Pauvre Martin McGuire.
À force de se faire rejeter par Martin St-Louis, le journaliste a perdu la tête.
Sur les ondes de Cogeco hier soir, Martin McGuire avançait que le rappel d’Adam Engström était lié à un défenseur qui aurait attrapé le “virus de Josh Anderson”. Un virus, donc. Une maladie. Une absence médicale qui expliquerait le mouvement de personnel.
Quelques heures plus tard, la vérité tombe.
Alexandre Carrier est blessé. Deux à quatre semaines. Haut du corps.
Pas un virus.
Pas une grippe.
Une blessure sérieuse.
Et là, ça devient gênant.
Parce que ce n’est pas une petite imprécision. Ce n’est pas une nuance mal comprise. C’est carrément une mauvaise lecture de la situation. Et ça alimente encore une fois cette impression que, autour des Canadiens de Montréal, même les journalistes sur le beat naviguent à l’aveugle.
Mais avant de tomber sur McGuire, il faut regarder plus large.
Parce que le problème, ce n’est pas juste lui.
Le problème, c’est le climat.
Depuis plusieurs semaines, Martin St-Louis contrôle tout. Il filtre, il coupe, il protège. Il donne le strict minimum.
Surtout, il ridiculise McGuire et les journalistes à qui mieux mieux en les rabaissant:
Habs coach Marty St. Louis to reporters today:
— /r/Habs (@HabsOnReddit) March 26, 2026
“Are there any good questions today? Ask me some good questions.” pic.twitter.com/7og3pOshWZ
Et quand l’information ne circule plus, les journalistes se retrouvent à combler les trous comme ils peuvent.
Avec des interprétations.
Avec des "guess".
Avec des “on m’a dit que…”
Et parfois, ça donne ce genre de sortie.
Martin McGuire n’est pas devenu incompétent du jour au lendemain. C’est un gars respecté, expérimenté, qui connaît son métier. Mais là, il s’est fait prendre dans un environnement où l’accès est limité, où les réponses sont floues, et où la pression de livrer de l’information en continu est énorme.
Et pendant ce temps-là, la tension monte.
On l’a vu récemment avec des journalistes qui interpellent directement la Fédération professionnelle des journalistes du Québec pour dénoncer l’attitude de Martin St-Louis envers les médias. Des réponses sèches. Un ton impatient. Une relation qui s’effondre.
Les propos méprisants de Martin St-Mouis à l’égard des journalistes montréalais méritent une attention particulière de la @FPJQ. Jamais il ne serait accepté qu’un élu réponde de la sorte aux médias. L’entraîneur du @CanadiensMTL n’est pas au-dessus de tous. Et ça reste du hockey!
— Roby St-Gelais (@roby_stgelais) March 28, 2026
Est-ce que ça justifie tout? Non.
Faire intervenir la FPJQ pour une dynamique avec un coach de hockey, ça reste excessif. On ne parle pas d’un enjeu de société. On parle d’un entraîneur sous pression qui protège son groupe.
Il fallait bien Jeff Fillion pour rejeter les médias:
🏒 THUMBS UP À MARTIN ST-LOUIS!!🤓👍 🥅
— RadioPirate (@RadioPirate) March 28, 2026
Il n'y a aucune différence entre un journaliste sportif, politique ou autres; Quand t'es journaliste, il y a un pré requis, il faut que tu sois absolument nono! -@Jefffillion pic.twitter.com/bniYXkaIZj
Mais ça montre à quel point le climat est rendu tendu.
Et dans ce climat-là, des erreurs comme celle de McGuire arrivent.
Parce que l’information ne circule plus normalement. Parce que les journalistes doivent deviner au lieu de confirmer. Parce que le lien entre le vestiaire et les médias est en train de se fragiliser.
Résultat?
Un animateur qui parle d’un virus…
Alors que le joueur est blessé pour des semaines.
C’est dur pour lui.
C’est gênant pour la station.
Et ça donne du matériel à tous ceux qui veulent ridiculiser les médias.
Mais au fond, c’est surtout révélateur.
Révélateur d’un système où plus personne n’a vraiment le contrôle de l’information.
Révélateur d’un coach qui se ferme.
Révélateur d’un malaise qui grandit.
Et quand même les voix les plus proches de l’équipe se trompent à ce point-là…
C’est qu’il y a quelque chose, clairement, qui ne tourne plus rond à Montréal.
Hier, sur les ondes de Cogeco, Martin McGuire avançait, avec ses sources, qu’un rappel en défensive était lié à ce qu’il appelait carrément la “maladie d’Anderson”. Une façon de dire qu’un joueur évitait les contacts, qu’il n’était pas dans le combat.
Quelques heures plus tard, la vérité tombe.
Alexandre Carrier est blessé. Deux à quatre semaines. Haut du corps.
Et là, tout le monde se regarde.
Parce que ce n’est pas juste une petite erreur. C’est complètement à côté de la réalité.
Et ça soulève une question inconfortable : comment ça se fait que des journalistes aussi proches de l’équipe peuvent être aussi mal informés?
La réponse est peut-être plus simple qu’on pense.
On ne leur dit plus rien.
Depuis plusieurs semaines, Martin St-Louis ferme les portes. Il protège son vestiaire. Il joue au cachottier. Il coupe l’accès à l’information. Et quand tu n’as plus d’informations claires, tu remplis les vides comme tu peux.
Avec des hypothèses.
Avec des impressions.
Avec des “sources” qui ne sont plus aussi solides.
Et parfois… tu te plantes.
Et là, c’est facile de tomber sur Martin McGuire. De le ridiculiser. De dire qu’il n’est plus connecté.
Mais la réalité est plus nuancée.
C’est aussi le reflet d’un climat tendu entre les médias et l’organisation.
Un climat qui s’est envenimé récemment, au point où certains journalistes ont carrément interpellé la Fédération professionnelle des journalistes du Québec pour dénoncer l’attitude de Martin St-Louis envers eux.
On parle d’un entraîneur qui répond sec. Qui coupe court. Qui donne l’impression que certaines questions l’irritent profondément.
Et ça, ça ne passe pas inaperçu.
Mais en même temps, il faut aussi garder un peu de perspective.
Voir la FPJQ être appelée dans un dossier comme celui-là… c’est peut-être un peu excessif. On parle de hockey. On parle d’un coach sous pression, en pleine course aux séries, qui protège ses informations.
Ce n’est pas un enjeu démocratique.
Mais ça montre une chose : la tension est réelle.
Et elle commence à déborder.
Parce que les journalistes, au final, restent des humains. Et quand tu les bouscules publiquement, quand tu les replies sèchement, quand tu les mets en porte-à-faux… ça laisse des traces.
Et oui, tôt ou tard, ça peut revenir.
Surtout si les résultats ne suivent plus.
Dans ce contexte-là, Martin McGuire devient presque une victime collatérale. Un gars qui tente de faire son travail dans un environnement où l’information circule mal, où les portes sont fermées, où les réponses sont rares.
Et qui, cette fois-là, s’est complètement trompé.
Mais ce n’est pas juste son erreur.
C’est le symptôme d’un système qui se dérègle.
Entre un coach qui se ferme, des journalistes frustrés, et une organisation qui contrôle de plus en plus son message, il y a quelque chose qui craque.
Et pendant ce temps-là, les partisans, eux, se retrouvent au milieu de tout ça.
À essayer de démêler le vrai du faux.
Dans un climat où, visiblement, même ceux qui sont le plus près de l’équipe n’ont plus toutes les réponses.
