Blake Coleman peut déjà se chercher un appartement à Montréal

Blake Coleman peut déjà se chercher un appartement à Montréal

Par André Soueidan le 2026-02-10
canadiens

La rumeur Kadri fait beaucoup de bruit. Trop, peut-être.

Parce que pendant que tout le monde débat du centre vedette, du gros nom, du contrat lourd et des montages complexes, une cible beaucoup plus logique, beaucoup plus cohérente, avance tranquillement dans l’ombre.

Blake Coleman.

Et plus on regarde les faits froidement, plus le dossier Kadri ressemble à un mirage médiatique, pendant que celui de Coleman coche, un à un, les vrais besoins du Canadien de Montréal.

D’un côté, Nazem Kadri. 35 ans. 7 millions par saison jusqu’en 2029.

Trois saisons complètes encore à absorber sur la masse salariale.

Une production en chute libre à Calgary, un différentiel inquiétant, et une valeur marchande qui baisse précisément parce que son contrat effraie tout le monde.

De l’autre, Blake Coleman. 34 ans, mais à 4,9 millions.

Un seul an restant après cette saison.

Un profil clair. Un rôle précis. Une utilité immédiate sans hypothéquer la fenêtre.

La comparaison commence déjà là.

Kadri, c’est le joueur de printemps. Le centre papier sablé.

Le gars capable de jouer dur, de déranger, de provoquer.

Personne ne nie ça.

Mais ce profil-là vient avec un prix.

Pas seulement en actifs, mais en flexibilité.

Pour faire entrer Kadri à Montréal, tout le monde le sait, ça prend de la rétention salariale.

Et pour obtenir cette rétention, Calgary va vouloir de la jeunesse, du potentiel, des morceaux qui comptent vraiment.

On parle de Kirby Dach. On parle d’un défenseur gaucher.

On parle possiblement d’un choix de première ronde.

Tout ça pour un joueur qui sera encore sous contrat lorsque le Canadien atteindra enfin sa vraie fenêtre de compétition… mais qui risque d’être en déclin à ce moment-là.

Blake Coleman, c’est l’inverse.

Pas un sauveur. Pas un joueur autour duquel on bâtit.

Un complément. Un accélérateur.

Un joueur qui sait exactement ce qu’il est et ce qu’il n’est pas.

Coleman ne vient pas voler une chaise dans le top-6 à long terme.

Il vient solidifier un top-9, jouer des minutes difficiles, contribuer en séries, et surtout, ne pas bloquer personne quand viendra le temps de payer les jeunes.

Sur la glace, la différence est nette.

Coleman produit encore à un rythme honnête malgré une saison écourtée par des blessures.

Treize buts en 44 matchs. Jeu physique constant. Intensité fiable. Expérience de séries.

Deux Coupes Stanley.

Kadri, lui, affiche 39 points en 56 matchs, avec un différentiel de -24. Ce n’est pas juste une question de statistiques, c’est une question de trajectoire.

Et sur la masse salariale, l’écart devient carrément brutal.

Coleman à 4,9 millions, avec un an restant, s’intègre parfaitement au plan de Kent Hughes.

Kadri à 7 millions jusqu’en 2029 force Montréal à faire des choix maintenant pour un problème qui existera encore plus tard.

Dans un contexte où le Canadien doit déjà penser aux prolongations futures d’Ivan Demidov, à la gestion des contrats de Lane Hutson, à la fin imminente de certains deals lourds comme ceux de Gallagher, Anderson ou Danault, chaque dollar compte.

Ajoute à ça le contexte de Calgary.

Les Flames sont vendeurs. Pas désespérés, mais réalistes.

Ils savent que Kadri est difficile à bouger.

Ils savent aussi que Coleman, avec son contrat plus court, son salaire digeste et son profil recherché par les équipes aspirantes, peut rapporter un bon retour sans déclencher une négociation interminable.

Moins de rétention. Moins de conditions. Moins de lignes rouges.

Et c’est là que le Canadien devient dangereux.

Parce que Montréal n’a pas besoin de gagner le trade Kadri.

Il a besoin de faire le bon trade. Et le bon trade, ce n’est pas toujours celui qui fait les gros titres.

C’est celui qui respecte le timing, la structure, la hiérarchie interne et la réalité salariale.

Coleman n’empêche rien. Kadri complique tout.

Un an plus vieux. Deux millions de plus par saison.

Trois années de plus sur la masse.

Le calcul est simple.

Même âge. Même intensité. Même mentalité de séries.

Mais pas le même impact à long terme sur une reconstruction qui arrive à maturité.

La beauté du dossier Coleman, c’est justement qu’il ne force rien. Pas besoin de sacrifier Kirby Dach pour sauver la face.

Pas besoin d’ouvrir la porte à un espoir qu’on regrettera dans deux ans.

Pas besoin de s’enchaîner à un contrat qui va encore peser lourd quand le Canadien atteindra enfin sa vraie fenêtre de compétition. Coleman arrive, fait son travail, joue dur, encaisse, contribue, puis s’efface quand vient le temps de passer le flambeau.

Kadri, lui, oblige à choisir maintenant.

Choisir entre la patience et l’accélération.

Choisir entre la flexibilité et le pari.

Choisir entre protéger le futur ou acheter du passé à prix plein.

Et dans un marché comme Montréal, ces choix-là ne passent jamais inaperçus.

C’est là que tout devient limpide.

Le Canadien n’a pas besoin d’un symbole. Il a besoin d’un joueur utile.

D’un vétéran qui comprend son rôle, qui ne demande pas les clés du vestiaire, qui n’impose pas son contrat comme une contrainte permanente.

Dans l’équation actuelle, Coleman s’intègre. Kadri impose.

Alors quand on met tout ça ensemble ... l’âge, le salaire, le terme, le coût d’acquisition, le timing, la fenêtre, les jeunes à venir, la masse salariale à libérer ... le bruit autour de Kadri commence à ressembler à une diversion.

Le vrai dossier, lui, avance en silence.

Et rendu là, ce n’est plus une rumeur. Ce n’est plus un fantasme. C’est une lecture logique.

Blake Coleman n’est peut-être pas la vedette que certains espèrent… mais c’est exactement le genre de joueur qu’un DG choisit quand il sait où il s’en va.

Alors oui, sans communiqué, sans alerte transaction, sans fanfare, Coleman peut déjà commencer à regarder les loyers à Montréal.

Pas parce que tout est réglé. Mais parce que, dans cette histoire-là, c’est lui qui fait le plus de sens.

À suivre...