Luc Robitaille a toujours eu le sourire facile.
Beau gosse. Charme naturel. Légende vivante des Kings. Ambassadeur parfait pour les galas et les caméras. Pendant longtemps, ça suffisait. Le crédit accumulé comme joueur protégeait le président.
Mais le crédit est épuisé.
Luc Robitaille a été nommé président des Kings de Los Angeles le 10 avril 2017. Depuis?
Cinq entraîneurs-chefs.
Deux directeurs généraux.
Zéro victoire en série éliminatoire.
Luc Robitaille was named President of the Los Angeles Kings on April 10th 2017. Some fun facts during that time.
— Nick (@LaKingsNick) March 1, 2026
5 head coaches.
2 General Manager.
0 playoff series wins. #GoKingsGo https://t.co/ECDzHhYlDr
Les Kings ont été éliminés année après année, toujours par les Oilers d’Edmonton, sans jamais offrir une réponse convaincante. Quatre sorties consécutives contre le même rival. Toujours le même scénario. Toujours la même incapacité à franchir l’étape suivante.
Et dimanche, le coach Jim Hiller a sauté.
Encore un coach.
Encore un fusible.
Mais le problème, ce n’est plus derrière le banc. Le problème est plus haut.
Robitaille n’a plus de filet de sécurité.
L’embauche de Ken Holland n’est pas un coup de génie stratégique. C’est une manœuvre de survie. Holland ne peut pas sauter : il vient d’être engagé. Donc si la saison déraille, et les Kings sont actuellement hors des séries, le regard va se tourner ailleurs.
Et le prochain dans la hiérarchie?
Le président.
Lucky Luke.
Pendant des années, il a navigué entre loyauté et calcul politique. Il a laissé passer des décisions douteuses.
À l’été 2023, les Kings ont acquis Dubois des Jets de Winnipeg en échange d’un énorme prix : Gabriel Vilardi, Alex Iafallo, Rasmus Kupari et un choix de deuxième ronde. Ensuite, ils lui ont donné un contrat de huit ans d’une valeur annuelle de 8,5 millions de dollars.
C’était le pari majeur du projet Robitaille-Blake.
Un centre numéro un pour relancer l’équipe.
Moins d’un an plus tard, Dubois était échangé aux Capitals de Washington contre Darcy Kuemper, un gardien correct, mais loin d’être élite.
Les Kings ont payé une fortune en jeunes actifs… pour finalement se débarrasser du contrat après une seule saison.
Ce n’est pas un détail.
C’est un virage organisationnel raté.
Et ce genre de décision relève de la présidence qui a donné son feu vert à Dubois le lâche.
Ajoutez à ça les ajustements improvisés. Les séries perdues. Les changements constants derrière le banc. Et vous avez devant vos yeux un cauchemar ambulant.
La fenêtre était ouverte pour les Kings. Mais elle est maintenant refermée à double tour.
On parle d'une équipe vieillisante, sans aucun espoir de premier plan et Anze Kopitar qui va prendre sa retraite.
À un moment donné, la responsabilité ne peut plus être diluée.
Quand cinq entraîneurs passent sous ton règne, le problème n’est plus l’entraîneur.
Quand deux directeurs généraux se succèdent sans résultat concret, le problème n’est plus le DG.
Quand tu n’as pas gagné une seule série depuis 2017, le problème n’est plus la malchance.
Le problème, c’est la direction.
Les partisans à Los Angeles ont commencé à le comprendre. Les pancartes « Fire Hiller » étaient visibles au Crypto.com Arena. Hiller est parti. Mais la frustration ne disparaîtra pas si les résultats restent les mêmes.
Et bientôt, les pancartes "Fire Lucky Luke" vont apparaître.
Et si les Kings ratent les séries cette année?
Ce ne sera plus une simple déception. Ce sera un échec sur toute la ligne.
Robitaille a longtemps été protégé par son statut de légende. Par son aura. Par son histoire avec l’organisation. Mais la LNH ne fonctionne pas à la nostalgie. Elle fonctionne aux résultats.
Et au cœur de ce fiasco, il y a un épisode qui a laissé des traces profondes dans la LNH : la gestion du dossier Marc Bergevin.
Bergevin est arrivé à Los Angeles en 2022 comme conseiller senior aux opérations hockey. Ancien directeur général du Canadien de Montréal, personnalité forte, réseau immense. Il accepte un rôle discret, met son ego de côté, travaille dans l’ombre.
À l’interne, plusieurs voyaient déjà en lui le successeur naturel de Rob Blake au poste de directeur général.
Pourquoi?
Parce que Bergevin a contribué à bâtir une identité plus robuste. Parce qu’il avait l’expérience des séries. Parce qu’il était respecté par plusieurs recruteurs et dirigeants à l’intérieur de l’organisation.
Et surtout parce qu’il était proche de Luc Robitaille.
Les deux hommes avaient un lien d’amitié solide.
Puis le poste de DG s’est ouvert.
Et Robitaille n’a même pas offert à Bergevin une véritable chance.
Pas d’entrevue formelle sérieuse.
Pas de processus transparent.
Pas d’explication publique convaincante.
À la place, Robitaille a choisi Ken Holland, 70 ans, vétéran respecté mais dont les plus grands succès remontent à l’ère des Red Wings dominants du début des années 2000.
Dans les coulisses, plusieurs ont vu ça comme une trahison.
Bergevin croyait avoir gagné sa place. Il croyait que la loyauté compterait. Au moment crucial, Robitaille a choisi la sécurité politique plutôt que la continuité interne.
Et ça, dans une ligue où les réseaux et la loyauté comptent énormément, ça ne passe pas inaperçu.
S’il y a un autre revers majeur, si la saison s’effondre, si Holland ne réussit pas à redresser le navire, les Kings ratent les séries, Robitaille ne pourra plus se cacher derrière un congédiement.
Le prochain mouvement ne sera pas derrière le banc.
Il sera au sommet.
Luc Robitaille est peut-être une légende des Kings.
Mais en 2026, les légendes ne gagnent pas des délais. Les résultats, oui.
Et les résultats, eux, sont impitoyables. Ça sent la fin de "Luc le chanceux"...
