Caresses sur un enfant: Michael Jordan est dans l’eau chaude

Caresses sur un enfant: Michael Jordan est dans l’eau chaude

Par David Garel le 2026-02-16

La scène devait être parfaite. Historique, même. Une première victoire au Daytona 500 pour l’écurie de 23XI Racing de Michael Jordan, un trophée soulevé en grande pompe, du champagne partout, et le "Goat" du basketball euphorique comme rarement.

Sauf qu’au milieu de cette célébration, une courte séquence vidéo est venue tout gâcher, et elle circule maintenant massivement sur X.

On y voit Jordan, surexcité, enlacer son pilote gagnant Tyler Reddick, puis se pencher vers le jeune Beau, le fils de Reddick.

Le geste est bref. Une main dans le bas du dos, un mouvement qui ressemble à des caresses sur le derrière. Rien de prolongé. Rien d’ouvertement explicite. Mais assez ambigu pour déclencher une avalanche de réactions.

@mei3yin1_1997 My husband and I were watching the Daytona 500 today and???? What is happening??? Who whose kid is this????? Why???????? #michaeljordan #daytona500 ♬ original sound - MeiYin

Très vite, les réseaux sociaux se sont enflammés.

Certains crient à l’inapproprié. D’autres parlent d’un simple moment mal interprété, dans un contexte de champagne éclaboussant tout le monde, de caméras braquées, d’adrénaline à son maximum.

Plusieurs rappellent que Jordan connaît Beau depuis des années, qu’il l’a souvent côtoyé dans l’univers NASCAR, et que la famille Reddick fait partie de son cercle rapproché au sein de l’écurie.

Mais dans l’ère actuelle, une image suffit. Et celle-ci est devenue virale.

Jordan a rapidement tenté de calmer le jeu, rappelant son rôle de propriétaire d’équipe, l’intensité du moment et le caractère purement festif de la scène.

Pour lui, il s’agissait d’un geste spontané, sans arrière-pensée, dans une célébration chaotique.

Il y avait du champagne partout. Littéralement. Comme dans toute victoire au Daytona 500, la mousse était aspergée sans retenue, éclaboussant pilotes, propriétaires, familles et enfants.

Toujours selon cette version, le jeune Beau aurait mentionné que ça le démangeait dans le bas du dos à cause du champagne qui avait coulé sous ses vêtements.

Jordan, dans l’euphorie du moment et avec la familiarité qu’il entretient avec la famille Reddick depuis des années, aurait simplement tenté de « gratter » rapidement l’endroit en question, de manière spontanée et sans arrière-pensée.

Jordan n’a pas offert une longue déclaration détaillée, mais il a rappelé l’intensité du moment, l’adrénaline, la proximité avec la famille du pilote et l’ambiance complètement désorganisée de la célébration. Rien de calculé. Rien de malveillant. Juste une réaction instinctive dans une scène où tout le monde était trempé, collant et surexcité.

Évidemment, dans l’ère des réseaux sociaux, l’intention importe moins que l’image.

La vidéo ne montre ni le champagne, ni les paroles échangées, ni la relation de longue date entre Jordan et la famille Reddick. Elle montre seulement un geste isolé. Et c’est ce geste qui alimente la controverse.

Est-ce que l’explication convaincra tout le monde? Probablement pas.

Est-ce qu’elle offre une autre lecture que celle de l’indignation automatique? Oui.

Ce qui est certain, c’est que la ligne est mince entre euphorie et maladresse publique. Michael Jordan célébrait comme s’il venait de gagner une autre bague. En quelques secondes, la fête s’est transformée en débat d’image.

Et dans le monde d’aujourd’hui, parfois, ce n’est pas l’intention qui décide du verdict. C’est la perception.

Parce que oui, sportivement parlant, c’était énorme.

Pour Jordan, ce Daytona 500 avait un goût de championnat.

« On dirait que j’ai gagné une bague », a-t-il lancé, visiblement ému, après la course. Une sortie qui en dit long sur son investissement émotionnel dans ce projet NASCAR.

À 63 ans, l’icône du basketball vit maintenant ses grandes montées d’adrénaline dans les paddocks plutôt que sur un parquet.

Reddick, lui, arrivait avec une longue disette de victoires. Et c’est justement ce qui rendait le moment si explosif.

Jordan n’a pas caché sa fierté.

Il a parlé d’une course stressante, d’une stratégie parfaite, d’une équipe qui s’est accrochée toute la journée. « Je suis extatique », a-t-il résumé, sans filtre.

Son associé Denny Hamlin a d’ailleurs confirmé à quel point cette écurie compte pour lui : Jordan vit chaque tour comme si sa réputation était en jeu. Selon Hamlin, les pilotes savent très bien qu’ils ont littéralement « le pouvoir de rendre Michael Jordan heureux ». Et ça, ça ne se retrouve pas tous les jours dans une carrière sportive.

Même Bubba Wallace a profité du podium pour souhaiter bonne fête à Jordan, parlant d’un « maudit beau cadeau d’anniversaire », tout en admettant sa propre frustration d’être passé près d’un grand moment.

Mais malgré toute cette grandeur sportive, c’est cette fameuse vidéo qui domine maintenant le narratif.

Parce qu’elle est inconfortable. Parce qu’elle laisse place à l’interprétation. Parce qu’on vit dans un climat où chaque geste public est disséqué image par image.

Est-ce qu’il y a eu mauvaise intention? Rien ne l’indique formellement.

Est-ce que la séquence est maladroite? Clairement.

Est-ce que Jordan aurait dû être plus conscient du contexte, des caméras, de la sensibilité autour d’un enfant? Absolument.

Et c’est là que le malaise s’installe.

Michael Jordan reste une figure mythique. Mais même les légendes ne sont plus à l’abri de la loupe numérique. En quelques secondes, un moment de joie brute s’est transformé en controverse mondiale.

La victoire restera dans les livres d’histoire de la NASCAR.

La vidéo, elle, continuera de tourner — et de poser une question simple, mais lourde : jusqu’où peut aller l’euphorie publique avant de devenir un problème d’image?

À chacun de se faire son idée. Mais une chose est sûre : cette célébration, censée être triomphale, est maintenant à jamais entachée par un malaise que Jordan n’avait certainement pas prévu.