On dit souvent que les meilleures transactions sont celles que tu ne fais pas.
Mais Kent Hughes ne pourra jamais se consoler avec cette phrase pour Egor Chinakhov.
L’échange qui a envoyé le Russe des Blue Jackets de Columbus aux Penguins de Pittsburgh est en train de devenir le regret de l'année à Montréal.
Parce que pendant que le DG du CH tente de stabiliser son attaque avec des solutions de sécurité, Chinakhov, lui, est en feu à Pittsburgh.
Depuis qu’il a rejoint les Penguins, il a récolté des points dans 9 de ses 11 derniers matchs.
Egor Chinakhov has points in nine of his last 11 games (7G-3A).
— Pittsburgh Penguins (@penguins) March 1, 2026
Since he made his Penguins debut on January 1, no one has more goals than him ‼️ pic.twitter.com/vPGSmyHtlV
Au total, on parle de 14 points en 21 matchs depuis le 1er janvier.
Et là, la comparaison devient inconfortable... pour ne pas dire inaceptable...
Chinakhov, 25 ans.
6 pieds 1.
203 livres.
Ancien 21e choix au total en 2020.
Ailier droit gaucher naturel.
Tir lourd.
Top-6 potentiel.
Pittsburgh l’a obtenu contre un choix de 2e ronde 2026, un choix de 3e ronde 2027 et Danton Heinen (placé au ballottage peu avant).
Ce n’est pas un cadeau. Mais ce n’est pas une folie non plus.
Maintenant, regardons Montréal.
Le CH a utilisé un choix de 2e ronde très élevé (acquis de Columbus dans la transaction Patrik Laine)… pour aller chercher Phillip Danault, 32 ans, sous contrat à 5,5 M$ pour une autre saison.
Et pendant ce temps, Chinakhov, exactement le profil qui manque au premier trio du Canadien, explose à Pittsburgh.
Le Canadien cherche depuis des mois un ailier gaucher, capable de jouer avec Nick Suzuki et Cole Caufield, capable de hausser le volume de tirs, tout en étant capable de jouer de façon robuste quand il le faut.
Chinakhov coche toutes ces cases.
Danault, lui, est un centre défensif stabilisateur... qui est fini à la corde.
La question devient inévitable :
Est-ce que Montréal a ciblé le mauvais besoin?
Chinakhov est agent libre avec compensation cet été, lui qui empoche seulement 2,1 M$ cette saison.
Il est dans la fenêtre d’âge du noyau.
Il peut progresser.
Danault, lui, est dans la phase inverse de carrière.
Ce n’est pas une attaque personnelle contre Danault. C’est une question de fenêtre compétitive.
Le Canadien est bâti autour de Suzuki, Caufield, Hutson, Slafkovský, Demidov, Dobson.
Des joueurs de 20 à 26 ans.
Chinakhov s’inscrivait parfaitement là-dedans.
Et pendant que Pittsburgh est allé le chercher… en transigeant avec un rival de division… Montréal a regardé ailleurs.
Ce qui dérange, ce n’est pas d’avoir choisi Danault.
C’est d’avoir choisi Danault dans ce contexte précis, alors que le besoin numéro un était un ailier offensif capable d’augmenter le plafond du premier trio.
On a privilégié la stabilité.
On a privilégié la familiarité.
On a privilégié le plancher.
Pendant que Pittsburgh a choisi le plafond.
Et quand tu vois Chinakhov récolter des points dans 9 de ses 11 derniers matchs, pendant que le trio Danault se fait dominer, ça nous brise le coeur.
Le trio Danault-Anderson-Gallagher se fait carrément marcher dessus à cinq contre cinq. En 95 minutes ensemble, ils n’ont généré que 3,16 buts attendus contre 6,99 pour l’adversaire.
Quand ils sont sur la glace, près de 70 % des chances dangereuses appartiennent à l’autre équipe. Même en commençant plus souvent en zone offensive, ils se font dominer au chapitre des occasions de qualité (18 pour, 26 contre).
Contre Washington samedis ori, c’était encore plus brutal : 10:45 ensemble, zéro tir cadré pour le Canadien, huit contre.
Voilà la réalité. D’un côté, Pittsburgh mise sur un ailier de 25 ans qui produit et élève le plafond offensif. De l’autre, Montréal s’accroche à un trio vétéran qui passe plus de temps à subir qu’à attaquer.
La lecture de marché devient difficile à défendre.
Misère.
