Matvei Michkov sous pression maximale : vacances, poulet frit et gym en sueur, il ne fait rien pour faire taire la saga qui enflamme Philadelphie
Rien ne va plus autour du Russe. Pas seulement sur la glace. Sur les réseaux sociaux aussi, la température est montée d’un cran au cours des derniers jours, après la diffusion de photos et vidéos montrant le jeune attaquant en voyage en République dominicaine avec sa copine, images où on le voit relaxer… et manger du poulet frit.
À Philadelphie, ça n’a pas passé.
Pas parce qu’un joueur n’a pas le droit de décrocher. Il y a évidemment droit. Le problème, c’est le contexte. Parce que Michkov traîne déjà une saison lourde, une réputation fragilisée et une relation tendue avec son entraîneur-chef Rick Tocchet.
Alors quand des images de bouffe frite et de "drinks" circulent pendant qu’on le sait aux prises avec des enjeux de condition physique, les partisans des Flyers de Philadelphie ont explosé.
Et ça, Michkov l’a compris.
Quelques heures plus tard, le Russe a aussi publié des vidéos de lui au gym. On le voit s’entraîner intensément, ruisselant de sueur, visiblement décidé à reprendre le contrôle.
Matvei Michkov is working out between sessions taking in the Dominican sun. Everyone can take a deep breath. pic.twitter.com/VqFSGEUmgx
— Russ Joy (@JoyOnBroad) February 16, 2026
Le message était clair : je travaille. Mais le mal était fait. À Philadelphie, plusieurs y ont vu un joueur qui profite… puis tente d’éteindre l’incendie après coup.
Une histoire qui commence au camp d’entraînement
Il faut remonter au point de départ.
Michkov est arrivé au camp des Flyers en mauvaise forme physique, un fait confirmé publiquement à répétition par Rick Tocchet.
L’entraîneur n’a jamais cessé d’y revenir, parlant d’un joueur qui devait rattraper son retard cardio, reconstruire sa force, et apprendre à gérer son corps comme un professionnel de la LNH.
Tocchet l’a dit sans détour à plusieurs reprises : retrouver la forme en pleine saison est extrêmement difficile.
Puis est venue la suite : temps de glace réduit, retrait du premier avantage numérique, passages sur le troisième trio, critiques publiques sur son incapacité à gagner ses batailles le long des bandes, à créer de la séparation, à jouer avec constance quand ça compte.
Bref, un jeune talent plongé dans une spirale.
« Ce que tu manges, c’est tout »
À un moment clé, Tocchet a laissé tomber une phrase lourde de sens :
« Il y a tellement de facteurs qui entrent en ligne de compte… ce que tu manges, c’est tout. »
Cette citation est devenue virale à Philadelphie. Parce qu’elle dépasse le hockey. Elle touche directement à la routine quotidienne, aux choix personnels, à la discipline hors glace.
Alors quand, quelques semaines plus tard, on voit Michkov en voyage tropical, assiette de poulet frit devant lui, ça réactive tout.
Ce n’est pas la République dominicaine qui choque.
Ce n’est pas la copine.
C’est le symbole.
Aux yeux de nombreux partisans, ça renforce l’impression d’un joueur qui n’a pas encore complètement intégré ce que ça exige d’être un pro à temps plein.
Les Flyers tentent d’éteindre le feu
Devant l’ampleur de la tempête, le directeur général Daniel Brière a dû intervenir publiquement il y a quelques jours pour calmer le jeu, réaffirmant que Michkov faisait toujours partie du plan à long terme.
Brière a insisté sur le fait que Tocchet voulait le voir réussir, que la relation entre les deux était parfois intense, mais saine, et surtout que Michkov n’allait nulle part.
Mais malgré ce discours rassurant, le malaise persiste.
Parce que sur la glace, Michkov plafonne.
Parce que son utilisation est en montagnes russes.
Parce que ses erreurs défensives coûtent cher.
Et parce que chaque détail hors glace est maintenant scruté à la loupe.
Les vidéos publiées par Michkov au gym racontent aussi une autre histoire. Celle d’un jeune homme conscient qu’il est en train de perdre le narratif. On le voit pousser fort, transpirer abondamment, clairement engagé dans un processus de remise en forme.
Il veut perdre du poids.
Il veut revenir plus fort.
Il veut prouver qu’il a compris.
Mais dans un marché comme Philadelphie, ça ne suffit plus d’avoir l’air motivé. Il faut le démontrer sur une période prolongée.
Un jeune talent pris entre deux mondes.
C’est ça, le vrai drame du dossier Michkov.
On parle d’un joueur immensément talentueux, encore très jeune, qui a vécu un choc culturel énorme en arrivant en Amérique du Nord. Un joueur qui apprend, à la dure, que la LNH n’est pas seulement une ligue de skills, mais une ligue de routines, de sacrifices et de constance.
Chaque photo devient un procès.
Chaque repas devient un débat.
Chaque vidéo d’entraînement devient une tentative de justification.
Matvei Michkov traverse présentement la phase la plus inconfortable de sa jeune carrière.
Entre les critiques de son entraîneur, la frustration des partisans, la surveillance constante des réseaux sociaux et ses propres efforts pour reprendre le contrôle de sa condition physique, il est coincé dans une tempête parfaite.
Oui, il a le droit de voyager.
Oui, il a le droit de relaxer.
Oui, il a le droit de manger de la malbouffe.
Mais quand tu arrives au camp en méforme, quand ton coach répète que l’alimentation est cruciale, quand ton temps de glace fond… chaque image devient un symbole.
Et à Philadelphie, ce symbole, en ce moment, s’appelle Matvei Michkov.
S’il veut renverser la vapeur, ce ne sera pas avec une story Instagram.
Ce sera avec des semaines et des mois de rigueur.
Parce qu’en LNH, on ne juge pas un joueur sur un voyage.
On le juge sur ce qu’il fait après.
