Un scénario impensable est évoqué par la Gazette: le hockey en français menacé au moment où le Canadien renaît
Ce que révèle le texte de Brendan Kelly est tout simplement renversant. Alors que les Canadiens de Montréal connaissent leur meilleure séquence depuis des années, alors que l’espoir est enfin de retour depuis la conquête de 1993, une crise silencieuse mais majeure se joue en coulisses : l’avenir du hockey en français est en train de basculer… et personne ne semble capable de contrôler la situation.
Possible que certains matchs des #Habs ne soient pas diffusés en français la saison prochaine. Où que les fans franco devront payer plus que les anglos car ils devront souscrire à 3 services : RDS, TVA Sports et au moins 1 plateforme de streaming. https://t.co/53KkgARelw
— Brendan Kelly (@brendanshowbiz) April 6, 2026
La première bombe est brutale : 39 matchs du Canadien n’ont toujours pas de diffuseur francophone pour la saison prochaine. Trente-neuf. Dans un marché comme le Québec, où le hockey est une religion, où le CH est une institution culturelle, c’est du jamais vu.
Et ce chiffre devient encore plus inquiétant lorsqu’on comprend le contexte : la saison passera de 82 à 84 matchs, et RDS ne diffusera plus que 45 rencontres, comparativement à 60 depuis plus d’une décennie. Une chute drastique. Une coupure nette. Une décision qui n’est pas anodine.
Officiellement, Bell ne le dira jamais. Mais la réalité est simple et crue : les matchs du Canadien coûtent trop cher. Brendan Kelly le dit sans détour :
« Les matchs du Canadien sont le pain et le beurre de RDS. Au bon prix, ils aimeraient tous les avoir. Mais au prix actuel, ça n’a tout simplement pas de sens pour les diffuseurs francophones ici au Québec. »
Même le produit le plus rentable de RDS est devenu… trop dispendieux pour être rentable. C’est dire à quel point le modèle est brisé.
Et pendant que RDS recule, le reste du casse-tête devient encore plus inquiétant. Rogers a signé une entente de 11 milliards de dollars avec la LNH sur 12 ans. Une explosion par rapport à l’ancien contrat de 5,2 milliards.
Une inflation complètement déconnectée de la réalité du marché québécois. Même Brendan Kelly le souligne :
« Je ne vois pas comment même Rogers peut faire de l’argent avec cette entente. »
Si Rogers lui-même ne peut pas rentabiliser un tel montant… comment TVA Sports ou RDS pourraient-ils suivre ?
On comprend alors pourquoi Québecor hésite. Pierre-Karl Péladeau a lui-même admis avoir payé « un peu trop cher »dans la dernière entente.
Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : TVA Sports a perdu entre 200 et 300 millions de dollars depuis 2014 à cause du contrat de la LNH. Une hémorragie financière. Et malgré cela, la LNH et Rogers demandent encore plus.
Les négociations sont dans l’impasse totale. Et pendant ce temps, les matchs… n’ont toujours pas de diffuseur.
C’est là que le scénario catastrophe prend forme. Brendan Kelly l’évoque clairement : si Pierre-Karl Péladeau et Québecor ne paient pas, les droits pourraient être fragmentés. Une partie à TVA Sports. Une autre à une plateforme numérique comme Amazon. Peut-être même Crave, propriété de Bell.
Et là, on touche au cœur du problème.
Parce que dans ce scénario, les partisans québécois devront s’abonner à deux, voire trois plateformes différentes pour suivre le Canadien en français. RDS pour certains matchs. TVA pour d’autres. Une plateforme numérique pour le reste.
Un véritable casse-tête. Une facture qui explose. Et surtout… une rupture complète avec l’accessibilité traditionnelle du hockey en français.
C’est ici que l’inquiétude devient culturelle, presque identitaire.
Même Brendan Kelly, pourtant anglophone, le dit clairement :
« Même nous, les anglophones, on préfère RDS… parce qu’on aime nos gars de Montréal, Pierre Houde et Marc Denis. »
Ce n’est pas juste une question de langue. C’est une question de connexion, de proximité, de culture. RDS, c’est plus qu’un diffuseur. C’est une façon de vivre le hockey.
Et aujourd’hui, cette expérience est menacée.
Le plus ironique dans tout ça ? Cette crise arrive au pire moment possible. Le Canadien est en pleine ascension. Une jeune équipe excitante. Une formation qui pourrait redevenir une puissance. Brendan Kelly le souligne :
« Ils seront dans la conversation pour la Coupe Stanley dans un avenir très rapproché. »
Et c’est précisément là que tout pourrait s’écrouler.
Parce que si les matchs deviennent dispersés, fragmentés, coûteux… les partisans francophones pourraient être exclus de leur propre sport.
La LNH promet que tous les matchs seront disponibles en français. Mais Brendan Kelly pose la vraie question :
« En pratique, qu'est-ce que ça veut dire ? »
Exactement.
Disponible où ? À quel prix ? Dans quelles conditions ?
Personne n’a la réponse.
Et pendant que les dirigeants négocient des milliards, que les plateformes se positionnent, que Bell recule et que Québecor hésite… les partisans, eux, risquent de payer le prix fort.
Le hockey en français n’est pas mort. Mais pour la première fois depuis des décennies… il est sérieusement en danger.
