Cauchemar pour Joshua Roy: la Californie l'attend

Cauchemar pour Joshua Roy: la Californie l'attend

Par Marc-André Dubois le 2025-03-31

Il y a quelques mois à peine, Joshua Roy faisait rêver les partisans du Canadien.

Avec sa production étincelante à Laval, sa vision de jeu, son intelligence offensive et sa détermination, il était vu comme le modèle parfait de développement à l’interne.

Un Québécois, cinquième choix de ronde, devenu un espoir de premier plan.

Aujourd’hui ? Il est en train de vivre un véritable cauchemar.

Le point de rupture est survenu cette semaine, dans une séquence aussi humiliante que révélatrice. Lors du match contre la Floride, dans une confrontation capitale pour la course aux séries, Martin St-Louis a préféré insérer Michael Pezzetta, joueur limité, marginal, plombier à temps partiel, à la place de Joshua Roy.

Un joueur qui n’avait pas vu la glace depuis des lunes. Un joueur sans véritable impact offensif. Un joueur de quatrième trio, tout au plus.

Et pourtant, dans le plus grand match de la saison, c’est lui qu’on a choisi. Roy, lui, était dans les estrades, les bras croisés, à contempler l’écart grandissant entre lui et la confiance de son entraîneur.

Ce n’était pas une première. Déjà, le match précédent, St-Louis avait préféré utiliser sept défenseurs, sacrifiant Roy au passage.

Sept défenseurs… et pas de place pour un jeune ailier offensif prometteur ? Le message de Martin St-Louis est sans pitié : Joshua Roy ne fait plus partie des plans immédiats.

Et comme si ce n’était pas assez, voilà que le public commence à se retourner contre lui.

La majorité des fans demande carrément qu’il soit retourné à Laval. Pour certains, il est inutile dans la formation. Pour d’autres, il ralentit le 2e trio. Et pour un nombre grandissant, Florian Xhekaj doit le remplacer dès maintenant.

La logique est simple : Florian frappe, Florian dérange, Florian est bâti pour les séries. Roy, lui, passe inaperçu. Il ne s'impose pas. Il est timide. Trop discret. Et dans une équipe qui lutte pour une place en séries, l’heure n’est plus à la patience.

Pourtant, Roy a marqué deux buts depuis son rappel. Et des buts importants dans une course aux séries excitante. Mais cela ne semble pas assez aux yeux des fans du CH.

Et comme si le sort s’acharnait encore un peu plus, voilà qu’un autre nom vient tout assombrir : Oliver Kapanen.

Le jeune centre finlandais brille en séries en Suède avec Timrå. Il est dominant. Il joue sur le premier trio. Et selon Anthony Marcotte, expert du Rocket de Laval, on devrait sérieusement se demander si ce n’est pas à Montréal qu’il va débarquer lorsque son équipe sera éliminée.

Le commentaire est lourd de sens.

Quand un journaliste reconnu pour sa proximité avec le développement du CH affirme que Kapanen est meilleur que Roy, que Kapanen a plus de potentiel immédiat, c’est comme une claque au visage pour le jeune Québécois.

Kapanen n’a même pas encore mis les pieds en Amérique du Nord… et déjà, il semble avoir dépassé Roy dans la hiérarchie.

Il faut se souvenir d’où vient le Québécois.

Repêché en cinquième ronde après avoir été perçu comme un espoir en chute libre, il a tout reconstruit. Son corps, son mental, sa réputation.

Il est devenu un joueur complet à Sherbrooke. Puis il a dominé à Laval. Il a toujours travaillé plus fort que les autres. Il a toujours cru qu’il gagnerait sa place par mérite.

Mais aujourd’hui, il découvre une autre facette du hockey professionnel : la politique. La perception. La loi de la jungle, où rien n’est garanti.

Et cette descente brutale n’est pas que sportive. Elle est aussi psychologique. Car à 20 ans, voir son nom balayé, son utilité questionnée, sa place disputée… c’est un coup violent.

Et s’il ne trouve pas rapidement un moyen de rebondir, il pourrait se faire doubler définitivement.

La vérité, c’est que Joshua Roy ne joue pas mal. Il ne fait simplement pas ce que Martin St-Louis attend de lui. Il ne frappe pas. Il ne joue pas comme un joueur d’énergie.

Et son style, basé sur la finesse et l’anticipation, ne colle pas avec les besoins immédiats du Canadien pour sa quatrième ligne.

Le paradoxe est cruel : trop talentueux pour un rôle de soutien… pas assez intimidant pour un rôle de profondeur.

Il flotte entre deux mondes. Et dans ce flottement, il est en train de se faire oublier.

Il est encore temps. Roy peut encore inverser la tendance. Mais pour cela, il devra redevenir l’attaquant audacieux qu’il était à Laval. Il devra oser. Il devra frapper. Il devra prendre des risques. Il devra choquer.

Car sinon, la suite est écrite.

Roy sera retourné à Laval. Florian Xhekaj prendra sa place. Puis Kapanen débarquera. Et lui, lentement, disparaîtra de l’équation.

Ce serait une tragédie. Mais dans la LNH, les tragédies ne préviennent pas.

