Ça fait mal: Dany Dubé détruit l'entrevue de Martin St-Louis

Ça fait mal: Dany Dubé détruit l'entrevue de Martin St-Louis

Par David Garel le 2026-01-15

Martin St-Louis et Dany Dubé ne regardaient clairement pas le même match jeudi soir à Buffalo.

Et à Montréal, quand un analyste comme Dubé détruit publiquement la lecture de l’entraîneur-chef, ca frappe!

D’un côté, Martin St-Louis qui parle d’un bon effort, d’un match serré, d’une rencontre qui « aurait pu aller d’un bord comme de l’autre ».

De l’autre, Dany Dubé qui ouvre son intervention sans détour, presque agacé, en disant qu’il a été déçu de l’effort collectif de façon générale, que les standards n’y étaient pas, que les défenseurs du Canadien ont été malmenés, inefficaces à la relance, incapables de gérer la pression.

Et c’est là que le malaise s’installe. Car Dubé a affirmé cela tout juste après la conférence de presse de St-Louis...volontairement.

Il a tout simplement décidé de détruire la version du coach end direct.

Parce que ce match-là, objectivement, le Canadien ne l’a pas joué comme une équipe de série.

Les Sabres étaient deux matchs en deux soirs. Tage Thompson était partout. Buffalo imposait le rythme. Et Montréal, malgré quelques éclairs offensifs, a souvent subi.

Relances brouillonnes, défense sous pression constante, incapacité à capitaliser sur les rares séquences favorables. Oui, le pointage était serré, mais le contenu ne l’était pas.

Dany Dubé l’a dit clairement : ce n’était pas un bon match, encore moins un match à la hauteur des standards que le Canadien tente de vendre depuis le début de la saison. Il n’a pas parlé de malchance. Il n’a pas parlé de détails. Il a parlé d’un problème plus large : l’exécution, l’intensité, la lecture du jeu.

Et pendant ce temps-là, Martin St-Louis donnait l’impression d’avoir vu un spectacle différent.

Il parlait d’un bon engagement. D’une équipe qui n’était pas périphérique. D’un match serré contre une très bonne formation. Presque comme si le résultat seul suffisait à justifier la performance. Or, c’est précisément ce décalage-là qui dérange.

Parce que ce n’est pas la première fois.

Depuis quelques semaines, un pattern s’installe. Quand le Canadien joue mal, St-Louis a tendance à minimiser. Quand l’effort est discutable, il parle d’intentions. Quand l’exécution n’est pas au rendez-vous, il parle de marge mince entre gagner et perdre.

Et à force de répéter ce discours, il crée une cassure entre ce qu’on voit sur la glace… et ce qu’on entend après le match.

Dany Dubé, lui, a fait exactement l’inverse. Il a nommé les choses. Il a parlé de défenseurs sous pression, d’inefficacité en sortie de zone, d’occasions manquées en supériorité numérique, d’un Canadien qui s’est fait dicter le tempo par une équipe pourtant fatiguée.

Quand un analysre, respecté, mesuré, rarement excessif comme Dubé prend le temps de corriger publiquement la lecture de l’entraîneur-chef, ce n’est pas pour créer une controverse. C’est parce qu’il y a un réel écart entre le discours et la réalité.

Oui, Ivan Demidov a marqué à cinq contre trois.

Oui, Lane Hutson a encore brillé avec deux aides.

Oui, Caufield et Suzuki ont produit.

Mais non, ça n’efface pas une performance collective molle, particulièrement dans les moments où Buffalo appuyait sur l’accélérateur. N

on, ça ne transforme pas une défaite en « bon match ». Et non, ça ne justifie pas le ton presque satisfait adopté par St-Louis après la rencontre.

C’est là que plusieurs décrochent.

Parce qu’à Montréal, on accepte de perdre, quand l'équipe est supposée prétendre à la Coupe Stanley.

On accepte les soirs plus difficiles. Mais on n’accepte pas qu’on nous dise qu’un mauvais match était bon simplement parce que le pointage était serré.

Dany Dubé l’a rappelé, sans élever la voix, sans chercher le spectacle, mais avec une clarté sans pitié: le Canadien n’a pas livré la marchandise. Point.

Et ce message-là, qu’on le veuille ou non, résonne plus fort que toutes les citations d’après-match. Parce qu’il rejoint exactement ce que les partisans ont vu. Exactement ce qu’ils ont ressenti. Et exactement ce qu’ils commencent à reprocher à Martin St-Louis : une lecture trop indulgente de son propre club.

À force de voir du positif là où il n’y en a pas assez, l’entraîneur-chef s’expose. Pas à un congédiement immédiat. Pas à une crise majeure. Mais à une perte de crédibilité.

Et à Montréal, ça, c’est toujours le début des vrais problèmes.