C’est un scénario que personne au sein du Canadien de Montréal ne voulait voir se réaliser. Et pourtant, il est en train de se produire sous nos yeux, et c’est pire que tout.
Pendant que David Reinbacher est géré comme un vieillard, privé de matchs pour soi-disant « respecter le protocole » après une blessure au genou, Matvei Michkov est en train de brûler la LNH.
Le défenseur autrichien, choix controversé au cinquième rang du repêchage de 2023, est traité avec une prudence quasi-clinique à Laval.
Pascal Vincent, le coach du Rocket, répète que « ça prend du temps, il faut y aller doucement », comme si Reinbacher était à une autre blessure au genou de la retraite.
Trois matchs d’absence. Zéro transparence. Zéro certitude. Et surtout, zéro momentum dans son développement.
Pendant ce temps, le pire cauchemar possible se matérialise : John Tortorella a été congédié à Philadelphie. Et le monstre est libéré : Michkov est tout simplement en feu
Il fallait que ça arrive. Il fallait que ce vieux dinosaure de Tortorella — qui incarnait le dernier rempart narratif pour Kent Hughes et ses défenseurs — finisse par être éjecté de son poste.
Et le résultat est immédiat : Matvei Michkov est une bête sur patins.
Depuis que Brad Shaw a pris les commandes des Flyers, Michkov est libéré, inspiré, transcendantal.
Deux buts contre le Canadien jeudi.
Deux autres contre les Sabres samedi.
Quatre buts en deux matchs.
57 points en 73 matchs, dont 24 buts.
Et surtout : 20 minutes de jeu par soir. Fini les bancs, fini les messages à l’ancienne. Michkov est la vedette offensive des Flyers, la recrue la plus électrisante de la LNH, et le choix de Kent Hughes devient chaque jour un fardeau plus lourd à porter.
Pendant que Michkov crève l’écran, Reinbacher s’efface de la carte. Il est introuvable sur la glace, introuvable dans les plans à court terme, et surtout introuvable dans le cœur des partisans, qui commencent à bouillir intérieurement.
Le pari de Hughes et Gorton, fait sur la base de la « sécurité » et de la « valeur à long terme d’un gros défenseur droitier », ressemble désormais à une faute professionnelle.
Kent Hughes peut bien se montrer rassurant… mais personne n’y croit,
Foi du Dg du CH, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. C’est du moins ce qu’il a affirmé cette semaine, dans un ton mielleux, doux, presque paternel, en évoquant la situation médicale de David Reinbacher.
Selon le DG du Canadien, tout cela n’est qu’une mesure “préventive”, une gestion prudente d’un retour au jeu suite à une chirurgie importante.
« Il faut juste gérer son retour au jeu. Il n’a aucun problème structurel au genou. On ne veut pas faire un pas en avant et deux pas en arrière. On est très conservateurs », a-t-il déclaré calmement, lors d’une mêlée de presse en Floride.
Mais le discours ne passe pas. Pas cette fois.
Parce que ça sonne faux, parce que ça sonne comme une tentative désespérée de gagner du temps, et surtout parce que les partisans ne sont plus dupes.
Peu importe combien de fois Hughes nous dira de ne pas s’en faire, on va s’en faire à vie. Parce que la vérité, c’est qu’il a commis une erreur colossale au repêchage de 2023, et qu’il continue d’essayer de la maquiller derrière des justifications molles.
Tout le monde voit ce qui se passe… sauf Kent Hughes...
David Reinbacher n’est pas capable d’enchaîner des matchs. Il a disputé six rencontres, puis s’est retrouvé de nouveau à l’écart, sans aucune date de retour claire.
Et pendant ce temps, le DG nous explique que tout est normal. Qu’il n’y a “aucun problème structurel”. Que “tout va bien”.
Mais tout ne va pas bien. Parce que si tout allait bien, Reinbacher serait sur la glace, à prendre du rythme, à retrouver sa place, à consolider son avenir.
Ce n’est pas une simple précaution. C’est un énorme drapeau rouge, que Kent Hughes refuse de reconnaître.
Et c’est ce refus d’admettre l’évidence qui rend la situation encore plus insupportable pour les partisans.
Ce qu’on attend de lui? Juste une chose : qu’il l’avoue.
Qu’il dise, franchement, humblement : “Je me suis trompé.”
S’il faisait ça, si Kent Hughes avait le courage de reconnaître que le pari Reinbacher/Michkov a été une erreur de jugement, il pourrait — peut-être — regagner une partie de la confiance qu’il a perdue. Montréal saurait pardonner. Le Québec, avec le temps, saurait passer à autre chose.
Mais tant qu’il continuera à nous vendre un rêve qui s’effondre à vue d’œil, tant qu’il protégera cette décision comme si elle était infaillible, il va traîner cette faute comme un boulet pour le reste de sa carrière à Montréal.
Car on le voit bien : la colère monte, la frustration déborde, et chaque but de Matvei Michkov, chaque absence de David Reinbacher, rend l’erreur encore plus cuisante.
Le plus grand cauchemar de Hughes, ce n’est pas la blessure de Reinbacher.
C’est l’idée qu’il devra vivre avec cette erreur pour toujours.
Et ça, aucun ton rassurant, aucun discours bienveillant, ne pourra jamais l’effacer.
Parce que Reinbacher, malgré tout le respect qu’on lui doit, n’est pas un joueur d’impact. Il est géré au jour le jour, comme un patient en convalescence, pendant que celui qu’on a évité à cause de “son attitude” et “son jeu défensif” est en train de dominer la ligue.
Soyons honnêtes : le Canadien de Montréal a commis la plus grosse erreur de son histoire récente au repêchage.
En évitant Michkov pour Reinbacher, ils ont troqué un phénomène offensif générationnel contre un défenseur encore fragile physiquement, qui ne joue même pas un rôle de premier plan dans la Ligue américaine.
C’était déjà difficile à justifier quand Michkov était sous-utilisé par Tortorella. Mais maintenant qu’il est libre? C’est la panique.
Tout ce qui tenait la ligne narrative — l’indiscipline défensive, le manque de maturité, les minutes limitées — s’est évaporé avec le départ de Torts.
Et ce qui reste, c’est une superstar en pleine ascension, pendant que Montréal regarde, paralysé.
Ce n’est plus seulement de l’inquiétude. C’est de la colère. Et elle s’apprête à déferler sur Kent Hughes, Jeff Gorton et même David Reinbacher lui-même, malgré lui.
Parce que les partisans ont de la mémoire, et ils n’oublieront pas que le CH a choisi de passer à côté de Matvei Michkov.
Reinbacher n’a jamais demandé à être comparé à Michkov. Mais il est pris dans l’œil du cyclone, victime collatérale d’une décision de gestion qui pourrait hanter la franchise pour les dix prochaines années.
Et pendant que le Québec grince des dents, une seule question résonne dans la tête des partisans :
Pourquoi a-t-on passé sur Matvei Michkov?
Aujourd’hui, il n’y a plus aucune bonne réponse.