Un cadeau.
Oui.
Mais un cadeau qui vient avec une notice écrite en tout petit, en rouge, avec une tête de mort dessinée à côté.
Daniel Brière vient officiellement d’ouvrir la porte.
Pas discrètement.
Pas en coulisses.
Il a averti toute la Ligue nationale : Rasmus Ristolainen est disponible.
Selon Anthony Di Marco de Daily Faceoff, les Flyers de Philadelphie ont officiellement informé les autres équipes de la LNH que Rasmus Ristolainen est disponible sur le marché des transactions.
Quand un DG fait ça alors que son équipe est en pleine course aux séries, ce n’est jamais innocent.
C’est une invitation… mais aussi un test de lucidité.
Parce que sur papier, Ristolainen, c’est exactement le genre de joueur qui fait saliver une équipe qui pense aux séries.
Défenseur droitier. 6 pieds 4.
Plus de 220 livres. Capable de faire peur.
Capable de calmer un match.
Capable de jouer dur quand ça devient laid.
Et surtout, capable de faire disparaître les petits attaquants adverses dans les coins de patinoire.
Le Canadien l’a vécu.
Très concrètement.
Quand Montréal a affronté les Flyers, les joueurs du CH tombaient comme des mouches autour de lui.
Personne ne voulait le défier.
Personne ne voulait s’y frotter.
Dans une série éliminatoire, ce genre de profil devient soudainement très précieux. Presque indispensable.
Et c’est exactement là que le cadeau devient empoisonné.
Parce que Ristolainen, ce n’est pas juste un défenseur robuste. C’est un défenseur fragile.
Un corps qui ne suit plus.
Un joueur de 31 ans qui n’a disputé que 94 matchs lors des deux dernières saisons combinées.
Cette année? Neuf matchs. Deux passes. Beaucoup de glace médicale. Beaucoup trop.
Et surtout : 5,1 millions de dollars par saison jusqu’en 2027.
Voilà le poison.
Daniel Brière ne cherche pas à aider une équipe rivale.
Il cherche à se débarrasser d’un risque pendant que sa valeur existe encore dans l’imaginaire des séries.
Et le fait qu’on compare déjà le prix potentiel à celui de Ben Chiarot en 2022 ... un premier choix, un autre choix et un espoir ... en dit long sur le piège.
C’est ici que Kent Hughes entre en scène.
Parce que la conférence de presse de Hughes, cette semaine, n’a rien d’anodin.
Tout ce qu’il a dit respirait la retenue, la prudence, et surtout une ligne très claire : le Canadien n’est pas prêt à se saboter pour une poussée artificielle.
Il l’a répété, encore et encore, sous différentes formes : l’équilibre entre le présent et le futur est non négociable.
Même quand il parle de transactions possibles, Hughes refuse de s’emballer.
Il insiste sur le coût, le terme, l’impact à long terme. Et surtout, sur le fait qu’un mouvement doit aider l’équipe maintenant ET demain.
Dans ce contexte-là, Ristolainen devient exactement le genre de joueur que Hughes doit analyser… sans mordre.
Oui, il réglerait un problème précis.
Oui, il apporterait une robustesse que ni Arber Xhekaj ni Jayden Struble ne peuvent offrir sur 20 minutes en séries.
Oui, il pourrait protéger une avance, calmer une tempête, manger des minutes ingrates.
Mais à quel prix?
C’est là que les mots de Hughes prennent tout leur sens.
Quand il explique que chaque décision doit tenir compte des opportunités que ça enlève à d’autres joueurs.
Quand il rappelle qu’on ne peut pas simplement faire disparaître des contrats.
Quand il parle de flexibilité, de patience, de timing.
Le Canadien n’est plus en mode panique.
Il est en mode sélection.
Et accepter un contrat de deux saisons supplémentaires à 5,1 M$ pour un joueur qui se blesse plus souvent qu’à son tour, c’est exactement le genre de pari qui va à l’encontre de ce que Hughes martèle depuis trois ans.
Daniel Brière invite.
Kent Hughes observe.
Parce que oui, Ristolainen est un cadeau… quand il est en santé.
Mais c’est aussi un joueur qui peut te laisser tomber au pire moment.
Un joueur qui peut t’enfermer sous le plafond salarial.
Un joueur qui peut bloquer le développement interne pour un gain temporaire.
Le Canadien doit réfléchir.
Analyser.
Peser chaque mot, chaque dollar, chaque match manqué.
Et surtout se rappeler une chose :
les meilleurs DG ne refusent pas les cadeaux…
Ils refusent les pièges.
À suivre.
