle, jamais aimé ce que Xhekaj représentait médiatiquement : un joueur plus grand que son utilisation réelle, un défenseur dont la popularité débordait largement le cadre sportif et du vestiaire.
Chaque mention du surnom, chaque question en conférence de presse, chaque référence au shérif, à l’intimidation, à la peur semée chez l’adversaire devenait, pour St-Louis, une irritation supplémentaire, un rappel constant qu’il devait justifier un joueur qu’il ne voulait pas.
Puis il y a eu le marketing. Les chandails, les collaborations, l’image publique assumée par Xhekaj et son entourage. Pour un entraîneur obsédé par le « process », par l’effacement de l’ego individuel au profit du collectif, c’était inacceptable.
Et à partir de là, chaque erreur défensive, chaque pénalité inutile, chaque combat mal chronométré devenait une preuve de plus qu’il fallait le punir devant tout le monde.
Le point de rupture, c’est quand Xhekaj a compris qu’aucun sacrifice ne changerait rien. Il pouvait risquer sa santé, jeter les gants contre des monstres, absorber des coups pour ses frères de vestiaire, la récompense ne venait jamais.
Au contraire, il était encore plus enfoncé par son coach, encore plus exposé, encore plus humilié par des temps de glace ridicules et des messages passifs-agressifs. Tout le monde se souvient des "erreurs niaiseuses", le terme favori de St-Louis pour décrire les bourdes de son défenseur.
À partir de ce moment-là, la confiance a cessé d’exister des deux côtés. St-Louis ne voulait plus du joueur. Xhekaj ne voulait plus mendier le respect. Et quand un entraîneur et un joueur en arrivent là, il n’y a plus de retour possible.
Pourquoi c’est si important que ça vienne de La Presse?
Parce que La Presse ne parle jamais pour rien dire. Parce que La Presse ne pousse pas de narratif émotionnel. Parce que La Presse est historiquement le média qui confirme, pas celui qui déclenche. (aucun scoop à leur actif)
Quand ce journal écrit noir sur blanc que les entraîneurs n’ont plus de grandes ambitions envers un joueur, cela signifie que le diagnostic est partagé au sommet de l’organisation, et qu’il n’est plus nécessaire de le cacher au public.
C’est exactement pour ça que ce texte change tout.
Ce n’est plus une impression de partisans.
Ce n’est plus une lecture de réseaux sociaux.
Ce n’est plus un angle éditorial agressif.
C’est la version traditionnelle de la réalité.
La Presse ne s’arrête pas à Xhekaj. Jayden Struble est envoyé sous l'autobus aussi, mais de manière beaucoup plus douce.
Sur Jayden Struble, le ton est différent, presque indulgent :
" En l’absence de Kaiden Guhle, il est devenu le partenaire attitré de Lane Hutson. Ça a fonctionné… jusqu’à ce que ça ne fonctionne plus. Au cours des dernières semaines, l’Américain s’est retrouvé dans une rotation sur le troisième duo de l’équipe. On disait de Jordan Harris, il y a quelques années, qu’il avait le défaut de n’exceller dans rien de particulier ; Struble, quoique plus robuste que son ex-coéquipier, partage cette étiquette. Jusqu’à nouvel ordre, c’est un défenseur de soutien. "
La nuance est essentielle. Struble est critiqué, mais on ne parle pas de fin possible. Il a eu une opportunité. Il a été essayé dans un rôle valorisant, avec Lane Hutson. Il est maintenant redescendu dans la hiérarchie, mais sans être publiquement disqualifié.
Le fait que Struble soit signé pour 2026-2027 (1,41 M$) change tout. Car tout le monde sait que Xhekaj devient agent libre avec restriction, qui veut au moins 2 M$ par année (et non 1,3 M$ comme en ce moment) et que son agent va vouloir avoir des promesses sur son temps de jeu.
Le clan Xhekaj est vraiment tanné qu'on le traite comme un moins que rien.
Xhekaj n'a jamais eu la confiance de St-Louis. Même quand il risque sa vie en jetant les gants, St-Louis le méprise devant tout le monde.
Quand un média comme La Presse établit le lien brisé entre le coach et le shérif, c’est qu’en coulisses, la décision est pratiquement prise.
Arber Xhekaj n’a pas encore été échangé.
Mais en validant publiquement qu’un entraîneur ne croit plus en un joueur, le compte à rebours est commencé.
Ce n’est plus une question de “si”, mais de “quand”. Reste à voir comment il partira.
Via transaction? Offre hostile? Les paris sont ouverts.
