Le timing est parfait pour se poser la question… et la réponse n’est pas aussi simple que certains le pensent.
Les Canadiens de Montréal sont en feu, les séries sont assurées, mais le corps commence à parler. Et ça, ça ne ment jamais à ce moment de l’année.
À l’entraînement au New Jersey, le message était clair sans être dramatique : Phillip Danault et Kaiden Guhle n’ont pas sauté sur la glace. Journée de traitements. Ce n’est jamais un simple détailt, surtout pour deux joueurs aussi importants dans la structure de l’équipe.
L'attaquant Phillip Danault et le défenseur Kaiden Guhle ne participeront pas à l'entraînement d'aujourd'hui (journée de traitements).
— Canadiens Montréal (@CanadiensMTL) April 3, 2026
Forward Phillip Danault and defenseman Kaiden Guhle will not participate in today's practice (therapy day).
Danault, on l’a vu en fin de match récemment, ce n’était pas fluide. Il tirait de la patte, chaque présence demandait un effort de plus. Ce genre de séquence-là, en avril, ce n’est pas de la fatigue normale. C’est du corps qui commence à accumuler.
Guhle, c’est encore plus révélateur. Défenseur clé, physique, utilisé dans toutes les situations… et surtout, un joueur qui traîne souvent quelque chose. Rien d’alarmant isolément. Mais mis ensemble avec le reste? Ça commence à faire beaucoup.
Parce que la vérité, c’est que tout le monde est amoché en ce moment.
Et c’est là que le dilemme de Martin St-Louis devient réel.
D’un côté, il y a sa philosophie : continuer, ne pas casser le rythme, pousser le groupe à jouer du hockey de séries avant même que les séries commencent. Monter au classement, garder l’identité, rester dans le “processus”.
De l’autre, il y a la réalité physique.
Pas de profondeur évidente à l’attaque en ce moment sur la route. Patrik Laine n’est pas une option. Indésirable pour la vie. Kirby Dach et Alexandre Texier patinent, oui, mais ne sont pas encore revenus au jeu. Donc si tu reposes des gars, tu dois improviser.
Alexandre Carrier, Alexandre Texier et Kirby Dach sont sur la glace en équipement complet ce matin à Brossard.@DLCoulisses #GoHabsGo #Dach #Carrier #Texier pic.twitter.com/TVc0j0lup2
— Patrick Guillet (@PatGuillet) April 2, 2026
Arber Xhekaj comme attaquant? Possible. Déjà vu. Mais ce n’est pas une solution durable.
Adam Engström en défense? Peut-être. Mais tu joues avec le feu si tu enlèves des minutes à des gars comme Guhle dans un contexte où tu veux garder ta structure.
Donc la vraie question, ce n’est pas “est-ce qu’on repose les gars?”
C’est : jusqu’où tu es prêt à prendre des risques?
Parce que finir premier ou deuxième ou troisième de la division, ça a une valeur. L’avantage de la glace, le momentum, les matchups. St-Louis y croit. Et son groupe aussi.
Mais arriver en séries avec un Danault diminué, un Guhle à 70 %, un alignement qui traîne des bobos partout… ça peut te coûter beaucoup plus cher qu’une position au classement.
Et c’est là que la gestion fine entre en jeu.
Tu ne peux pas tout arrêter.
Mais tu ne peux pas non plus faire comme si de rien n’était.
Les “journées de traitements”, ce sont des signaux. Des petits drapeaux. Et quand ils commencent à s’accumuler, les bonnes équipes écoutent.
Martin St-Louis veut continuer à pousser.
Mais s’il pousse trop loin… il pourrait arriver en séries avec une équipe déjà entamée.
Et ça, dans la LNH, ça ne pardonne jamais.
