Carrière gâchée : voici pourquoi Gavin McKenna risque jusqu’à 20 ans de prison

Carrière gâchée : voici pourquoi Gavin McKenna risque jusqu’à 20 ans de prison

Par André Soueidan le 2026-02-04

Une nuit suffit parfois pour faire basculer une trajectoire. À State College, en Pennsylvanie, un incident survenu dans le centre-ville a projeté Gavin McKenna au cœur d’un dossier judiciaire qui dépasse largement le cadre d’une simple bagarre de bar.

Accusé après une altercation sur South Pugh Street, le jeune joueur se retrouve maintenant confronté à des chefs d’accusation qui, sur papier, peuvent mener à une peine maximale de 20 ans de prison.

Retour aux faits d’abord.

La scène se déroule le 31 janvier, vers 22 h 30, dans le secteur des bars du centre-ville de State College.

Selon les informations rapportées par les médias locaux, une altercation éclate entre McKenna et une personne non identifiée.

La victime aurait subi une fracture de la mâchoire. La police dépose alors plusieurs accusations, dont la plus lourde : agression grave (felony).

À cela s’ajoutent des accusations d’agression simple, de conduite désordonnée et de harcèlement.

Tout l’enjeu se trouve dans cette fameuse accusation d’agression grave.

En Pennsylvanie, ce chef ne vise pas seulement les coups ayant causé une blessure sérieuse, mais aussi les gestes posés avec ce que la loi appelle une “indifférence extrême pour la vie humaine”.

En clair : frapper quelqu’un de façon violente, dans un contexte où les blessures graves étaient prévisibles, peut suffire à faire basculer le dossier du côté criminel lourd.

Pourquoi parle-t-on soudainement de 20 ans de prison?

Parce que l’agression grave, dans certaines circonstances, est classée comme un felony de premier degré. Et en Pennsylvanie, un felony de ce niveau-là peut mener à une peine maximale de 20 ans d’emprisonnement. Ce n’est pas une sentence automatique, mais un plafond légal prévu par le code criminel de l’État.

Autrement dit : le chiffre ne sort pas d’un chapeau, il sort du livre de lois.

Ce qui choque plusieurs observateurs, c’est la sévérité apparente de cette classification comparée à d’autres États américains. Dans plusieurs juridictions, une bagarre causant une fracture peut rester dans la catégorie des délits majeurs (misdemeanor) ou entraîner quelques années de prison au maximum.

En Pennsylvanie, le législateur a voulu envoyer un message clair depuis des années :

La violence physique grave doit être traitée comme un crime majeur, même sans arme.

Des précédents existent.

Dans cet État, des cas d’agressions lors de fêtes, de bars ou de disputes de rue ont déjà mené à des peines lourdes lorsque la victime a subi des blessures permanentes ou jugées sérieuses. Une mâchoire fracturée entre exactement dans cette catégorie : perte temporaire de fonctions, chirurgie possible, séquelles potentielles. Aux yeux des tribunaux, ce n’est pas une simple ecchymose.

Autre facteur aggravant : le contexte.

Une sortie tardive, une altercation publique, la possibilité d’alcool ou d’excitation liée à un événement sportif… Tout cela peut être utilisé pour démontrer un comportement impulsif et dangereux.

En Pennsylvanie, les procureurs n’hésitent pas à pousser vers l’accusation maximale lorsqu’ils estiment que la violence était évitable et que le geste démontre un manque de contrôle.

Voilà pourquoi le dossier de McKenna ne ressemble pas à un simple scandale sportif.

La discussion ne porte plus seulement sur une suspension universitaire ou une mise à l’écart par son équipe. La discussion porte maintenant sur un système judiciaire qui, dans cet État précis, peut transformer un coup de trop en crime majeur.

Comparer avec d’autres États permet de mieux comprendre l’ampleur du choc.

Dans certains territoires américains, une bagarre sans arme mène souvent à une probation ou à quelques mois de détention si la victime se remet rapidement. En Pennsylvanie, la loi est structurée pour punir sévèrement toute action ayant causé une “serious bodily injury”, peu importe que l’intention première ait été de blesser gravement ou non.

Et c’est là que la carrière sportive entre en collision frontale avec la justice.

À 18 ans, McKenna n’est plus jugé comme un mineur.

Le système ne fait pas de cadeau aux vedettes potentielles. Devant un tribunal, un futur espoir de la LNH devient un accusé comme les autres. Les équipes professionnelles, elles, observent en silence. La LNH n’aime pas l’incertitude judiciaire, encore moins quand elle s’accompagne d’accusations violentes.

Carrière gâchée? Le mot peut sembler fort, mais la réalité est brutale.

Un joueur qui doit se défendre contre une accusation de felony voit automatiquement son avenir fragilisé :

– image publique entachée

– inquiétudes des équipes au repêchage

– risques contractuels

– pression médiatique permanente

Même sans condamnation, le simple passage devant les tribunaux peut laisser des traces irréversibles.

Le plus troublant dans cette histoire reste le contraste.

D’un côté, un jeune athlète présenté comme un futur choix de premier plan.

De l’autre, un dossier judiciaire qui évoque des peines habituellement réservées à des crimes beaucoup plus lourds.

Et c’est exactement pour cette raison que le chiffre 20 ans circule autant :

Non pas parce que la prison est assurée, mais parce que la loi permet théoriquement une peine aussi lourde.

Dans cet État, une bagarre peut devenir un cauchemar judiciaire.

Dans cet État, une mâchoire brisée peut valoir un dossier criminel majeur.

Dans cet État, un prodige du hockey peut se retrouver à défendre sa liberté plutôt que sa carrière.

La suite dépendra maintenant des tribunaux, des preuves, des témoignages et de la stratégie des avocats. Mais une chose est déjà claire : ce n’est plus une simple histoire de sport. C’est une collision frontale entre un rêve de LNH et un code criminel parmi les plus sévères en matière de violence physique.

Et quand la loi s’en mêle, le hockey passe au second plan.

Ouch...