Brendan Gallagher sera-t-il en uniforme ce soir?
C’est devenu le gros suspense à quelques heures du match numéro sept contre les Sabres de Buffalo. Est-ce que Martin St-Louis va vraiment rappeler Brendan Gallagher dans l’alignement?
Est-ce qu’il va miser sur le cœur, l’expérience et le fameux ADN des séries… ou éviter un pari qui pourrait tourner au cauchemar?
Le débat est explosif sur les réseaux sociaux.
Il n’y a probablement aucun dossier qui divise autant les partisans des Canadiens de Montréal avant le plus gros match de l’année.
D’un côté, il y a ceux qui voient encore Brendan Gallagher comme un guerrier. Un vétéran qui a tout vécu. Un joueur capable de changer l’énergie d’un groupe juste avec son intensité, ses mises en échec, sa rage de gagner et sa réputation de joueur qui refuse de mourir tranquillement.
Même Eric Engels a laissé entendre qu’il ne faudrait pas être surpris de voir le numéro 11 revenir dans l’alignement ce soir. Son expérience, son éthique de travail, son historique en séries… ce sont des arguments qui pèsent lourd quand toute une saison se joue sur un seul match.
On l'avoue: Gallagher a déjà surpris après des pauses. Tout le monde se souvient de son but crucial contre le Lightning de Tampa Bay.
Le problème?
L’autre côté du débat fait mal... pour son ego...
On retrouve énormément de gens (et pas seulement des partisans nerveux sur les réseaux sociaux) qui sont persuadés que la vitesse infernale des Sabres de Buffalo pourrait transformer un retour de Gallagher en catastrophe complète.
Pire encore. Brendan Gallagher est carrément devenu une cible de moqueries à Buffalo avant même le match numéro sept.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs partisans des Sabres ridiculisent ouvertement la possibilité de le voir revenir dans l’alignement des Canadiens de Montréal, affirmant que Martin St-Louis serait « désespéré » au point de ressortir un gars fini et "lavé" ("washed out").
Certains vont jusqu’à écrire que Gallagher va se faire « brûler vif » toute la soirée face au tempo infernal des Sabres, pendant que d’autres se moquent du Canadien en disant que si Montréal doit miser sur Gallagher pour une étincelle, « ça sent la panique ».
Le ton est cruel, parfois franchement irrespectueux, surtout envers un joueur qui a pourtant laissé son corps sur la glace pendant des années pour les Canadiens de Montréal.
Mais il y a un fon de vérité dans ces moqueries.
Buffalo vole littéralement sur la glace.
Les Sabres attaquent avec vitesse, transition rapide, pression constante et une intensité qui a complètement détruit les Canadiens de Montréal lors du dernier match.
Si Gallagher n'est pas capable de suivre... le malaise sera... trop malaisant...
On parle ici d’un Brendan Gallagher de 34 ans, usé jusqu'à la corde, qui n’a plus les jambes d’autrefois. Un joueur dont le moteur est sur le respirateur artificiel et dont l’explosion a disparu depuis longtemps.
La peur est simple.
Que Gallagher se fasse exposer.
Que chaque présence devienne un problème défensif.
Que les Sabres le ciblent en échec avant.
Que son manque de vitesse saute aux yeux dans un match où chaque erreur peut envoyer une saison à la poubelle.
Le dernier match a déjà démontré une chose inquiétante : les Canadiens de Montréal avaient l’air de patiner dans le sable pendant que Buffalo jouait comme si leur vie en dépendait.
Quand tu perds les batailles de vitesse, les mises en jeu, les replis défensifs et les transitions… rajouter un joueur qui n’a plus les jambes de ses meilleures années peut rapidement devenir un pari dangereux.
Martin St-Louis a juré que Joe Veleno était disponible pour le match de ce soir. Mais s'il est limité ou incapable d’être à 100 %, il faudra faire un choix.
Tu mises sur un joueur plus jeune mais limité?
Ou tu fais confiance à Brendan Gallagher, ce guerrier qui semble toujours trouver une façon de rendre les analystes ridicules quand tout le monde pense qu’il est fini?
Le hockey des séries adore humilier les prédictions.
Un vétéran qu’on croit fini peut marquer un but impossible.
Un gars supposément trop lent peut complètement changer le momentum avec une présence physique ou un filet sale devant le gardien.
Gallagher, quand il sent que tout le monde doute de lui, a souvent trouvé une façon de répondre.
Mais si ça tourne mal?
Ouf.
Ça risque d’être violent.
Parce qu’à Montréal, personne ne va pardonner à Martin St-Louis si Gallagher se fait brûler trois fois de vitesse en première période pendant que les Sabres de Buffalo traversent la zone neutre comme dans une pratique.
Le risque est énorme.
Le symbole aussi.
Faire jouer Gallagher, ce serait pratiquement un vote de confiance envers le cœur plutôt que les jambes.
Une décision émotionnelle… ou brillante.
On le saura très vite.
En séries. un héros et un bouc émissaire sont souvent séparés par une seule présence sur la glace.
