Le vol entre Los Angeles et Montréal dure un peu plus de cinq heures. Cinq heures enfermées dans un avion. Cinq heures à regarder par le hublot… ou à regarder son téléphone.
Et pour Samuel Montembeault, ce voyage de retour risque d’avoir été l’un des plus longs de sa carrière.
Parce que pendant que l’avion des Canadiens de Montréal traversait le continent, une tempête médiatique continuait de grossir au Québec. Partout, la même question revient : faut-il rappeler Jacob Fowler de Rocket de Laval?
Les discussions explosent.
Les analyses s’enchaînent.
Et les critiques deviennent de plus en plus brutales.
Sur TVA Sports, sur RDS, dans les chroniques et sur les réseaux sociaux, plusieurs avancent maintenant que l’organisation n’a peut-être plus le choix d’essayer quelque chose de différent devant le filet.
Martin St-Louis ne peut plus traiter Samuel Montembeault comme son chouchou:
- Jacob Dobes (recrue/gardien #2): 16e rang des gardiens NHL
— Jeff B 34-18-9☕🎸💬🏒 (@JefDLL) March 8, 2026
- Samuel et (gardien #1): 47e rang.
Qui jouera c. TOR ce mardi : ->Montembeault en raison que les Torontois sont très battables et que MSL Midget AAA veut lui donner une chance de rebondir.
*Sarcasme pic.twitter.com/kXxy8P48r3
Et pour Montembeault, c’est là que le cauchemar devient public.
Parce qu’un gardien peut accepter les critiques dans un vestiaire. Il peut encaisser les analyses d’entraîneurs ou les commentaires d’anciens joueurs. Mais quand la tempête devient nationale, quand elle occupe toutes les tribunes et tous les réseaux, elle finit par entrer dans la tête du joueur.
Surtout quand le message est toujours le même : le club doit trouver une autre solution.
Dans ce contexte, une voix s’est toutefois levée pour calmer le jeu.
Le journaliste Marc de Foy a pris la défense du gardien québécois, rappelant que la situation est plus complexe que ce que la colère populaire laisse croire. Oui, Montembeault traverse une période difficile. Oui, sa confiance semble fragile. Mais la position de gardien reste l’une des plus cruelles dans le sport professionnel.
Les plus grands gardiens de l’histoire ont eux aussi connu des passages à vide.
La pression de Montréal, elle, ne pardonne jamais.
Et c’est ce qui rend la situation actuelle particulièrement lourde pour Montembeault. Il y a un an à peine, il vivait les plus beaux moments de sa carrière. Il enchaînait les performances solides, attirait l’attention de Équipe Canada et participait même à des camps liés aux projets olympiques.
Aujourd’hui, le débat est complètement différent.
On parle d’un rappel possible de Fowler.
On parle d’un changement de hiérarchie devant le filet.
Et certains vont même jusqu’à se demander si Montembeault peut encore être l’homme de la situation pour le dernier droit de la saison.
C’est la brutalité du poste de gardien.
Un gardien peut porter une équipe pendant des mois… et quelques semaines difficiles suffisent pour que tout le monde commence à regarder ailleurs.
Pour Montembeault, ce vol de retour vers Montréal ressemble donc à un moment suspendu. Un moment où tout le bruit extérieur continue de grandir pendant que l’équipe retourne à la maison.
Et pendant que les discussions se multiplient autour de Fowler et de l’avenir du filet montréalais, une réalité demeure.
Derrière les statistiques, les analyses et les débats, il y a un joueur qui vit probablement l’un des moments les plus difficiles de sa carrière.
Un moment où tout le Québec parle de lui.
Mais rarement pour les bonnes raisons.
