La rumeur a commencé à circuler dans les coulisses du hockey canadien à peine quelques heures après la défaite olympique : et si le prochain entraîneur d’Équipe Canada n’était nul autre que Martin St-Louis?
Ce qui semblait impensable il y a quelques années devient soudainement crédible. La prochaine Coupe du monde de hockey organisée par la LNH est prévue en 2028, et le mandat du prochain entraîneur couvrirait logiquement l’édition 2028 ainsi que le cycle menant aux Jeux olympiques de 2030 dans la Alpes françaises.
Et dans l’ombre de l’échec récent, le nom de St-Louis revient avec insistance.
Parce que oui, il faut le dire franchement : Jon Cooper a manqué son coup. Envoyer Brad Marchand sur un cinq contre trois dans un moment aussi crucial? Gestion horrible et inacceptable.
Utilisation étrange de certains trios. Lecture imparfaite de la dynamique en prolongation. Le Canada avait l’alignement le plus talentueux du tournoi, mais il n’a pas su imposer sa loi quand ça comptait le plus.
Et derrière Cooper, il y a le directeur général Doug Armstrong.
Ses choix font aujourd’hui l’objet d’un examen sévère. Sam Bennett plutôt que Connor Bedard?
Canada wins Gold if Connor Bedard is on the team. You know it. I know it. Everybody knows it. pic.twitter.com/pZt5CTcZ4g
— Tom Fornelli (@TomFornelli) February 22, 2026
Wyatt Johnston ignoré pour remplacer Anthony Cirelli? Une brigade défensive composée de Drew Doughty, Travis Sanheim et Colton Parayko, des profils robustes, certes, mais loin d’être les plus mobiles ou créatifs disponibles, alors que des options comme Matthew Schaefer, Evan Bouchard ou d’autres défenseurs plus dynamiques existaient?
Dans un tournoi court, chaque décision compte. Et plusieurs observateurs estiment que la construction de l’équipe n’a pas optimisé la vitesse et la fluidité nécessaires sur grande glace.
C’est dans ce contexte que le nom de Martin St-Louis gagne du terrain.
Lorsqu’on l’a questionné sur cette possibilité, sa réponse a été mesurée, humble, profondément personnelle. Il a admis que ce serait « flatteur ».
Il a rappelé qu’il a vécu l’honneur de représenter son pays. Mais il a immédiatement ramené la discussion à sa réalité actuelle : sa famille, ses enfants, la constance d’être présent matin et soir.
Il a dit, en substance, que c’est une réflexion qui dépasse le hockey. Être sélectionné pour diriger le Canada est un immense honneur, mais il est à un moment de sa vie où la présence auprès de ses enfants compte énormément.
Il a parlé de l’importance d’être là, physiquement, émotionnellement. Il a parlé du fait que ses enfants grandissent.
Ce n’est pas un refus. Ce n’est pas une acceptation. C’est une réponse d’homme équilibré.
Et c’est peut-être précisément pour ça que son nom circule.
Dans son entrevue, St-Louis a expliqué ce que représente le défi de diriger une équipe composée exclusivement de vedettes : convaincre chacun de son rôle. Rassembler rapidement. Communiquer avec clarté. Il a rappelé que lorsqu’on est sélectionné dans un groupe élite, on n’y va pas pour jouer exactement le même rôle qu’en club. On y va pour servir l’équipe.
Cette philosophie colle parfaitement au défi qu’Équipe Canada affrontera en 2028.
St-Louis a aussi parlé de culture. Il a insisté sur les standards qui ne sont pas dictés par les statistiques, mais par la manière dont un groupe se présente chaque jour. Il a expliqué qu’on ne « coache » pas émotionnellement, qu’on reste près de la vérité, qu’on corrige sans paniquer.
C’est exactement l’inverse de ce que plusieurs reprochent à la gestion récente : trop d’émotion, pas assez de structure claire dans les moments critiques.
Et puis il y a la dimension symbolique.
St-Louis n’a jamais été supposé être là. Non repêché. Sous-estimé. Il a bâti sa carrière sur la conviction, la rigueur et la responsabilité individuelle. Ce profil inspire naturellement dans un vestiaire rempli d’ego.
Parallèlement, une autre rumeur circule : celle d’un éventuel rôle accru pour Kent Hughes au sein de la direction canadienne. Certains évoquent même une implication stratégique de Jeff Gorton dans les opérations hockey.
Et c’est précisément là que la philosophie de Kent Hughes tranche radicalement avec celle de Doug Armstrong. Hughes ne bâtit pas des équipes avec des réflexes d’une autre époque : il se fie aux statistiques avancées, à la vitesse d’exécution, au talent brut et à l’impact réel sur la glace, pas à l’âge du joueur ni à son pédigrée de vestiaire.
Dans cette optique, il n’y a à peu près aucun doute qu’il aurait sélectionné Connor Bedard sans hésiter, et qu’il aurait aussi misé sur un défenseur moderne comme Matthew Schaefer, plutôt que de remplir l’alignement de profils lourds incapables de suivre le rythme sur grande glace.
Hughes n’est pas un dinosaure nostalgique de la robustesse pour la robustesse : il comprend que le hockey international se gagne avec la possession, la créativité et la mobilité.
Dans un tournoi aussi court, où chaque présence compte, cette approche aurait probablement fait la différence, et oui, avec cette mentalité-là, le Canada aurait très bien pu repartir de Milan avec la médaille d’or.
Pour l’instant, rien n’est confirmé. Mais le simple fait que ces noms soient évoqués démontre une chose : il y a un désir de renouveau.
Le cycle 2028-2030 sera déterminant. Le hockey international évolue. La vitesse domine. Les formats courts punissent la moindre erreur. La gestion des personnalités est plus délicate que jamais.
Martin St-Louis comprend ces dynamiques. Il a parlé de l’importance de rassembler rapidement un groupe. De convaincre chaque joueur du rôle qu’il doit accepter. De créer une identité collective en peu de temps.
Il sait aussi ce que représente l’expérience olympique. Il a admis avoir été en admiration lors de sa première participation, entouré de géants. Puis il a grandi. Il a trouvé sa place. Cette compréhension du parcours émotionnel d’un joueur dans un environnement élite est précieuse.
La vraie question n’est pas seulement : est-il intéressé?
La vraie question est : le Canada est-il prêt à confier son équipe à un entraîneur qui mise sur la culture, la responsabilité et la communication plutôt que sur la simple accumulation de talent?
Parce que le talent, le Canada l’a toujours.
Ce qui a manqué récemment, c’est peut-être la cohésion ultime dans les moments décisifs.
2028 semble loin. Mais les décisions se prennent maintenant.
Et si le prochain chapitre du hockey canadien s’écrivait avec un entraîneur qui parle d’abord de famille, de standards et de culture avant de parler de systèmes?
Ce serait peut-être exactement le virage dont Équipe Canada a besoin.
