C’est devenu une routine malsaine. Une spirale. Un mauvais film qui recommence toujours au même point.
Alors que tout indiquait qu’il allait enfin effectuer un retour au jeu avec le Rocket de Laval, voilà que le défenseur du Canadiens de Montréal doit encore attendre le feu vert médical. Oui, il patine. Oui, il s’entraîne avec un chandail régulier. Mais non, il ne jouera pas ce soir, et son match de demain demeure incertain.
Encore.
Pas parce qu’il ne veut pas jouer. Pas parce qu’il ne travaille pas. Mais parce que son corps ne lui donne toujours pas la permission.
Et l'organisation tente de protéger on image de sélection raté... en affirmant qu'il "pourrait" être en uniforme demain.
Pascal Vincent m'a confié que ce n'était pas impossible que David Reinbacher puisse jouer le match de demain après-midi face à Cleveland.
— Vincent Demuy (@VDemuy) February 6, 2026
L'entraîneur du @RocketLaval doit discuter avec Glen Kinney aujourd'hui afin de valider si l'autrichien est prêt. https://t.co/1BZE1miO6B
Encore blessé. Encore en attente du feu vert médical. Encore obligé de regarder ses coéquipiers jouer pendant que lui patine avec un chandail régulier à l’entraînement, sans savoir s’il pourra réellement être en uniforme le lendemain.
La porcelaine a encore craqué.
Ce n’est pas une accusation contre le joueur. C’est un constat brutal sur la réalité qui l’entoure depuis son arrivée en Amérique du Nord : blessures à répétition, arrêts forcés, retours graduels, rechutes, puis silence radio.
Pendant ce temps, les réseaux sociaux explosent. On le traite de tous les noms. Bust. Flop. Mauvais choix. Erreur historique. Les partisans sont à bout.
Et le pire, c’est le timing.
Parce que pendant que Reinbacher tente simplement de revenir au jeu avec le Rocket de Laval, son nom circule activement dans les coulisses de la LNH.
Pas comme pièce secondaire.
Comme pièce centrale.
Depuis des semaines, on murmure que le Canadiens de Montréal essaie de bouger. Que Kent Hughes explore des pistes à Saint-Louis, notamment autour de Robert Thomas et Jordan Kyrou. On sait aussi que, avant même que les Penguins de Pittsburgh ne glissent hors du portrait des séries, le nom de Reinbacher circulait déjà là-bas dans la fameuse transaction rêvée de Sidney Crosby.
Même Renaud Lavoie avait affirmé qu'il voyait Reinbacher se faire échanger.
Même Mathias Brunet, son plus grand défenseur et le pire détracteur de Matvei Michkov, avait rapporté que Montréal tentait de l’inclure dans des discussions majeures.
Et voilà le drame.
Tu essaies de magasiner un défenseur droitier de 6 pieds 3, cinquième choix au total, supposé représenter l’avenir de ta ligne bleue… pendant qu’il est encore à l’infirmerie.
C’est le pire scénario imaginable.
Parce qu’un joueur blessé, ça ne se transige pas fort.
Ça se dévalue.
Ça devient fragile aux yeux des autres DG.
Ça soulève des doutes médicaux.
Ça fait peur.
Et pendant ce temps-là, Reinbacher vit tout ça de l’intérieur. Il n’est pas inconscient de ce qui se dit. Il voit les commentaires. Il sent la pression. Il sait qu’il est devenu un symbole, malgré lui, de toutes les frustrations accumulées depuis le repêchage 2023.
On ne parle plus seulement de son développement.
On parle de sa valeur marchande.
On parle de savoir si Montréal a repêché le mauvais défenseur.
On parle de savoir s’il sera la monnaie d’échange pour aller chercher un centre ou un ailier top-6.
On parle de savoir si son corps va tenir.
Et lui, pendant ce temps-là, essaie juste de jouer au hockey.
Depuis le 24 janvier, il n’a pas disputé un seul match. Pascal Vincent a confirmé qu’un retour ce week-end à Cleveland est possible… mais pas garanti. Encore une fois, on attend l’autorisation médicale. Encore une fois, tout est conditionnel.
La saison du Rocket compte déjà 45 matchs.
Reinbacher en a joué 33.
Ce n’est pas catastrophique sur papier.
Mais pour un espoir qui doit accumuler les répétitions, bâtir sa confiance, solidifier son jeu nord-américain et retrouver son identité de 2023, c’est loin d’être idéal.
Malgré tout, il continue d’avoir un rôle important à Laval. Il joue des minutes lourdes. Il est utilisé dans toutes les situations. Et sans faire de bruit, il contribue aux succès d’une équipe qui trône au sommet de sa division.
Mais ça, personne ne veut l’entendre.
Ce que les gens voient, c’est le mot “blessé”.
Encore.
Et c’est là que ça devient cruel.
Parce que pendant que Reinbacher se bat pour revenir, les négociations continuent sans lui. Saint-Louis veut du talent immédiat.
Les Blues ont tellement poussé pour Kaiden Guhle, mais le CH leur a fait comprendre que c'était Reinbacher qui était disponible pour une transaction.
Montréal se retrouve pris entre deux feux : protéger son investissement… ou l’utiliser pour accélérer le processus.
Or, échanger un joueur dans cet état-là, c’est vendre à rabais.
C’est envoyer un message terrible.
C’est dire : on n’attend plus.
Mais ne pas l’échanger, c’est aussi accepter de vivre avec cette incertitude constante, ce stress médical, cette pression publique.
C’est un dilemme brutal.
Et au centre de tout ça, il y a un jeune défenseur autrichien qui n’a rien demandé.
Il ne s’est pas choisi cinquième.
Il ne s’est pas placé dans les rumeurs.
Il ne s’est pas blessé volontairement.
Il essaie juste de revenir.
Encore.
Alors oui, David Reinbacher n’est pas chanceux.
Mais ce qui se passe autour de lui commence à ressembler à autre chose qu’un simple manque de chance.
Ça ressemble à un engrenage.
Un engrenage où le développement, la perception publique et la stratégie de transactions se frappent de plein fouet.
Et tant que cette roue-là continue de tourner, Reinbacher restera coincé entre deux mondes : celui d’un espoir qu’on doit protéger… et celui d’un actif qu’on essaie de monnayer.
C’est ça, le vrai drame.
Pas seulement ses blessures.
Mais le fait qu’il soit devenu, à 20 ans, un dossier politique.
Et ça, pour un jeune joueur qui tente juste de se remettre sur ses patins, c’est peut-être la partie la plus lourde à porter.
Ça sent le début de la fin. À un moment donné, il faut regarder la réalité en face: l'avenir de David Reinbacher n'est pas à Montréal.
Espérons seulement que sa valeur ne continue pas de chuter sur le marché...