Elles s’imposent.

Une chose frappe plus que tout dans cette saga : la lenteur de Joshua Roy.

Déjà, à la télévision, il semblait en retard sur plusieurs séquences, mais en le voyant en personne au Centre Bell, c’est encore pire.

Il est littéralement au ralenti, peinant à suivre l’intensité d’un match crucial en pleine course aux séries. Il n’y a plus de doute : le jeu va trop vite pour lui. Ce n’est pas seulement une mauvaise séquence, c’est un problème structurel.

Son coup de patin, critiqué dès les rangs juniors, est aujourd’hui un frein majeur à son développement dans la LNH. Contrairement à d’autres jeunes comme Owen Beck, qui affiche une mobilité impressionnante même dans un rôle limité, Roy semble dépassé.

Il ne fait pas d’erreurs majeures, mais il ne crée rien non plus. Il joue « safe », mais dans une course aux séries où chaque détail compte, ce n’est pas suffisant. Il est invisible dans un moment où chaque joueur doit être indispensable.

Et avec Martin St-Louis qui clame que « la LNH n’est pas une ligue de développement », le message est clair : si Joshua Roy ne hausse pas son niveau de jeu immédiatement, il retournera à Laval — et peut-être qu’il n’en reviendra jamais.

Et dans ce contexte, il ne faudrait pas s’étonner que Roy se fasse échanger cet été.

Les rumeurs ne cessent de grandir. Déjà, son nom circule de plus en plus à l’interne comme une pièce secondaire dans une future transaction majeure. Les Ducks d’Anaheim, entre autres, auraient manifesté un intérêt pour Roy, dans le cadre d’une relance potentielle de leur offensive.

Avec Logan Mailloux déjà dans les rumeurs, et le choix de première ronde des Flames en main (actuellement 20e au total), Kent Hughes pourrait être tenté de raviver un vieux scénario : la fameuse transaction avortée de 2024 pour Trevor Zegras.

L’an dernier, Hughes avait refusé de sacrifier son deuxième choix de premier tour pour Zegras après avoir sécurisé Ivan Demidov. Il avait préféré utiliser le 21e choix pour repêcher Michael Hage.

Mais cette année, le "vibe" a changé. Le repêchage 2025 est moins profond. La valeur du 20e choix est en baisse. Et l’urgence d’acquérir un véritable deuxième centre se fait sentir.

Le package logique ? Logan Mailloux + Joshua Roy + choix de premier tour. Une offre que les Ducks ne pourraient pas ignorer, surtout avec Zegras toujours en froid avec son entraîneur et qui continue d'affirmer qu'il est un centre et non un ailier gauche.

Roy, même avec ses lacunes, reste un jeune joueur offensif intrigant. Dans un autre environnement, avec moins de pression médiatique, il pourrait retrouver ses repères.

Anaheim, avec ses jeunes joueurs et son besoin criant de talent à l’aile (trop de centres chez les Ducks), pourrait lui offrir une deuxième chance.

Les Sharks de San Jose, en pleine reconstruction, pourraient aussi se montrer intéressés par Joshua Roy. Avec un besoin évident de jeunes attaquants capables d’évoluer dans leur top 9 à court terme, Roy représenterait un pari peu coûteux, mais potentiellement payant pour une organisation qui cherche à accumuler du talent brut et à relancer des carrières en perte de vitesse.

Et pour le Canadien ? Ce serait probablement mieux aussi.

Parce qu’à Montréal, Joshua Roy n’a plus de place naturelle. Il ne peut pas jouer dans le top 6 tant qu’il manque de vitesse.

Il ne cadre pas dans le bottom 6 tant qu’il ne frappe pas ni ne crée d’espace. Il n’a pas la polyvalence défensive d’un Owen Beck ou d'un Olivier Kapanen, ni l’énergie contagieuse d’un Florian Xhekaj, que tout le monde réclame déjà.

Il est coincé. Et la direction le sait.

La réalité est cinglante, mais il faut la regarder en face.

Joshua Roy est jeune. Il a du talent. Mais il ne correspond pas aux exigences immédiates du Canadien. Il ne correspond pas au tempo imposé par St-Louis. Il ne correspond plus à l’élan de l’équipe vers un style plus rapide, plus structuré, plus impitoyable pour son coup de patin déficient.

Et son cauchemar actuel est peut-être le prélude à un départ devenu inévitable.

La lune de miel est finie.

Joshua Roy n’est plus l’enfant chéri du développement interne. Il n’est plus ce joueur qu’on protège à tout prix. Il est devenu une monnaie d’échange, un actif dont la valeur s’effondre chaque semaine où il patine sans conviction.

Le Centre Bell a vu son futur passer devant lui… et Joshua Roy n’en fait peut-être plus partie.

L’été 2025 marquera peut-être un nouveau départ pour lui — mais ce départ ne se fera sans doute pas dans la métropole.

Car à Montréal, le train avance à toute vitesse. Et Roy, malgré ses efforts, semble avoir manqué l’embarquement. Espérons pour lui qu'il prenne le prochain avion pour la Californie, que ce soit dans le sud (Anaheim) ou plus au nord (San Jose).